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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 01:37

JUSTICE Après un procès exemplaire d’iniquité et sept ans de prison, le 4 septembre 1998, Omar Raddad, condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal, sortait de prison à la faveur d’une grâce présidentielle. Aujourd’hui, dix ans après une liberté au goût amer, le célèbre jardinier marocain demande la révision de son procès.

 

Le-Courrier-de-l-Atlas---Raddad---novembre-2008.jpgVergès ? Mais il est comédien maintenant, non ? Moi j’ai besoin d’un avocat pour me défendre.” Pour Omar Raddad, Vergès, c’est fini ! Des erreurs en cascades, un verdict accablant de dix-huit ans, une requête en cour de révision rejetée… Le résultat est pour le moins médiocre.

Contrairement à la rumeur, c’est bien Omar Raddad qui avait fait appel à l’avocat controversé, mais il l’aurait révoqué bien plus tôt si le roi Hassan II n’était intervenu. Aujourd’hui, c’est à une autre figure médiatique du barreau, Sylvie Noachovitch, célèbre ex-avocate de l’émission Sans aucun doute, qu’il a fait appel pour défendre ses intérêts et assurer sa défense dans le cas probable de nouvelles Assises.

15 h 30 sur les marches du palais de justice de Toulon. C’est ici qu’Omar Raddad me donne rendez-vous. Il pleut des cordes. Abrité sous le porche du bâtiment, quelques mètres sous le mot “Fraternité”, je m’apprête à envoyer un SMS pour prévenir de mon arrivée, avant de me raviser : Raddad ne sait pas lire. Des photos de la porte comportant la fameuse inscription “Omar m’a tuer”, il n’avait pu reconnaître que son nom. C’était il y a dix-sept ans…

Raddad est là, juste en face. Il me fait signe à la terrasse couverte du café La Marine, un express et une cigarette entre les doigts. Dans le brouhaha de la circulation, je lui présente Le Courrier de l’Atlas et nous échangeons quelques mots sur le Maroc… avant d’envisager un lieu plus calme. C’est finalement sur sa suggestion, dans le salon du petit hôtel Celenya où je me suis installé, à deux pas de la place de la Liberté, que nous continuerons l’entretien.

Quand Raddad parle d’“endroit plus tranquille”, il ne fait pas allusion au bruit, mais aux sollicitations nombreuses des Toulonnais qui viennent le questionner ou lui demander des autographes. Des demandes auxquelles il ne sait jamais dire non : “A Toulon, trois mille personnes ont signé pour me soutenir, comment je pourrais leur tourner le dos ?” Alors Raddad s’épuise à raconter partout son histoire, sans jamais montrer le moindre signe de lassitude ou d’agacement. Il a encore en tête les cris d’indignation qui suivirent le verdict et tous ces gens qui se sont mobilisés, ces courriers de soutien qu’il continue encore à recevoir.


“Ma tête est toujours

derrière les barreaux”

Raddad se donne sans compter. C’est près de quatre heures trente d’entretien qu’il m’accordera, entrecoupé de deux ou trois allers-retours sur le balcon de l’hôtel… et autant de cigarettes. Des pauses devenues alors moins formelles, l’enregistreur éteint. Mais Raddad ne s’éloigne jamais de l’affaire. Rien d’autre ne semble avoir plus d’importance pour lui aujourd’hui. “Mon corps est libre, mais ma tête est toujours derrière les barreaux”, répète-t-il.

De sa vie personnelle, nous parlerons peu. Il tient d’ailleurs à protéger les siens. “La presse veut l’avis de mes enfants. Pour quoi faire ? Je suis encore vivant, moi !” Certains magazines demandent même des photos de sa famille, pourvus d’arguments sonnants et trébuchants. “Personne ne peut parler à ma place. C’est pour ça que j’ai écrit le livre Pourquoi moi ?”, explique Raddad.

Personne… excepté peut-être le journaliste académicien Jean-Marie Rouart, auteur de Omar, la construction d’un coupable : “Il a été condamné plusieurs fois, mais il ne s’arrête pas.” Un ami ? “Plus. C’est comme un père pour moi. J’ai besoin de gens comme lui.”

Ce sont justement les droits de ces deux livres, ceux de Raddad et de Rouart, que la société de Rachid Bouchareb rachète pour la réalisation par Roschdy Zem d’un film sur l’affaire : “Je n’ai pas encore lu le scénario, mais j’ai confiance en Roschdy Zem. Il fait de bons films, inspirés d’histoires vraies. Je vais le revoir dans quinze jours.”

