Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 avril 2003 2 01 /04 /avril /2003 00:10

Une fête psychédélique ! C’est la réponse à l’inquiétude planétaire. Face aux menaces de guerre, à la crise... la mode réagit toujours par une gaieté exubérante. C’est donc sur fond de bruits de bottes que 2003 verra une avalanche d’imprimés extravagants, une explosion de couleurs pop. La saison mêlera tout : le XXL à la mini, le chic au sportswear, le pastel au flachy.

 

FDM-avril-2003.gif« Sociologique ! » affirment les tendanceurs et historiens de la mode. Aux temps d'angoisse, les créateurs répondent par une « urgence de beauté » et de joie de vivre. Et quand le moral plonge, les jupes remontent. La mini fait son grand retour.

En savoir long sur la jupe courte

« Mini, mini, mini

Petit, petit, petit

Tout est mini dans notre vie

Mini-moke et mini-jupe

Mini-moche et lilliput... »

(Jacques Dutronc)

La guerre du pétrole aura-t-elle lieu ?

La mini va-t-elle descendre dans la rue ?

C'était les deux grandes questions cette année !

La mini ? Tout le monde l'avait vue sur les podiums et elle semble bien s'annoncer comme la pièce maîtresse de l'été prochain. Chic ou Branchée, en chaussettes, baskets, T-shirt ou collant chair et escarpins, en talons ou en Converse, en bottes ou en ballerines, la mini adoptera tous les styles et sera bien au rendez-vous. On la trouve même enfilée sur un pantalon (comme un ceinturon), basculée sur les hanches !

La saison sera légère : les jupes raccourcissent avec les jours qui rallongent, les décolletés, les talons aiguille et les compensés filent un joli vertige.

La mini inspire et pose question. Certains voient dans sa longueur un indicateur financier. Quand la bourse chute, la jupe... bon, pas très scientifique tout ça ! D'autres accusent plutôt un « jupe courte, idée courte » telle Jacqueline Courreges , l'épouse du grand créateur, pour qui ce retour du vêtement popularisé par Mary Quant dans les années 60 est « un aveu d'échec des créateurs ». Qu'importe, courte, mini ou micro, les jupes seront trapèze, classiques, écossaises, volantes, effilochées, cloutées, gonflées, bariolées, froncées, plissées, coulissées, zippées, sanglées, rayées...

Reste à apprendre les gestes indispensables : s'asseoir sur une chaise sans effrayer le PJD, monter un escalier ou remonter sa chaussette sans faire rougir ses voisins. La mini restera un best seller cet hiver. Conservez-la donc dans vos armoires ! Presque un bandeau ou une large ceinture, la mini mini fait 25 à 30 cm. Et comme le mini aime le maxi, la mini se portera sans complexe avec de l'extra large.

 

XXL et XXS : mariage sous X

 

Osez donc les extrêmes : une mini pour le bas, une chemise à manches chauve-souris ou les filets d'un long pull XXL en maille lurex pour le haut ! Imbrication coquine entre la lingerie et les T-shirt XXL, charmant mariage aussi entre la mini et le blouson qui revient, confortable et porté plus large que jamais.

La saison est libre et en contraste, extra large et tout en jambes : micro robes, mini jupes, mini shorts.

 

Quand la mode s'exprime, elle s'imprime !

 

Impossible d'échapper aux imprimés, ils seront partout. Ethniques, romantiques, nostalgiques, géométriques, calligraphiques... ils seront rayures, pois, pâquerettes, fleurs géantes ou perroquets flamboyants, dragons dorés ou cerisiers en fleurs.

Les mélanges sont de bon ton mais de préférence de même ton. Classez donc vos imprimés par couleurs plus que par motifs. Les « faux unis » sont les plus simples à combiner. Amusez-vous avec les pois, de préférence pas trop gros et sur fond sombre. Essayez le "tie and dye" (à réserver plutôt pour le haut) avec des étoiles, des fleurs...

On se permet tout cette année... ou presque : à moins de vouloir faire hurler d'horreur votre entourage évitez peut-être le figuratif (surtout sur les fesses) avec le géométrique. Pouah ! Jouez des contrastes, des asymétries... Aujourd'hui les imprimés sont plus que de simples décorations : ils participent au vêtement tout entier, créent de nouvelles lignes.

 

Rose bonbon, jaune néon

 

Milan, Paris, New York se sont lassés du noir. L'heure est au brillant, aux tons de fête, aux couleurs heureuses. Le rose bien sur, tous les roses : rose bonbon, lait fraise, beige rosé, rose vif... mais aussi le blanc, candide et pacifique, entre tamisés et luminescents. Le blanc des cotonnades romantiques, crémeux ou vintage, jaunis ou écrus. Les couleurs chair, les beiges poudrés, vanille, perle et les pastels sixtees : vert amande, framboise, parme, nuage, lilas...

