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1 mai 2004 6 01 /05 /mai /2004 16:22

Imprimés toniques, couleurs sur-vitaminées… L’année 2004, plutôt mal amorcée, avait rondement besoin de remontants. Alors on remet ça, comme l’an passé ! Des couleurs à croquer et toujours plus de légèreté. La mini, après deux saisons, ne s’est toujours pas envolée. Un air de fête planera tout l’été.

 

Yallah, C'est reparti ! Une nouvelle saison et de nouvelles… répétitions. La mode bégaie quelque peu, à moins qu'elle ne traîne des pieds, rechignant à passer d'une saison à l'autre, déjà nostalgique. Terminées les grandes tendances saisonnières très tranchées ! Tout juste distingue-t-on une multiplicité de micro directions, presque autant que de créateurs. Décrypter les tendances par saison devient au mieux une incroyable gageure, au pire une énorme fumisterie. Gageons, et jouons le jeu encore une fois !

 

Tendance « librity »

Les matières sont fluides, les tissus, ajourés

Un vent de liberté souffle sur les collections printemps été. Le corps se libère et les dos se dénudent. Les ajourés, aérés, les transparences, les broderies moucharabieh (Kenzo) ouvrent toujours plus de fenêtres sur la peau. La souplesse des tissus est de mise. Tout doit être dans l'esprit « facile à vivre », léger et confortable, magnifiant l'énergie du sport et de la fête. De Kenzo à Vuitton, de Céline à Nina Ricci, les robes dans leurs excès de plis fluides, ressemblent à des sarongs ou des paréos. Le coton est partout, pur ou mélangé, s'inspirant même de la toile de parachute, fraîche et aérienne. Les textiles, les techniques, les structures toujours plus complexes ne laissent dévoiler que souplesse et décontraction. Un négligé ultra-sophistiqué en somme. Une impression de « non-fini » aussi quelquefois, de résultats faussement aléatoires. Finitions brutes, franges et bords effilochées sortent les lins et cotons des sentiers habituels. Le naturel revient au galop. Les matières ne cachent plus leurs origines, elles se dénudent. Le lin retrouve sa nature végétale et dévoile ses fibres, tandis que les soieries laissent deviner l'intelligence de leurs structures.

 

Tendance « flous »

Exhibez or et argent sans modération !

Le métal or ou argenté s'étale avec ostentation. Dior est d'or et d'argent : bikini lamé or, soutien gorge de python argent. Lanvin affiche aussi la tendance phare de la saison, clôturant sa présentation dans un manteau lamé or. Les tons vieil or et argent patiné se répondent chez Isabel Marant. Les chaussures Chez Céline ont des accents bollywoodiens. Sur les trottoirs défoncés de Casa, elles se transformeront sous vos pas en tapis rouge. Chanel flashe sur le matelassé gris métal, version Cosmos 99, tandis que Lagarfeld présente ses soutifs métal… forcément grand maintien. Tout passe au traitement or, même les accessoires, des chaussures Vuitton aux sacs à main python doré Kenzo. Et avec des vêtements accessoirisés aussi riches, on ne peut qu'espérer que le printemps sonnera la fin de la récession. On se remet à spéculer sur les nouveaux accords signés de libre échange…

 

Tendance « panaché »

Kiwi, pomme, orange…

Une vraie vitrine de « mehlaba » ! Les tons seront plus fruités et plus appétissants que jamais. Ananas, cerise, framboise, mandarine… Avez-vous testé le très indien panaché chromatique framboise-orange ? La pomme-framboise sera aussi tout à fait de saison. En matière de couleurs, on pourrait presque oser un copier coller de l'an passé. Il y en aura encore pour tous les goûts. Presque une règle imposée par les cahiers de tendances des bureaux de style, décidément peu audacieux ou résolument prisonniers de considérations marchandes. On retrouve les tons stabilos. Encore une fois on y va franco ! De Torrente à Ungarro, des roses fushia au jaune fluo. Car rien ne va plus, de Bagdad à Madrid. L'urgence est à l'optimisme. Les couleurs traduisent encore une fois le trouble planétaire. On veut voir la vie en rose, bonbon, fuchsia, framboise, pastel… et en vert prairie, pomme, anis, menthe ou tilleul. Galliano passe du rose bébé au fuchsia pétant, de l'innocence au clinquant. Christian Lacroix pour Emilio Pucci flashe sur les imprimés multicolores aux fausses allures de mangas. Comme chaque saison, le noir et blanc, indémodable, réapparaît. Chez Yves Saint Laurent bien sur, sans qui le noir… mais aussi Victor & Rolf, Torrente, très glamour, Chloé, dans un style bichromée rayé version « A bout de souffle ». Le noir est ultra sexy chez Paco Rabanne : des maillots de bain James Bond girls aux décolletés profondeurs marines à plonger presto. Le blanc est en total look chez Kenzo ou décorés de motifs floraux. Il revitalise les 60' chez Manoukian qui joue des oppositions graphiques. Les pastels, les poudrés, les tons sur ton, les couleurs chaire passent encore la saison, plus romantiques que jamais Chez Gaultier, Boss, Calvin Klein, Givenchy...