Raddad me déroule le fil du procès, avec ses erreurs, ses faux, ses mystérieuses disparitions de pièces à conviction, ses témoins occultés par les enquêteurs, intimidés, éloignés. Ses oublis aussi : la prise de température du corps de la victime, les empreintes… “Au procès, les enquêteurs ont dit qu’il n’y avait pas d’empreintes visibles. Toute la salle a ri”, se souvient-il. L’enquête et le procès ont révélé une telle concentration de confusions, d’approximations, de fautes, qu’ils prennent bien plus l’apparence du complot que de l’erreur judiciaire proprement dite, terme d’ailleurs réfuté par Omar Raddad.

Tout commence par ce qui aurait pu être une mauvaise blague. “Je croyais que c’était la caméra cachée”, se souvient Omar Raddad. Ce 25 juin 1991, les gendarmes viennent l’arrêter, sans explication. Des heures d’attente au commissariat de Toulon, à la gendarmerie de Saint-Basile, près de Mougins. Raddad ne comprend pas. Il parle alors à peine français. Ce n’est que lorsqu’on lui glisse sous le nez les photos de Ghislaine Marchal assassinée que le cauchemar commence.

Aux questions des enquêteurs, Raddad ne répond plus que par oui ou par non, presque au hasard, fatigué et comprenant à peine ce qu’on lui demande. C’est ainsi qu’il répondra oui à la question : “Fréquentez-vous des prostituées ?” Une suite de quiproquos qui auraient été évités si un interprète lui avait été accordé.

Le juge Renard ?…

Il a fini par être révoqué

 

La première juge, Sylvaine Arfinengo (quatre défileront), s’y opposera elle aussi. C’est cette même juge qui donnera à la famille de Ghislaine Marchal l’autorisation de faire incinérer le corps… une semaine seulement après sa découverte, avant même le rendu d’autopsie, rendant toute contre-expertise impossible. Du jamais vu dans une affaire criminelle ! De plus, “Mme Marchal n’a jamais demandé à être incinérée, souligne Raddad, elle avait acheté un caveau à Mougins”.

L’affaire aurait pu s’arrêter rapidement. En effet, pour les médecins légistes, la victime a été assassinée le 24 juin. “Cette première date est la vraie. Problème : ce jour-là, j’étais à Toulon, avec billet et témoins à l’appui. Le juge [Renard] était gêné. Il a téléphoné aux trois médecins légistes pour leur dire qu’ils s’étaient trompés, que c’était le 23 juin. Les trois médecins ont alors fait un courrier pour dire qu’ils avaient fait une erreur de frappe.”

Le juge Renard – qui a instruit la quasi-totalité de l’affaire – a même la bêtise de reconnaître ces faits dans le documentaire Le procès K Omar Raddad diffusé sur Canal +. Depuis, le juge a été mis en examen dans une autre affaire, pour “faux et usage de faux” et “violation du secret professionnel” (en septembre 2001) avant d’être mis à la retraite en 2005 grâce à la ténacité du procureur Eric de Montgolfier et suite à un rapport accablant du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM)

La date du 23 est d’autant plus improbable que le rapport d’autopsie parle d’“yeux clairs”. Un fait impossible à observer chez une personne décédée depuis plus de huit heures (les yeux deviennent opaques, c’est le phénomène du voile glaireux, dit de Winslow).

C’est donc ce juge qui s’est débarrassé avec une aisance incroyable de tout ce qui risquait d’innocenter le jardinier, refusant systématiquement tout alibi, témoignage et expertise. C’est ce juge encore qui affichera par un “pourquoi ?” sa déception à l’annonce de l’abandon par Raddad de sa seconde grève de la faim. “Y a rien de pire que d’être derrière les barreaux pour rien. J’ai fait deux grèves de la faim. Je me suis coupé les veines [il me montre un poignet et avant-bras gauche tailladés]. J’ai même avalé des lames de rasoir.” Aujourd’hui, il est en invalidité : “Ça me rend malade. Je ne suis pas fou, mais je ne suis pas bien dans ma tête. Je ne travaille plus depuis cinq ans.”

“Mais les portes vont parler…”

Le juge déploie beaucoup d’énergie durant les Assises pour montrer que Raddad est un mauvais musulman, qu’il joue et va voir des prostituées. Quel rapport avec le procès ? “Le jeu et l’adultère, c’est interdit par le Coran”, dira le président, étonnamment transformé en police religieuse. Mais Raddad sera jugé ensuite “trop musulman”. Des photos de l’Aïd sont montrées au tribunal. Reprenant les propos de la femme du jardinier marocain qui affirmait que son mari ne ferait pas de mal à une mouche, le juge avait trouvé judicieux de lancer : “[il] ne tuerait pas une mouche, mais il égorge le mouton.” “Vergès a eu raison de parler de racisme. Et puis Mme Marchal n’est pas un animal !”, me dit Raddad, avant d’ajouter, plus bas, “…Et en plus c’était mon frère aîné qui tuait le mouton !”

