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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 11:17

D'après Michèle Havelka, ex-directrice générale adjointe d'Unilog et fondatrice de l'Association nationale des informaticiens de France (Anif), il est urgent de prendre en compte la longévité dans la gestion d'une carrière informatique. Car le basculement de l'autre côté de la barrière, où vous êtes déclarés trop vieux ou trop cher, se fait extrêmement tôt ! 


La quatorzième édition du salon Plein emploi high-tech s'est tenu mardi 9 octobre à Paris La Défense. Manifestation bi-annuelle, ce classique salon de recrutement organisé par Delling Expo accueillait une cinquantaine d'exposants, SSII mais aussi grandes entreprises.

Les allées ont été parcourues par des candidats en quête de poste, dont deux-tiers de personnes expérimentés. Car aujourd'hui, tout le problème est bien là : il faut pouvoir tenir la distance dans les métiers de l'informatique.

Trop vieux ou trop cher

Alors que les jeunes diplômés des filières high-tech décrochent leur premier emploi en moins d'un mois pour 50 % d'entre eux, la suite de leur carrière n'est pas aussi florissante. « Dans le domaine de l'informatique, les difficultés commencent dès 37 ans, voire 35 ans dans les SSII. Je veux alerter les informaticiens, les prévenir que ce n'est pas parce qu'ils sont embauchés aujourd'hui qu'ils le seront demain », a expliqué Michèle Havelka face à une salle remplie surtout de personnes expérimentées.

75 000 informaticiens au chômage

L'Anif a été créée en janvier 2006 justement autour de la thématique de la prise en main par les informaticiens de leurs carrières. Mais aussi pour démystifier les chiffres qui circulent sur le marché de l'emploi et en produire qui soient plus en phase avec la réalité. « Selon l'Apec, il y aurait 26 000 informaticiens au chômage, sur les 700 000 recensés en France, a expliqué l'oratrice. Nous estimons pour notre part, qu'ils sont 75 000 à n'avoir pas de travail.  » L'âge est un critère réellement discriminant, car la population de la profession a en moyenne 36 ans.

« Si vous êtes débutant, vous êtes le bienvenu partout. La demande actuelle porte en premier lieu sur les jeunes et ensuite sur les compétences et expertises non produites par les écoles. Par ailleurs, on constate un fossé entre les offres d'emploi, qui à 45,3 % sont destinées à des spécialistes et le positionnement des candidats : 19,8 % d'entre eux seulement se définissent comme tels » , précise Michèle Havelka.

Les effets de l'outsourcing

Dernier grand sujet sur lequel la présidente de l'Anif est intervenue : les délocalisations, afin d'en expliquer les effets réels en terme de recrutement. « Dans les PME, comme dans les grandes DSI, l'effectif reste constant. En fait, les nouveaux besoins sont externalisés. Soit dans des filiales créées par les grandes DSI à l'étranger, soit par l'intermédiaire des SSII qui elles aussi développent leurs propres filiales offshore. Que CapGemini indique qu'en janvier 2008 son effectif en Inde sera plus important que son effectif français, n'est pas une donnée anodine  », note-t-elle en rappelant que le coût par jour d'un informaticien en poste en France est de 450 € (350 € pour une mission d'appoint), contre 270 € au Maroc et 150 € en Inde.

Il n'en reste pas moins que certaines compétences caracolent toujours en tête des recherches des recruteurs : comme les architectes techniques, fonctionnels ou SOA ; les consultants ERP ou encore les développeurs NTIC. Mais soyez prévenus : il est grand temps de penser que l'informatique n'est qu'une première carrière et qu'il vous faut avoir un plan B à partir de 35 ans.

Laure Deschamps, paru dans 01net le 10 octobre 2007

Consultez cet article sur 01net.



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Published by Laure - La Rédac Nomade - dans Vie numérique
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