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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:00

AVIS D'EXPERT

 

CONSEILS Pilule, stérilet, implant, patch… Quelle contraception choisir ? Martin Winkler n’est pas seulement l’auteur de fictions et de best-sellers (“La Maladie de Sachs”, c’était lui), c’est aussi un médecin à l’écoute de ses patients. “Choisir sa contraception” (1) est le titre de son dernier guide. Propos recueillis par Yann Barte

 

 

Révolution dans les méthodes ? Pas vraiment. Sont apparus cependant en 2001, l’implant (de plus en plus demandé) et en 2005, le patch et l’anneau vaginal. La nouveauté est surtout que la femme est plus libre de ses choix.

 

La méthode comportant le plus de contre-indications ? La pilule ou plus exactement les œstrogènes sous toutes leurs formes (pilule, patch ou anneau). Il s’agit du même produit administré sous des formes différentes, à travers la peau avec le patch (pour une contraception hebdomadaire) et à travers la paroi du vagin avec l’anneau (pour une contraception mensuelle). L’implant, placé sur l’avant-bras, ne comporte pas d’œstrogènes. Après 35 ans, une femme qui fume ne devrait pas adopter de méthode comportant des œstrogènes (risques de phlébite, d’embolie pulmonaire…).

 

Où se faire prescrire ? Chez un médecin généraliste, un gynécologue ou dans un centre de planification ou une association de planning familial. La prescription est obligatoire (à l’exception du préservatif).

Les méthodes hormonales Pilule, patch, anneau, implant, elles fonctionnent toutes de la même manière : les hormones prises par la femme font croire à son organisme qu’elle est déjà enceinte (une femme enceinte n’ovule pas). C’est pour cette raison qu’elle peut avoir des symptômes ressemblant à ceux d’une grossesse (nausées, seins qui gonflent, pas de règles).

Le stérile t Le stérilet au cuivre n’est pas une méthode hormonale (il existe aussi un stérilet hormonal). C’est une sorte de lettre T en plastique avec un fil de cuivre que l’on insère dans l’utérus. Le cuivre tue les spermatozoïdes.

Les femmes qui ne veulent pas prendre d’hormones choisissent souvent cette méthode qui ne change pas leur cycle. Le stérilet peut être conservé jusqu’à dix ans. C’est une excellente méthode. Beaucoup de rumeurs entourent le stérilet. Jusque dans les facs de médecine, on véhicule encore ce que l’on disait il y a trente ans ou plus. Redisons-le, le stérilet ne favorise pas les infections ni les grossesses extra-utérines. La médecine ne cesse d’évoluer, pas les médecins. Beaucoup ainsi refusent de poser des stérilets à des femmes n’ayant pas eu d’enfant. C’est une absurdité. Depuis dix à douze ans, j’en pose à des femmes de 16 ans.

 

La méthode la plus fiable ? Il y a moins d’échecs de stérilet que de pilule. Sur un an, vous avez 100 grossesses sur 1 000 utilisatrices de pilules et 8 de stérilet. Toute méthode nécessitant une intervention humaine est sujette aux erreurs de l’utilisatrice et aux effets secondaires. De plus, les labos commercialisent des pilules de moins en moins dosées. La pilule du lendemain est une très bonne méthode, absolument sans danger.

Quel coût ? Le patch et l’anneau coûtent 15 euros par mois non remboursés, l’implant 170 euros remboursés ; 8 marques de pilules sur 35 sont remboursées par la sécurité sociale, de même que le stérilet.

 

Préservatif masculin ou féminin ?

Une bonne méthode, à condition d’être utilisée tout le temps. C’est le problème. Il en existe sans Latex pour les personnes allergiques. Choisir la norme NF. Je conseille aux femmes qui ont plusieurs partenaires d’avoir la double protection (préservatif + stérilet, préservatif + pilule par exemple) pour éviter la conception et les infections sexuellement transmissibles. Plus cher, il existe aussi le préservatif féminin (en polyuréthane et non en Latex).

 

La pilule pour l’homme ? Ce n’est pas pour tout de suite. Les hommes fabriquent des spermatozoïdes en permanence et toute leur vie à partir de la puberté. Il existe des hormones qui modifient la spermatogenèse, mais ce sont des hormones féminines. Problème ! C’est beaucoup plus compliqué que de bloquer une ovulation.

Pour conclure Prendre la pilule est moins dangereux que d’être enceinte. C’est la pilule combinée (œstrogènes et progestatifs) qui comporte le plus de risques. Mais elle reste moins dangereuse qu’une grossesse. Sur 10 000 femmes enceintes, 6 mourront à cause d’une complication de la grossesse. Sur 10 000 femmes prenant la pilule, une décédera des complications de sa pilule.

 

(1)“Choisir sa contraception”, éd. Fleurus, 8,50 euros. Questions/réponses sur http://martinwinckler.Com

 

Yann Barte, Le Courrier de l'Atlas, février 2008

 

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Published by Yann Barte dans LE COURRIER DE L'ATLAS, février 2008 - dans Société
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