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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:20

 

 

La prochaine commercialisation des mobiles sans contact ouvre des possibilités de nouveaux services.
Les villes réfléchissent à des alternatives pour servir toutes les catégories de population.

«Les services conçus pour le téléphone mobile sans contact renforceront l'attractivité des territoires », déclarait Christian Estrosi, ministre chargé de l'Industrie, à un parterre de représentants de collectivités locales et d'opérateurs de transports, de télécommunications et de services bancaires, réunis le 6 juillet dans le cadre d'un colloque sur le thème « devenir un territoire leader du sans contact mobile ».

Fleuron de l'industrie française, la technologie de la puce sans contact NFC (1) dans les téléphones offre des perspectives de développement économiques avec, à la clé, des créations d'emplois. Ainsi, le ministre encourage les villes, à l'instar de Nice (Alpes-Maritimes), dont il est maire, à devenir les vitrines de nouveaux usages (lire l'encadré, p. 25) pour le marché international.
Aujourd'hui, les technologies de la carte sans contact sont matures pour être intégrées dans le téléphone portable. Les acteurs économiques des filières du transport, de la banque et des télécommunications se sont entendus pour faire converger leurs standards techniques propres vers celui du NFC. « Grâce à cela, les opérateurs de télécommunications peuvent ouvrir la puce sim à des tiers par le biais d'une plateforme commune appelée Citysi, explique Laurent Jullien, administrateur et secrétaire général de l'Association française du sans contact mobile (2). Les spécifications techniques sont mises en ligne gratuitement afin de favoriser le développement de nouveaux services dans les villes. »
L'expérience de Nice Côte d'Azur teste non seulement cette plateforme commune, mais valide aussi les perspectives d'un écosystème encore en gestation. Le téléphone NFC apportera des services comme l'achat de tickets, la réservation de places de spectacle ou la consultation des horaires de bus en temps réel. Cependant, l'un des prérequis de la réussite de ces nouveaux services est l'existence d'une infrastructure capable de communiquer avec la puce du téléphone. Celle-ci repose d'abord sur le déploiement de la carte sans contact.

Les transports en avance.

Une première étape que seul le secteur du transport a véritablement franchi, en remplaçant progressivement sa billettique papier ou magnétique par des cartes à puce sans contact. Le secteur bancaire commence à peine, de son côté, la distribution des cartes sans contact (Mastercard, Visa et Paypass) ainsi que le renouvellement des terminaux de paiement équipant les commerçants. Les usages sont observés avec prudence dans ce secteur, car l'échec du porte-monnaie électronique Moneo est encore vif dans les esprits. A cela s'ajoutent des cartes (type Vigik) pour accéder à des bâtiments privés.

Les infrastructures sans contact ont aussi la particularité d'être ouvertes à d'autres supports. Ainsi la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée a distribué à 200 étudiants une clé USB, le Neopass, qui réunit leur titre de transport et un bouquet de services liés à leur vie universitaire. Celle-ci se recharge par internet de manière sécurisée. « Nous travaillons d'abord sur les usages dans le cadre du living lab de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, indique Pascal Peuchot, responsable du service territoire numérique. Cette expérimentation nous donnera les moyens de mieux exprimer nos besoins pour une diffusion plus large. »
Différentes déclinaisons du sans contact ont aussi été testées, depuis 2005, via une quinzaine de projets-pilotes, par des villes telles que Caen, Rennes, Bordeaux ou Strasbourg, chacune valorisant les innovations développées par les entreprises de son territoire. La pré-commercialisation du téléphone NFC à Nice symbolise, en quelque sorte, l'aboutissement de ces nombreux tests.

Un nouvel audioguide.

En outre, le téléphone mobile lui-même, indépendamment de la technologie du sans contact, donne accès à de nouveaux services. Les Blackberry, détrônés depuis par l'iPhone, et tous les téléphones dits « intelligents » qui se connectent à internet ont fourni l'occasion de plusieurs essais, en particulier dans le secteur du tourisme. Le téléphone devient alors un audioguide de nouvelle génération. Grâce, par exemple, à l'étiquette 2D (dite aussi « flashcode ») : des codes-barres imprimés sont photographiés avec le téléphone pour accéder à un commentaire multimédia sur le portail internet de la ville.

Sarlat-la-Canéda (Dordogne), Leucate (Aude) et le pays de Bourg-en-Bresse (Ain) se sont engagées aux côtés d'Orange pour mettre en pratique cette technologie. Soit en posant ces codes sur les monuments et sites remarquables de la ville, soit, comme le pays de Bourg-en-Bresse, en les imprimant sur une bande dessinée renvoyant vers des informations sur le site de la ville.
Nice teste ces mêmes étiquettes auxquelles s'ajoute un tag RFID (un capteur qui communique avec la puce NFC). Elles sont placées près des œuvres du musée d'art moderne et d'art contemporain de la ville, le Mamac. Cette expérience est menée aux côtés de GFI, société de services informatiques qui a installé un laboratoire de veille du sans-contact dans la région. « Il suffit juste d'approcher le téléphone de l'étiquette pour accéder à l'information sur le site. C'est plus rapide que de passer par l'étape de la photographie », observe Florence Barale, conseillère municipale à Nice. La ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), en pointe dans les usages d'informations géolocalisées par téléphone portable, est aussi labellisée par le portail internet national Proxima mobile (3) pour la mise à disposition d'un guide téléchargeable sur le téléphone permettant de localiser l'un des 1 530 organismes rennais.
Bordeaux (Gironde) a été sélectionné par ce même portail pour le téléchargement de l'agenda des événements culturels et de loisirs. « Le mobile donne accès à l'information d'une manière naturelle, mais attention à ne pas laisser se creuser la fracture numérique », prévient Pascale Avarguès, directrice de l'organisation et de l'informatique à la mairie (lire le témoignage, p. 2).

