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1 octobre 2005 6 01 /10 /octobre /2005 10:35

 

Pourquoi est-il si difficile de partager sa peine avec les autres ? Qui peut m'aider à franchir ce cap ? Marie-Catherine Chicque, psychologue et Michel Hanus psychanaliste, répondent.

Chacun est différent devant le chagrin. Après l'annonce du décès d'un proche, suit l'état de choc. Certains hurlent leur douleur, d'autres éclatent de rire pour nier la nouvelle, d'autres encore s'activent à préparer une cérémonie d'adieux grandiose. Lorsque l'événement arrive à l'adolescence, où émotions et sentiments sont intenses, tout se bouscule. Quand, à cette période mouvementée et difficile, s'ajoute la réalité de la mort, l'épreuve paraît insurmontable. Cette étape, pourtant, doit se vivre, sans être contournée. Plus la relation avec le défunt a été intense, plus son décès est prématuré, plus le temps du deuil est long. Il faut prendre le temps de vivre sa douleur. Evacuer le trop plein en pleurant et parler du disparu est vital, sinon le chagrin peut se muer en déprime, dépression, provoquer maladies ou fatigue insurmontable. En l'absence d'un confident proche, l'on peut se confier à l'oreille anonyme d'un fil d'écoute comme, par exemple, Fil Santé Jeunes : 08.00.235.236 ou Vivre son deuil : 01 42 38 08 08. Après le temps des larmes, arrivera enfin, le jour où tu penseras à l'être cher sans plus souffrir.

Mes larmes dérangent
« Depuis qu'un de nos copains s'est tué en scooter, ce n'est plus comme avant. Quand je me retrouve avec les autres à la sortie du lycée, je n'arrive pas à faire comme si de rien n'était. Je suis la seule à pleurer, ça créé un malaise. » Agathe 16 ans.
La période de deuil qui suit la disparition violente d'une personne jeune, est particulièrement difficile à supporter par son entourage amical. Ceux-ci partagent un sentiment d'injustice face à la mort de quelqu'un de leur âge. Cependant le groupe n'est pas l'endroit idéal pour formuler ce que l'on ressent. A l'adolescence, l'on a plutôt envie de se retrouver pour rire ensemble en mettant de côté ses problèmes. Dans ces circonstances les filles ont plus de facilité à exprimer leurs émotions en pleurant. Les garçons, eux, ont plus de mal à extérioriser leur chagrin, par crainte d'être ridicules, pas assez virils ou tout simplement parcequ'ils ne trouvent pas les mots. Agathe trouvera donc plus facilement le réconfort dans une relation en tête-à-tête avec un ou une confidente. Elle pourra laisser couler ses larmes sans se sentir jugée ou mal à l'aise. Cette étape franchie, cela lui donnera plus de force pour retrouver les autres et partager avec eux à nouveaux de bons moments.

Ma mère ne voit pas ma peine
« Mon grand-père maternel vient de mourir, ma mère est silencieuse, repliée sur elle-même, elle refuse d'en parler. J'ai l'impression qu'elle ne voit pas que moi aussi j'ai de la peine. J'aimerais lui faire comprendre qu'il me manque aussi mais je n'ai pas les mots pour lui dire,Jennifer, 15 ans.
Dans ces moments-là, on se sent impuissant ou délaissé surtout quand toute la famille est touchée. Comme, il est déstabilant parfois même culpabilisant pour un ado de voir ses parents fragilisés … Pourtant mieux vaut résister à la tentation d'inverser les rôles en protégeant l'adulte en détresse. Car même s'ils n'aiment pas se l'entendre dire, les adolescents sont encore de grands enfants. Eh, oui, il faut que chacun chacun reste à sa place ! En osant se laisser aller, Jennifer montrera qu'elle est présente. Les mots sont difficiles ? Alors l'émotion passe par les gestes. Prendre la main avec douceur, se serrer dans les bras, s'embrasser et pleurer sans rien dire, c'est faire comprendre à l'autre que l'on partage sa douleur.
le site à visiter
www.vivresondeuil.asso.fr
Sophie Maréchal, Lolie, 1er octobre 2004

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Published by Sophie Maréchal dans LOLIE - dans Société
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