Les pistes autres que celles menant à Raddad sont écartées. On ne s’intéresse pas à la famille Marchal, ni à ses proches, ni à la femme de ménage dont le témoignage a été l’un des éléments déterminants de la condamnation de Raddad. Une femme dont l’amant a déjà été condamné pour meurtre et que son concubin quittera en décembre 1991 après de forts soupçons sur sa complicité dans l’assassinat, apprend-t-on dans la première requête en révision que nous nous sommes procurée.

Des témoins essentiels sont aussi écartés : Mimoun B., l’oncle de Raddad, ex-majordome de Ghislaine Marchal auquel elle aurait confié ses craintes d’être assassinée par un proche de sa famille. Salah El Ouaer également, un Tunisien qui travaillait le 24 juin sur un chantier à côté de la propriété de la victime et que les gendarmes avaient dit introuvable, alors qu’ils l’avaient gentiment invité à retourner dans son pays, faute de papiers en règle. L’enquête menée par le détective privé Roger-Marc Moreau nous apprendra que cet ouvrier avait vu des personnes le 24 juin dans la villa de Mme Marchal. Il les décrit précisément.

D’autres sont intimidés, comme l’amie de la victime, Mme Pascal, qui s’est retrouvée à près de 80 ans en garde à vue et sur écoutes téléphoniques, comme une suspecte. “Elle n’a pas voulu me défendre. Elle disait simplement la vérité.”

Raddad m’énumère les incroyables éléments à charge contre lui sortis de l’imagination des enquêteurs et du juge. Des bijoux vendus, puis finalement achetés puis finalement… envolés du dossier puisque n’apportant rien à l’enquête. Une pellicule photo de Mme Marchal détruite par les gendarmes, sans qu’on sache pourquoi. Et enfin ce scénario absurde d’une femme assommée de cinq coups de chevron, lardée de dix-sept coups de couteau, éventrée, égorgée, les intestins presque sortis, le poignet brisé, un doigt quasiment coupé, qui va se relever pour écrire dans le noir complet “Omar ma tuer’” puis se traîner encore sur près de sept mètres, sans laisser une seule goutte de sang, pour écrire un second “Omar m’a t”, et finalement bloquer la por-te pour se condamner plus sûrement à la mort avec un savant montage de lit. “Et quel intérêt de bloquer une porte déjà fermée de l’extérieur ?”, s’interroge encore Raddad, toujours ahuri par un tel déroulement proposé des faits.

 

Omar Raddad est certain

de son acquittement

 

Sur la table basse de l’hôtel, Omar Raddad procède à une reconstitution du scénario des portes, avec son paquet de cigarettes, le menu du petit-déjeuner de l’hôtel et mon stylo. Retourner aux Assises, c’est repartir à zéro. Y aurait-il des risques ? “Pour moi non, c’est l’acquittement sûr”, affirme Raddad, confiant. “Tous les avocats doivent rêver d’un dossier comme le mien qui se défend tout seul. Et puis ce n’est pas le jury qui m’avait condamné. C’est le juge, tout seul”, explique Raddad qui rappelle aussi les propos de jurés rapportés dans VSD, faisant mention de leur malaise face à l’affaire et de pressions du président Armand Djian durant les sept heures trente de délibérés.

Les experts ont affirmé que l’écriture n’était pas celle de Ghislaine Marchal, qu’aucune trace d’ADN de Raddad n’avait été trouvée. Mais qu’en revanche, deux empreintes ADN masculines étaient présentes. “Qu’est-ce qu’il y a de plus que des empreintes génétiques ? Un témoin peut mentir, se tromper, mais des empreintes… Ils ont gardé les portes parce que c’est la seule chose qu’ils avaient contre moi. Mais ce sont elles qui vont parler, m’innocenter.”

“Vous êtes sûr qu’ils les ont gardées ?”, dis-je pour le titiller. “J’espère qu’ils ne les ont pas brûlées !”, dit Raddad, presque pris d’un doute soudain. Puis, rassuré : “De toute façon, les empreintes sont au laboratoire de la police de Paris.” C’est la seule fois où je verrai mon interlocuteur rire.

 


 

Chronologie

24 juin 1991 Ghislaine Marchal, 65 ans, est assassinée de plusieurs coups de chevron et de 17 coups de couteau à Mougins. Sur la porte de la chaufferie, une inscription en lettres de sang : “Omar m’a tuer”. C’est la date du 23 juin qui sera pourtant retenue après intervention du juge auprès des trois médecins légistes (la fameuse “erreur de frappe”).

27 juin 1991 Omar Raddad, jardinier de Mme Marchal, est inculpé d’homicide volontaire et écroué à Grasse.

2 février 1994 Omar Raddad est condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle par la Cour d’Assises de Nice (Alpes-Maritimes).

9 mars 1995 La cour de Cassation rejette son pourvoi.