 

Tendance « choufouni »

Des paillettes, des strass et de la lumière

 

Ostentation et brillance. Attention les yeux ! Les étoffes captent la lumière. Les surfaces se laquent, les laines ultra fines se lustrent. Tous les créateurs ont mis en scène l'urgence de la fête. Des turquoises stridents, des roses phosphorescent et une passion subite pour Hollywood et ses stars. Tom Ford triomphe dans le genre pour Gucci avec ses robes araignées de strass. Pléiade de robes du soir criblées de strass Chez Dolce & Gabbana qui recompose aussi le vestiaire d'une star. Le maillot se fait glamour et sexy pour annoncer le soir. Les tailleurs sont entièrement pailletés chez Lanvin, or cuivré chez Dior, satin argenté chez Galliano. Le futur aura définitivement l'air brillant chez YSL avec ses variations sur le smoking classique version satinée, ses talons aiguilles en cristal clinquant et ses franges de perles brillantes sur des robes de soirées bleues. Chez Dior, on joue avec l'icône Dietrich et une touche « rocker chic ». Même New York qui a « joué la sécurité » encore cette année, s'inspire des années 20 et de sa haute société décadente : tissus satinés ou lamés, coupes en biais, broderies art déco et des allures garçonne à la Louise Brooks. Mais c'est Paris et Milan qui ont fait péter la lumière.

 

Tendance « chouia - bezeff »

Le mariage des extrêmes

 

Cette saison encore on marie les extrêmes. Une veste légère sur une jupe stricte chez Chanel ou un haut nuageux couronnant une jupe droite. On accorde encore le XXL et le XXS. Chez l'Allemand Lutz, un pantalon XXL contraste avec un blouson très resséré. C'est Jun Takahashi qui nous a offert l'exercice le plus amusant et intelligent de contrastes dans une collection présentée uniquement par des jumelles. L'une porte un T shirt, une robe à volant ou une veste déconstruite, tandis que son double affiche la version déformée du même modèle. On aime aussi les détails exagérés, comme les cols XXL de Viktor & Rolf. On marie tout, les pois et les rayures, le mat et le brillant, l'intime et le sportswear. La taille après avoir été basse, se porte haute et accentuée par des laçages, rubans, bandeaux et tous les accessoires détournés du corset. Le tout est de surprendre. Les couleurs ne doivent pas êtres attendues. La saharienne ne sera évidemment pas jaune sable mais rose ou verte et le trench qui s'affichera encore cette saison, en plein soleil aura toutes les longueurs et toutes les couleurs (Chanel, Dior, Vuitton, Undercover, Viktor & Rolf…). En toile, satin, sobre ou customisé, sa coupe à mi-chemin entre la veste et le manteau est revisitée par tous les couturiers. Par réaction au "mini", les longues silhouettes sirène s'invitent à la saison. Inutile d'attendre le grand soir, le long se porte avec légèreté sous le soleil de l'été. Les talons sont haut compensés ou minuscules comme chez Chanel.

 

Tendance « jelbana »

Tout en rondeur et en douceur

 

Jean Paul Gaultier applique des tâches de rousseur à tous ses mannequins, John Galliano les tatoue et Karl Lagerfeld les couvre de pois. Les pois seront partout, de préférence large, surtout pour une mini : si c'est pour n'en afficher que deux, pas la peine ! Gros pois noir années 60 chez Dior ou large avec des carreaux chez Westwood. Tout en rondeur et en douceur, ils congédient presque les rayures.

 

Tendance « haïk »

Des plis et des drapés

 

Les années 2000 n'en finissent pas de faire la synthèse de toutes les époques, piochant dans tous les siècles. En matière d'étoffes, les effets font allusion à l'Antiquité, modernisant le tout par des agrafes, des fronces ou des noeuds. Les robes noires rivalisent de drapés chez Lagarfeld, tandis que d'autres en mousseline marron glacé ou aux plis écrasés rappellent les années 20. Drapés devant également sur les jupes de Viktor & Rolf ! Issey Miyake s'amuse autour du corps de la femme, dans une collection seconde peau, rappelant des « pansements ». Sangles, zips, pinces, laçages montent et descendent des pieds à la tête ornant des tops noirs et arc-en-ciel.

 

Tendance « fil boustan »

Des fleurs et encore des fleurs

 

La saison est haute en motif et en contrastes. Un rameau de cerisier sur l'épaule d'un blouson, quelques fleurs enguirlandant une manche. Des roses, des hibiscus et toute la palette des fleurs de Tahiti (Cacharel, Céline, Chanel, Chloé, Ungarro…)

 

Yann Barte, Femmes du Maroc, mai 2004

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Published by Yann Barte, dans FEMMES DU MAROC, mai 2004 - dans Société
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