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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 23:53

RÉVOLUTIONS Si les situations tunisienne et égyptienne restent contrastées, un point commun demeure: le pessimisme. Les manifestations, l'insécurité perdurent et, à l'approche des élections prévues pour septembre-octobre dans les deux pays, les islamistes gagnent encore du terrain. A qui la faute ? 

  

Il y a des lendemains qui chantent et d'autres... qui déchantent. Après l'euphorie post-révolutionnaire, puis le doute, voici le temps de la désillusion. La Tunisie, qui avait donné le la, sombre la première dans l'incertitude et le désenchantement.

 

Les manifestations y restent incessantes, l'insécurité réapparaît et les démocrates, très divisés, semblent cumuler toutes les erreurs stratégiques face aux islamistes devenus omniprésents dans le débat politique. Après leur avoir concédé sans résistance l'article Ier de la Constitution assurant le caractère musulman de la Tunisie, ils se laissent à présent mener par une surenchère identitaire, voire conspirationniste et antioccidentale. Il vont même jusqu'à adopter dans le pacte républicain, base de la future Constitution tunisienne, le refus de toute normalisation avec "l'entité sioniste".

 

Les islamistes restent pour l'heure les maîtres du jeu et du débat politique. Un sondage récent crédite Ennahdha de 36,7% des sièges de l'Assemblée constituante. Autant dire que Rached Ghannouchi, pour qui l'objectif ultime des musulmans, disait-il début août sur la première chaîne égyptienne, est l'instauration du califat, dessinerait lui-même les contours de la prochaine république...

 

Plus de 40% des Tunisiens se disent cependant encore indécis. Presque un euphémisme concernant ces électeurs déboussolés face à l'existence déjà de plus d'une centaine de partis et à un camp républicain qui semble capituler préventivement.

 

Des islamistes confiants

 

En Egypte, les islamistes ont aussi le vent en poupe. Par centaines de milliers, ils investissaient fin juillet la place Tahrir, au Caire, dans une véritable démonstration de force. Les tensions entre islamistes et laïques gagnent du terrain et s'étendent aujourd'hui à d'autres grandes villes, comme Suez. Avec son Conseil militaire supervisant la transition, la situation égyptienne reste particulière. Si ce Conseil sort renforcé avec le procès de l'ex-président Hosni Moubarak, il inquiète aussi : procès militaires et condamnations à mort se multiplient. Le conseil demeure aussi très hétérogène, à tel point que chacun l'accuse de faire le jeu du camp adverse.

 

La Constitution sera-t-elle écrite avant ou après les élections ? Après, espèrent les islamistes, confiants en leur victoire et décidés à écrire leur propre Constitution. Le camp laïque, pour sa part, plaide pour l'inscription, avant les élections, de "principes constitutionnels directeurs", histoire de limiter les pots cassés... Mais personne ne semble vouloir remettre en cause la charia comme "source essentielle de la législation". Une révolution bien timide...

 

Yann Barte, Le Courrier de l'Atlas, septembre 2011.

 

 

Suite Interview de Hamadi Redissi

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Published by Yann Barte dans LE COURRIER DE L'ATLAS, septembre 2011 - dans Politique
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