10 mai 1996 Jacques Chirac accorde une grâce partielle à Raddad, réduisant sa peine de quatre ans et huit mois, et lui permettant une libération conditionnelle.

2 septembre 1998 La chancellerie donne son feu vert pour sa libération. Omar Raddad sort le 4 septembre suivant.

31 octobre 2000 Le rapport graphologique ordonné par la commission de révision ôte toute certitude sur l’identité de l’auteur de l’inscription.

1er mars 2001 La commission de révision révèle que l’ADN relevé sur la porte ne correspond pas à celui d’Omar Raddad. En revanche, deux ADN masculins ont été trouvés.

20 novembre 2002 Malgré ces nouveaux éléments, la requête demandée par la Cour de révision est rejetée.

2008 Omar Raddad révoque son avocat Me Vergès, fait appel à Me Sylvie Noachovitch et demande une révision de son procès. La nouvelle requête pourrait être déposée début 2009.


 

 

Le détective Roger-Marc Moreau

 

Il suit l’affaire Raddad depuis près de quinze ans. Appelé par Jacques Vergès en 1994 pour préparer la première requête en révision (rejetée en 2002), il est appelé cette fois par Omar Raddad pour reprendre et conforter le dossier pour une nouvelle requête.

 

“Pourquoi a-t-il été condamné ? ‘Au nom de l’intime conviction’, ça ne veut rien dire”

 

Comment jugez-vous la façon dont l’affaire Raddad a été instruite ?

A charge uniquement, avec un postulat de départ : Omar Raddad a tué, puisque c’est écrit. Aucune investigation n’a été faite sur d’autres personnes que lui. Personne ne s’est demandé à qui profitait le crime ? Il y avait quand même un héritier qui est devenu brutalement milliardaire, dont on n’a jamais interrogé l’emploi du temps, pas plus que celui de la femme de ménage, exceptionnellement en congé ce jour-là… Le procès a été mené étrangement. Est-ce dû à la personnalité de la victime et de son entourage ? Le fils de Mme Marchal, élevé par la sœur, magistrate, épouse du bâtonnier de Bigault du Granrut, sommité du monde judiciaire parisien, grand ami de Georges Kiejman… Ces personnes ne peuvent être sans influence sur le traitement du dossier. Un coup de fil à un juge d’instruction comme le juge Renard, peut être à l’origine d’un dysfonctionnement.

 

Allez-vous demander une comparaison des ADN trouvés sur les portes ?

 

Nous allons demander à la garde des Sceaux que les empreintes génétiques trouvées mélangées au sang de Mme Marchal soient inscrites au fichier national de l’ADN. Les personnes que nous soupçonnons font de très fréquents séjours en prison. Il n’est alors pas impossible qu’au bout de deux minutes, le temps de cet enregistrement par un fonctionnaire, nous ayons la réponse. Si Mme Dati refuse, je ferai procéder à la comparaison ADN dans un laboratoire étranger en prélevant l’ADN de ces personnes ou celui de leur famille. Nous allons aussi auditionner à nouveau certaines personnes qui parleront plus librement aujourd’hui.

Vous militez depuis longtemps pour une réforme de procédure pénale.  

 

L’affaire Raddad est à l’origine de la réforme prévoyant une juridiction d’appel pour les cours d’Assises. Quels sont les autres points nécessaires restant à changer ?

 

Les jurys mixtes. C’est un système instauré par le régime de Vichy qui estimait que les jurys populaires avaient trop tendance à rendre des acquittements. La motivation était donc d’influencer les jurés. Certains présidents de cours d’Assises exercent peu leur influence, d’autres sont beaucoup plus interventionnistes et capables, comme l’a fait Armand Djian, de tordre les jurés pour obtenir une condamnation. Les décisions devraient aussi être rendues à l’unanimité, sinon où est la place du doute ? La motivation des arrêts est également une chose importante. Nulle part on ne dit pourquoi Omar Raddad a été condamné. “Au nom de l’intime conviction”… Ça ne veut rien dire ! Enfin pourquoi, comme dans d’autres pays, la défense ne pourrait-elle faire venir, comme le ministère public, ses propres experts ? Les experts doivent-ils -toujours être aux ordres du juge d’instruction comme on l’a vu dans l’affaire ?

(1) Roger-Marc Moreau, agent de recherches privé, président du GRAR (Groupement des agents de recherches) et auteur de Omar Raddad, contre-enquête pour la révision d’un procès manipulé (Ed. Raymond Castells, 1998, 18 euros).

 

Yann Barte, Le Courrier de l'Atlas, novembre 2008

 


Lire aussi un dossier complet à l'occasion de la sortie du film de Roschdy Zem sur l'affaire Raddad dans le Courrier de l'Atlas de juin 2011 (11 pages)

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Published by Yann Barte, dans LE COURRIER DE L'ATLAS, novembre 2008 - dans Société
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