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11 mai 2006 4 11 /05 /mai /2006 14:31

piscine-nat.jpgSans remplacer totalement le chlore, des solutions existent pour rendre sa piscine plus écologique. Ceux tentés par l'idée séduisante du bassin de baignade naturel devront bien préparer leur projet pour répondre aux règles sanitaires dans le cadre d'une utilisation collective en camping.

Lorsqu'on évoque l'approche écologique des piscines, il faut distinguer les solutions de traitement plus respectueux de l'environnement pour les piscines conventionnelles et la construction de baignades naturelles qui recréent les conditions d'un plan d'eau naturel ou d'un étang, sans produits chimiques. Les termes « piscine », « baignade aménagée », « étang »… ne sont pas anodins puisqu'ils déterminent souvent le cadre légal des autorisations administratives et les normes d'hygiène associées (cf textes complets sur www.legifrance.gouv.fr, rubrique « code de santé publique »).

Rendre sa piscine plus « bio »
Sans parler des baignades naturelles, que nous détaillons plus loin, le gestionnaire de camping peut déjà faire en sorte que sa piscine classique utilise moins de produits de traitement agressifs, qui provoquent irritations (effet « yeux rouges »), problèmes de peau et allergies.
Dans une piscine, il y a d'une part le traitement chimique de l'eau et d'autre part son traitement « physique », en fait la filtration des impuretés par des procédés mécaniques souvent à base de sables. Pour le premier (voir avis d'expert), il semble difficile de se passer de produits comme le chlore pour répondre aux normes sanitaires françaises et européennes des piscines collectives. D'autant que la tendance est aux bassins de grandes surfaces, ludiques et aux parcs aquatiques qui demandent une surveillance accrue de la qualité de l'eau. Le minimum est déjà de bien doser le produit pour trouver le parfait équilibre, grâce à des doseurs électroniques par exemple. Si la piscine est couverte, une bonne ventilation limitera les effets nocifs du chlore (chloramides).
L'étape suivante est de mettre en place des filtres à ultra-violets (UV) qui stérilisent l'eau et limitent beaucoup l'emploi de chlore : l'eau entre dans un cylindre à double vitrage où brûle une lampe à UV qui détruit les germes. Un système efficace pour peu qu'il soit bien dimensionné au volume d'eau à traiter. Sur le marché, il existe également des dispositifs à base d'ozone ou combinant filtre UV et filtres minéraux. Les avantages sont nombreux : des clients sont surpris de trouver une eau non irritante et peu odorante, économies sur l'achat et le stockage des produits, moins d'altération de bordures, une consommation d'eau réduite, un meilleur confort de travail pour le personnel chargé de l'entretien et de la surveillance.
Le traitement de l'eau n'est qu'un aspect des choses. Le gestionnaire de camping peut aussi agir sur le chauffage de l'eau de la piscine. Deux techniques à retenir : les pompes à chaleur, qui fonctionnent en gros sur le principe inverse des réfrigérateurs, et les « moquettes solaires », où l'eau est réchauffée en passant par un réseau de tubes placé sur une toiture ou sous une terrasse.
Autre point important, souvent négligé : la question du rejet de l'eau usée issue de la piscine. Elle représente environ un cinquième de la volumétrie totale de l'eau utilisée sur une saison. Si cette eau chlorée va généralement à l'égout (avec une taxe d'assainissement au passage), certains patrons de campings peu scrupuleux s'en débarrassent directement dans la mer ou dans la rivière proche, sans tenir compte des conséquences sur l'environnement. Les gestionnaires plus responsables s'équiperont d'un système simple et peu coûteux de « déchloralisation » à base de sel spécial (voir avis d'expert).