Le téléphone pour téléphoner.

En effet, à l'intérieur de cet écosystème, se pose la question d'accompagner la population et de fournir un service accessible au plus grand nombre. C'est pourquoi Metz (Moselle) a décidé, de son côté, d'explorer la dématérialisation de la carte ville sur tous types de téléphones, même les plus anciens. « Nous avons commencé par le service le plus complexe à mettre en œuvre, le stationnement payant dans la ville, précise Francis Hector, directeur de la prospective numérique. Nous nous adressons à un public le plus large possible avec un service sans surcoût pour l'usager. »

Cette application, Mobile city, est déjà utilisée dans plusieurs communes allemandes. Elle est lancée, cet été, par Urbis park, le délégataire des parcs de stationnement messins. Pour en bénéficier, les automobilistes inscrivent sur un site internet leurs numéros de téléphone mobile et de plaque d'immatriculation, puis approvisionnent un porte-monnaie électronique en ligne. Pour activer le ticket de stationnement, il leur suffit d'appeler un numéro de téléphone gratuit, un sms de confirmation leur est envoyé. Ils appellent à nouveau pour mettre un terme au stationnement, qui leur est alors facturé en temps réel. Plusieurs de ces projets-pilotes seront bientôt des réalisations opérationnelles. Les communes devront alors réfléchir à inclure dans leur stratégie de communication ce lien avec l'objet nomade fétiche de leurs habitants ou des visiteurs qui s'arrêtent sur leur territoire.

Appel à déclarations d'intention

Le ministère de l'Industrie lance un appel à déclarations d'intention aux villes qui souhaitent suivre l'exemple de Nice. Les candidatures seront étudiées jusqu'au 30 septembre. A cette date, trois à cinq territoires seront labellisés pour déployer, courant 2011, de nouveaux services sur des téléphones portables équipés de la technologie NFC. L'objectif est de tenir l'engagement du plan France numérique 2012 qui prévoit la création d'un bouquet de services sans contact dans la ville. Ces déploiements seront suivis par le Forum des services mobiles sans contact, initié par le gouvernement fin 2008. Celui-ci fédère les principaux acteurs de la filière économique du sans contact mobile et vise à valoriser l'innovation des entreprises françaises dans ce domaine.

Caen - Proposer aussi des alternatives

«Nous sommes, certes, à l'aube d'une nouvelle ère, mais le téléphone mobile NFC arrive sans faire table rase du passé. » Tel est le sentiment de Jérôme Dussert, directeur adjoint aux affaires économiques de Caen (Calvados). Première ville au monde à tester, en 2005, le paiement par téléphone mobile, forte de l'expertise de son pôle de compétitivité sur les transactions électroniques et de sa participation au projet européen Smart Urban Spaces, la ville estime avoir, aujourd'hui, le recul nécessaire pour passer du projet-pilote à la phase de réalisation grandeur réelle. « Le renouvellement du parc de téléphones prendra au minimum trois ans. Quoi qu'il en soit, la ville ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier et nous préparons un schéma directeur pour organiser les différentes alternatives que nous proposerons aux habitants », poursuit le directeur adjoint. Afin de servir une population la plus large possible, Caen insiste sur les capacités à communiquer entre eux des différents systèmes mis en œuvre. « Nous ne voulons pas nous laisser enfermer dans un modèle, les services doivent pouvoir se décliner non seulement sur les mobiles, mais aussi les ordinateurs, les cartes ou autres supports », ajoute Jérôme Dussert. L'arrivée du titre unique de transport sans contact, lancé conjointement par l'agglomération et la région, devrait être le moteur de cette « interopérabilité ». Selon lui, il s'agit d'un « défi à relever car chaque collectivité pourra ensuite y greffer ses services culturels, de loisirs ou même administratifs ».

TÉMOIGNAGE - Pascale Avargues, directrice de l'organisation et de l'informatique à la mairie de Bordeaux (Gironde) - « Nos infrastructures sont prêtes »

« La mobilité dans la ville est l'un des cinq axes de développement du projet Bordeaux, cité digitale initié par le maire. Nous avons l'expérience d'une carte ville multiservice dont 35 000 bordelais et 65 000 étudiants aquitains sont détenteurs. Cette infrastructure est bi-mode, carte à puce et sans contact (NFC). Nous sommes prêts pour l'arrivée du mobile NFC et nous testons aussi les clés USB, car chaque support a son public. Nos bases d'informations sur le portail internet sont riches et nous les rendons accessibles aux smartphones qui s'y connectent en photographiant les étiquettes 2D disséminées dans Bordeaux. Nous avons aussi mis à disposition l'agenda de la ville, ce qui nous a valu d'être retenus par le portail Proxima mobile. »

LES chiffres CLÉS

61,5 millions de cartes SIM en France fin 2009.
7,3 millions de téléphones mobiles sont des smartphones, le parc a doublé en 2009.
5 millions de cartes de transports publics sans contact NFC ont été distribuées par 70 régies.
250 000 cartes multiservices Moneo sans contact en fonction.
500 000 téléphones mobiles NFC ont été commandés par Orange pour 2011.
1 téléphone sur 6 devrait être sans contact d'ici 2014.

Source : Forum des services mobiles sans contact

(1) Near Field Communication (communication en champ proche) : le téléphone est reconnu comme une carte sans contact ou lit lui-même des puces sans contact.

(2) www.cityzi.fr,  www.afscm.org

 (3) www.proximamobile.fr

Sophie Maréchal, la Gazette des communes, 9 août 2010 

www.lagazettedescommunes.com 

 

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Published by Sophie Maréchal dans LA GAZETTE DES COMMUNES - dans Vie numérique
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