Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 18:23

Peu à l’aise avec les questions internationales, Marine Le Pen s’exprime a minima sur ces sujets. Il en est ainsi des révolutions arabes. La présidente ne cache cependant pas son soutien à El-Assad, comme hier, plus indirectement, à Kadhafi.

 

N’importe quel autre parti affichant les positions aberrantes du FN en matière diplomatique, se verrait immédiatement plonger. Il n’en est rien au FN. Ses partisans semblant peiner encore à voir en lui un parti de gouvernement, ces questions internationales jouent peu. Sans tambour ni trompette, le FN s’est pourtant fait le défenseur des dictateurs arabes, notamment libyen et syrien.


En octobre dernier, Jean-Marie Le Pen saluait les pro-Kadhafi. Interrogé sur son blog-vidéo hebdo, le président d’honneur du FN déclarait ainsi :"Je tire mon chapeau, je le dis carrément, aux combattants de Syrte qui résistent contre le monde entier ». Les soldats fidèles au dictateur déchu Mouammar Kadhafi opposaient alors une résistance tenace aux forces du nouveau régime en Libye, à Syrte.

En avril dernier, devant la presse étrangère, Marine Le Pen fustige l’ingérence de la diplomatie française en Libye. « Pourquoi la Libye et pas la Syrie, pourquoi ne pas être intervenus à Bahreïn ? J'en conclus qu'il y a les gentils dictateurs et les méchants dictateurs », ironise-t-elle, semblant reprendre le discours quelques semaines plus tôt, du journaliste pro-syrien et pro-Kadhafi, Michel Collon, dénonçant dans l’émission de télévision Ce soir ou jamais, à propos de l’intervention occidentale, les « bons et mauvais Arabes ».


De même, concernant la Syrie, Jean-Marie Le Pen semble emprunter à la rhétorique conspirationniste de Collon - avec qui ils partagent les mêmes sources, à l’extrême droite (notamment le site Infosyrie)- et sa critique des « médiamensonges ». Jean-Marie Le Pen dénonce ainsi "la technique mensongère de la propagande des médias français" qui ont minimisé la manifestation en soutien au régime de Bachar El-Assad, à Damas. Des médias "qui veulent de toute évidence le renversement de Bachar El-Assad et la subversion de la Syrie". "Je pense que le gouvernement syrien était légitimé dans sa lutte contre les bandes armées qui voulaient s'emparer du pouvoir avec l’appui des services spéciaux, secrets, de l’Occident dit démocratique (...) et je sais que c'est lui qui est le protecteur des chrétiens de toute cette région", affirme encore Le Pen. Ce dernier soutient donc le dictateur qui, dit-il sans rire,« a d'ailleurs fait toute une série de réformes qu'on lui demandait ».

 

Des liens multiples et anciens avec la Syrie

 

Pareillement, Marine Le Pen se fait l’écho de la propagande syrienne. Son proche conseiller en communication, Frédéric Chatillon, est aussi l’administrateur du site de soutien à El-Assad, Infosyrie.fr. Ami de fac (Assas) de la présidente, ancien leader du GUD (groupuscule étudiant d'extrême droite « musclée »), proche des dieudonnistes et soraliens, Chatillon est aussi un familier de l’ex-ministre de la Défense, ex-vice-président syrien, le général Mustafa Tlass, qui s’est illustré autant par ses écrits antisémites que par ses pendaisons en masse et ses massacres (Hama, 1982, plusieurs dizaines de milliers morts). Le blog Contresubversion ressuscite à ce sujet un article de 1998, du magazine REFLEXes, très documenté sur les liens anciens (1994) entre le conseiller FN et la Syrie. Dans le documentaire La face cachée du nouveau Front de Mathias Hillion et Karim Rissouli (diffusé sur Canal+ le 18 décembre denier), on pouvait encore voir Chatillon dans une manifestation pro El-Assad embrasser Ginette Skandrani, ancienne colistière de Dieudonné, exclue des Verts pour ses positions négationnistes.


Comme Frédéric Chatillon ou Louis Aliot, n°2 du FN - qui loue un « régime laïc » certes « dictatorial » mais permettant « un certain équilibre dans la région » -, Marine Le Pen soutient explicitement l’autocrate syrien. Elle dira ainsi : "Je félicite la sagesse de la Russie et de la Chine qui ont opposé un véto (...) à des sanctions en Syrie parce que je pense qu'il y a là aussi un effet domino des pays qui risqueraient de tomber les uns après les autres".

Marine Le Pen, qui ne cache pas son « admiration » pour Vladimir Poutine, prône d’ailleurs un étonnant partenariat privilégié avec la Russie, pour des raisons à la fois « civilisationnelles et géostratégiques ». Une diplomatie FN assez peu rassurante.

Yann Barte, dans Le Courrier de l’Atlas, janvier 2012.
(extrait d'un dossier sur Marine Le Pen)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann Barte, dans LE COURRIER DE L'ATLAS, janvier 2012 - dans Politique
commenter cet article

commentaires