Et puis les couleurs 70's, pétaradantes, comme échappées des comic strip ou d'une pochette d'un 45 tours pop. Partout c'est l'ultra couleur jusqu'à l'overdose. Des coloris forcés et agressifs, des fluos toxiques pour conjurer la grisaille.

Les couleurs ont aussi voyagées, venues de terres lointaines : rouge laqué chinois ou tons mandarine, orange, safran, paprika empruntés aux moines bouddhistes. Pour rassurer la planète, inquiète, l'Orient réchauffe la palette.

 

Vent d'est, vent du sud

 

Un vent d'orient a bien soufflé sur les collections printemps été 2003. L'Asie toujours. Chez Balmain , on revisite le kimono japonais, version satin, tandis que les robes cocktails saris défilent chez Valentino dans un décor inspiré de l'artiste indien Anish Kapoor.

Scherrer "enturbanne" les femmes tandis que le jeune Aymeric François les "enrubanne". L'Egypte et ses momies n'est pas loin. Hommage remarqué à la Chine pour Galliano chez Dior. Un pays à l'honneur. Les chinoiseries sont partout : dans les imprimés grosses pivoines de Dior, les blouses Cacharel, les pantacourts en coton de Kenzo Jungle.

 

Le chic tonique

 

Des peignoirs de boxe allongés comme un manteau, des robes dessinées comme des maillots de crawleuse, des gilets cycliste, des blousons courts, des pantalons resserrés... La saison pique aux sports, à tous les sports. On zippe tout. On ajoute des bandes rayées. On marie le blouson à capuche à la jupette. Et on emprunte même aux sports nautiques leurs matières techniques.

 

Le néoprène des combinaisons de plongée, très en vogue dans les années 97/98, émerge à nouveau. Max Mara, Sportmax, Luella Bartley, Versace... tous ont plongé dans la « techno couture ». Des tops aux motifs fonds marins (Balenciaga), des petites vestes zippées (Prada), des mini robes Bora Bora (Vuitton), des blousons à Camelia (Chanel)... Un style - rassurez-vous - plutôt « sport chic » qui ne sent ni l'effort, ni la transpiration. D'ailleurs qu'on aime ou pas, le jogging se portera le soir sur talon haut !

 

Militairement incorrect

 

Le treillis, qui ne cesse de jouer la sophistication, est la pièce forte de cette tendance militaire, souvent en satin, zippé, multipoché, sanglé et porté resserré en bas sur talons hauts.

En coton kaki chez Gap, en satin rose chez Prada Sport, En coton délavé bleu chez Ralph Lauren ou lamé or chez Dior... à vous de trouver le vôtre et le haut qui va avec, léger, féminin, romantique pour des combinaisons « douce violence ». Avec la dentelle et la lingerie, la rencontre est explosive.

 

Do you speak trench ?

 

Tout le monde parle trench. Court, long, brut, satiné, coloré... le trench est là, en technicolor pour Pucci, tout rose pour Bailly, à pois pour Louis Vuitton, métallique pour Tom Ford (la tendance métal déjà observée l'été passé avec les chaussures d'or et d'argent se confirme). Une nouveauté chez Hermès qui fera peut être des petits : le trench à manches et bavolets amovibles.

 

Vertige

 

Et puisqu'il est quasi impossible de faire l'inventaire de toutes les tendances de cette saison extrêmement riche, ajoutons dans un joyeux désordre : les noeuds rigolos, les kimonos, les tricots, le chair et noir en dessous, les talons en bambou, les volants partout, le style bijou, les grandes envolées de mousseline, tout ce qui vient Chine, le bon vieux Marcel accessoirisé de drapés, les soutifs seconde peau et les balconnets, les maillots sophistiqués hyperéchancrés, les chevilles lacées, les débardeurs superposés, les non repassés, les froncés, les satinés, les corsets, le vamp, les sweets amples, les pantalons cigarette, les rubans en fête, les dos nus, les pyjamas dans la rue, les jambières et les tons macarons, la soie et les combinaisons, la saharienne et les jambières, les capuches et la paysanne d'hier, les bleus de travail et les haut fleuris, les crêpes satin et la soie blanchie, les blousons de baseball et le jean's c'est promis.

 

Yann Barte, Femmes du Maroc, avril 2003

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann Barte, dans FEMMES DU MAROC, avril 2003 - dans Société
commenter cet article

commentaires