Bassins de baignade naturels
Pour les camping cherchant une alternative à la piscine chlorée, il existe aujourd'hui des solutions viables de baignade naturelle mais avec plusieurs restrictions comme nous allons voir.
Le principe de base consiste à recréer un écosystème aquatique qui favorise les phénomènes naturels de recyclage et à utiliser l'épuration écologique de l'eau au lieu de la désinfecter. L'épuration assure la qualité de l'eau en éliminant les déchets organiques sans faire appel à des produits chimiques. Lagunage avec plantes adaptées, zones de décantation et de régénération, pompes immergées pour faire circuler l'eau dans le bassin de natation, cascades pour oxygéner l'eau, systèmes de filtration minérale : combinées entre elles, ces techniques sont utilisées depuis 20 ans chez nos voisins Allemands, Autrichiens et Suisses aussi bien dans un cadre privé que public y compris des campings.
Des passionnés et des paysagistes les mettent au goût du jour en France depuis 2 ou 3 ans. Car ces baignades écologiques sont des piscines « vivantes » qui recréent les conditions d'un étang naturel avec une zone de baignade délimitée, une eau propre et claire (mais pas limpide), une flore et une faune aquatique.
Pour l'instant, peu de d'établissements touristiques ont franchi le pas, mais beaucoup y réfléchissent devant la demande croissante des vacanciers. « C'est une approche différente des loisirs qui offre le luxe de se baigner dans la nature, dans une eau de qualité, sans produits chimiques, tout en étant dans l'enceinte du camping, avec ses règles de sécurité », constate Guillaume Béreau, de François Tourisme Consultants. L'une des premières initiatives publiques est le « plan d'eau biotop » 100% écologique ouvert en 2005 par la station de Combloux en Savoie (www.combloux.com/fr/ete/planeau.htm), qui a reçu l'agrément des services d'hygiène. On peut citer aussi le gîte de France Chaumarty dans les Pyrénées qui dispose d'un beau bassin naturel de 42 m2 (www.chaumarty.com).
La construction d'un bassin naturel impose pas mal de contraintes pour être compatible avec l'hôtellerie de plein air. Outre le fait qu'il nécessite une surface au sol deux à trois fois plus grande et un budget plus élevé qu'une piscine normale, il doit répondre aux normes des services sanitaires en vigueur au même titre que les étangs de baignade publics entretenus par les municipalités. La DDASS sera attentive par exemple au développement de micro-algues dont certaines peuvent favoriser des germes dangereux.
Quoi qu'il en soit, le cas par cas s'impose. Un bassin naturel avec zone de baignade peut replacer une piscine collective pour les petits campings qui n'ont pas la chance d'avoir une rivière ou un littoral à proximité et qu'un bassin limité (50 à 100 m2) suffit. Tout projet de ce type est conditionné à l'aval des services municipaux et sanitaires (DDASS) qu'il faut mieux associer dès l'origine.

De la piscine au jardin aquatique
Une autre application possible est de créer son jardin aquatique, sans baignade, mais avec un attrait réel pour la clientèle sensible aux ambiances romantiques. Un jardin de ce type se prête à des styles très variés, à la japonaise ou à l'orientale, effet « lac de montagne », roseaux, poissons et nénuphars, etc. Il ne nécessite pas de permis de construire ni n'est soumis à la taxe d'assainissement, l'eau se recyclant naturellement. Pour que l'étang naturel ne se transforme pas en « mare aux canards » il faut respecter quelques règles : une profondeur minimum, pas de traitements chimiques à proximité, une bonne circulation de l'eau pour limiter les algues et l'effet « eau stagnante »…
Pour ceux qui ne maîtrisent pas tous ces aspects techniques et biologiques, comme pour les baignades naturelles, il est préférable de faire appel à un paysagiste ou un bureau d'étude spécialisé (voir quelques adresses Internet ci-contre).
On le voit, que ce soit au niveau du traitement ou du chauffage de l'eau, de la construction ou de l'intégration paysagère, le responsable de camping dispose d'une assez large palette de solutions alternatives. Avec la satisfaction de contribuer au respect de l'environnement tout assurant des loisirs de qualité pour la plus grande satisfaction de sa clientèle.

BRÈVES
S'initier aux bassins naturels
Parmi les sites généralistes sur l'écologie, certains offrent d'excellentes informations pour comprendre ce qu'est un bassin de baignade naturel. Domsweb explique bien le fonctionnement, schémas à l'appui. Le site Pensifs.com fait un tour complet sur les techniques mises en œuvre. Enfin, on consultera avec intérêt des sites de passionnés comme Passionbassin.
www.domsweb.org/ecolo/piscine-bio.php
www.pensifs.com/techniques/eau-piscine-alternative.php
www.passionbassin.com

Systèmes de filtrage « écologiques »
De nouveaux systèmes de filtration à base de minéraux sont disponibles. Les spécialistes sont ceux du traitement des eaux usées mis à part deux solutions conçues pour les bassins naturels et distribuées en France par certains paysagistes : Bioteich (www.bioteich.fr) et Bionova (www.bionova.de).

Des paysagistes spécialisés
Le réseau Reference Nature regroupe des professionnels spécialisés dans les jardins aquatiques sur plusieurs régions. Leur site web donne de bons conseils, des photos et leurs contacts. Obio/Bioteich commercialise un procédé de piscine naturelle et fédère des paysagistes partenaires. Elodée (Avignon) est un bureau d'étude spécialisé avec de très belles réalisations.
www.referencenature.fr ; www.bioteich.fr ; www.bionova.fr

CE QU'ILS EN DISENT :
Nicolas de la Varde
Castel Les Eaux****
229 emplacements
St Pair sur Mer (50)
« Des économies grâce au traitement aux UV »
« Nous avons un grand parc aquatique couvert avec toboggans, pataugeoires et jeux. Nous utilisons un appareil de filtrage aux UV (Bio UV) qui stérilise l'eau mais ne remplace pas totalement le chlore. Pour une piscine de grande surface comme la notre, le budget est important (8000 euros), mais nous faisons des économies substantielles sur l'achat de chlore. Et nous pouvons offrir une eau de qualité à notre clientèle tout en respectant les exigences de la DDASS. »

 

P. Lorimy
L'OT (Motor Presse France)
Mai 2006

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Published by Pierre Lorimy dans L'OT mai 2006 - dans Environnement
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