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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 12:47

PSYCHO-DECO Longtemps synonyme de refuge intime, la maison s'ouvre depuis quelques années sur la famille au sens large, les amis, devient plus spacieuse, et conviviale que jamais. C'est la tendance hiving.

 

Le « cocooning blindé » vole en éclats Dans les années 90, la maison était considérée comme un refuge, un lieu fermé et de retrait. Les attentats du 11 septembre, assurent les tendanceurs, sont venus pulvériser, dans toutes les sphères d'activité, cette propension au repli. Un énorme besoin de renouer des liens avec les autres s'est alors fait sentir. C'est un principe en psychologie : « quand ça va mal, il faut se rapprocher, se connecter ». Le « hiving » naissait alors, comme une urgence, dictant désormais les modes et influençant les architectes et décorateurs d'intérieur, jusqu'aux fabricants de meubles et d'électroménager.

 

Vitalité et essaimage « Hiving » vient du mot « hive » qui signifie « ruche » en anglais, avec toute l'activité qui l'entoure. C'est le retour en force de la vie, de l'ouverture sur le monde et de la convivialité. La maison devient ainsi le centre d'activités multiples, mêlant vie familiale, loisirs et travail. La famille élargie, les amis et les voisins y trouvent toute leur place. Dans la maison, on leur consacre désormais bien plus de temps qu'aux objets. Une approche assurément plus généreuse que celle qui prévalait dans la maison « vitrine ».

 

Des pièces vraiment « à vivre »

 

La cuisine, pièce maîtresse devient un peu le quartier général d'où l'on contrôle toutes les activités, sans s'isoler de l'extérieur. Fonctionnelle, ouverte sur le salon, elle est le centre de la ruche et accueille toutes les activités de la maison : partie de mezzés ou tapas, préparation des devoirs, apéro entre amis… c'est l'aire de discussion, la salle d'étude des enfants, le lieu de retrouvailles des invités…

 

Le salon se joue des frontières, s'ouvre sur la cuisine et peut devenir aussi salle à manger autour d'une table basse. La table, en effet, n'a plus rien de coincé ou d'intimidant.

Les chambres, les salles de bains deviennent plus petites, à l'inverse des aires plus communes qui s'agrandissent. Mais ces espaces sont aussi plus nombreux pour accommoder la famille et les (nombreux) amis.

 

La cour, la terrasse sont plus accessibles par beau ou mauvais temps. Les vérandas, les auvents ont la côte. On ne se contente plus du barbecue dans le patio mais de véritable cuisine extérieure toute équipée pour recevoir les amis en plein air.

 

Au cœur de la maison « ruche »

 

Les pièces communes s'agrandissent, s'ouvrent, se juxtaposent, permettant d'un regard, d'embrasser tout l'espace. On multiplie les fenêtres pour observer le monde en mutation. Terminés les salons marocains « en expo », les pièces pour le souâb. Les meubles deviennent plus fonctionnels et conviviaux que jamais. Simplicité et naturel sont de retour. Et la sacro-sainte TV du salon, devant laquelle on plantait les invités comme pour éviter les échanges, est reléguée dans les aires plus privées. La maison, ouverte sur l'extérieur et en réseau, se veut aussi un bouillonnement d'activités. On lit ses mails dans le coin d'une cuisine tout en mettant le tajine familial sur le feu, on fait « tberguig » pendant que la lessive tourne… On recherche alors les électroménagers performants qui simplifient la vie. Côté design, on mise sur la simplicité, les lignes horizontales et épurées, la luminosité, tandis que les couleurs vives et vibrantes remplacent les pastels neurasthéniques. Espace, confort, convivialité et fonctionnalité sont les nouveaux maîtres mots de la « maison ruche ». Totalement étranger à l'individualisme en béton armé qui prévaut dans certains pays, le Maroc, au sens pratique et aux valeurs communautaires bien ancrées, a sans doute déjà en partie fait sienne de la tendance « hiving ». Reste à s'ouvrir encore davantage et gagner encore en simplicité pour plus de convivialité.

 

Yann Barte, Maison du Maroc, décembre 2005

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Published by Yann Barte, dans MAISON DU MAROC, décembre 2005 - dans Société
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