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3 janvier 2005 1 03 /01 /janvier /2005 14:24

Foret-mag.jpgOutre son goût délicat qui parfume de nombreuses préparations, le fruit du rosier sauvage est une formidable source de vitamine C pour l'hiver.

Difficile de retenir ce nom bizarre qui vient du grec kunorodon. Il signifie « rose de chien » car il était sensé combattre la rage et ses épines font penser à des crocs. Pourtant vous avez certainement croisé ces jolis boutons fuselés d'un rouge vif qui se font pourpres et tendres après les premières gelées d'hiver.
Avec la prunelle, le cynorrhodon est l'un des seuls fruits sauvages disponibles pour vos cueillettes hivernales. Ornant les massifs épineux, il est assez facile à identifier et à ramasser, l'extrémité des rameaux étant dépourvu d'épines.
De nombreuses variétés de rosiers sauvages donnent des cynorrhodons. Mais celui de la rose canine (rosa canina) ou églantier est le plus utilisé en cuisine et en médecine. L'intérieur abrite de petits grains durs (akènes) hérissés de poils : c'est le fameux « poil-à-gratter » d'antan. Seule l'enveloppe rouge se consomme.
Le parfum doux et acidulé du cynorrhodon en fait le délice des vrais amateurs de confitures et de liqueurs originales. Fruit répandu dans l'hémisphère Nord, on le consomme aussi en gelée (Slovaquie, Norvège), en soupe (Suède où c'est un grand classique), en pudding (Alaska), en pickles et chutney (Grande Bretagne, USA). Essayez sa pulpe en accompagnement d'un gibier façon sauce aux airelles, en garniture d'une crêpe ou mêlée à une compote de pommes. Crue, elle fait merveille en simple coulis sur du fromage blanc ou en sorbet.
Les boutons étant petits et parfois durs, cette baie demande pas mal de patience avant d'être appréciée. Mais vos efforts seront récompensés : le cynorrhodon est une véritable « bombe » de vitamine C : 20 fois plus que les agrumes !


cynorrhodon.jpgFortifiant et anti-grippe naturel
Les vertus de la baie d'églantier sont connues depuis des millénaires. La médecine l'a rapidement adopté, sous forme de décoction, de sirop ou de poudre (pulpe séchée) pour lutter contre les infections, la dysentrie et le scorbut. Car ce fruit, riche en pectine (10%), est précieux pour la santé : il regorge de provitamine A, de vitamines B5, P, K, E et surtout C. Selon les variétés de rosiers, sa teneur en vitamine C peut atteindre 500 à 1000 mg pour 100 g, soit 20 fois plus qu'une orange ! Ce qui en fait un formidable anti-grippe naturel qui stimule les défenses de l'organisme. Les Indiens d'Amérique le considéraient d'ailleurs comme un aliment de survie en hiver et certains esquimaux le mélangeaient à leur ration quotidienne. Pour l'anecdote, sa pulpe au goût sucré était employée comme enrobage autour des pilules de quinine, pour faire passer leur amertume. Le cynorrhodon contient aussi du calcium, du potassium, du phosphore et du magnésium, des flavonoïdes (rutine), de l'huile essentielle et des tanins. Parmi ses autres propriétés médicinales reconnues, il est cicatrisant, anti-diarrhéique et favorise la digestion. Pour préserver sa teneur exceptionnelle en vitamines, on consommera de préférence sa pulpe crue. Mais que les gourmands se rassurent : en confiture, il en reste beaucoup. Certains le préféreront en tisane ou en décoction, car ce fruit se garde bien sec. Deux à cinq grammes par tasse suffisent. Filtrez bien car les grains durs (akènes) et les poils à l'intérieur du fruit sont réputés assez diurétiques. A noter, le cynorrhodon mélangé à part égale avec de l'aubépine et de la prêle dans un peu d'eau bouillante fait un excellent produit cosmétique pour chasser les points noirs.
Pierre Lorimy
Forêt Magazine
Décembre 2004

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Published by Pierre Lorimy dans FORET MAG janvier 2005 - dans Environnement
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