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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 12:52

PSYCHO-DECO Faire le vide, c'est accéder à une nouvelle richesse, celle de savoir faire place à l'essentiel : l'utile et le beau.

 

L'art de la simplicité

 

Faire le vide dans la maison, le travail, les relations… est une démarche à la fois philosophique (elle remet en cause le besoin de posséder), esthétique (elle incite à conserver le plus beau) et hédoniste (elle invite à goûter pleinement ce qui apporte du plaisir). Faire le vide (chez soi et en soi) implique un effort de renoncement, comme celui prôné par les courants actuels de la simplicité volontaire et de la recherche de décroissance économique. Se débarrasser, éliminer, ce n'est pas s'appauvrir. C'est prendre conscience de ce que l'on aime vraiment et lui faire de la place.

 

Nos désirs font désordre

 

Tout pousse aujourd'hui à l'accumulation, des activités comme des objets. Les maisons comme les esprits se remplissent à ras bords et bientôt… le besoin d'air se fait sentir. « La simplicité est un art qui n'est pas simple » dit Dominique Loreau « coach du vide » et auteur de « L'art de la simplicité ». (Editions Robert Laffont). Cette adepte du minimalisme, de la philosophie zen et du Corbusier, anime des séminaires de « désencombrement ». Car la simplicité s'apprend, s'acquiert.

 

Faire le vide chez soi

 

La cuisine doit être avant tout un atelier culinaire, un « temple des sens » pour de purs moments de plaisir et de créativité. Des plans de travail dégagés. Des services assortis et réduits au minimum de pièces. Une batterie de cuisine allégée (le travail manuel évite d'accumuler mille objets inutiles).

 

La salle de bain peut être transformée en véritable SPA, ordonné, spacieux. Se souvenir de l'impression ressentie des salles de bain de grand hôtel. Un nécessaire de toilette tenant dans un vanity-case. Le choix de la qualité et des « tout en un » pour les produits. Des couleurs en harmonie. L'élimination de tout ce qui encombre et ne procure pas de plaisir.

 

La chambre est un lieu de repos et de méditation permettant un vrai retrait du monde. Un ameublement simplissime (un lit deux tables de nuit). Des éclairages indirects. Si nécessaire, un ensemble hi-fi ultra-léger.

 

Le salon salle à manger. Création de deux espaces salon et coin table. Deux canapés jumeaux en vis à vis ou en L et une table basse suffisent. Des matériaux chauds et nobles. Remaplcer par exemple des petites plantes vertes par deux arbres d'appartements aux feuilles géantes, des bibelots par un objet unique de valeur, des petits cadres par un grand tableau. Les objets existent grace au vide qui les entoure. En somme, pour avoir l'esprit détendu, il faut favoriser la fluidité et l'espace.

 

Posséder sans être possédé

 

S'alléger sur le long terme, sans se retrouver envahi quelques jours plus tard, c'est d'abord distinguer ses désirs de ses besoins profonds. Peu de personnes s'interrogent sur ce qu'elles aiment réellement et sur ce qui motive l'accumulation (acheter pour atténuer une angoisse par exemple). S'alléger, c'est garder le beau et l'utile, investir dans un seul objet d'excellente facture plutôt que dix « pas trop mal », préférer l'authenticité à la quantité, apprendre à s'entourer de matières nobles et durables (préférer le bois au plastique, le lin naturel au polyamide par exemple) et savoir harmoniser le tout, créer de la cohérence entre son environnement, ses biens et sa personne. C'est aussi privilégier l'espace et le silence (par l'insonorisation des lieux, des moments sans TV ni radio, des heures de repos…), ne pas s'attacher aux objets et donner, offrir, revendre... Les objets auront toujours moins de valeur que les expériences et les êtres. Plus le dépouillement est grand et plus il devient aisé de s'alléger encore. Ce n'est bientôt plus qu'un automatisme, une hygiène de vie, menant à une plus grande liberté et une meilleure maîtrise de soi. Vivre avec peu n'empêche pourtant pas de vivre dans l'élégance et le raffinement. Se sentir riche, voilà le secret. L'eau, l'air, la nourriture, l'éducation, l'amitié, l'amour, l'accès à la culture… sont nos richesses essentielles.

 

Yann Barte, Maison du Maroc, novembre 2005

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Published by Yann Barte, dans MAISON DU MAROC, novembre 2005 - dans Société
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