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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 15:49

Laure est invitée samedi à Valenciennes pour parler de Numérique et Littérature Jeunesse. Elle y dévoilera notamment tous les projets innovants qui se lancent dans ce secteur en pleine ébullition. Tous les détails de cette conférence ici.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 23:54

Interview publiée sur Afrik.com

 

Dans un article daté du 5 octobre, intitulé "Les dérives du Courrier de l’Atlas", Afrik.com évoquait la polémique suscitée par un dossier publié dans le magazine Le Courrier de l’Atlas. Dans ces pages, le principal auteur, Yann Barte, s’était violemment attaqué au mouvement antiraciste français. Il s’explique dans Afrik.com. Interview.

 

 

Afrik.com : Dans le dossier paru dans le numéro d’octobre du Courrier de l’Atlas, pour lequel vous avez écrit la plupart des articles, vous établissez un bilan plus que négatif du mouvement antiraciste français. Sur quoi vous êtes-vous basé pour établir ce constat ? Des études universitaires, analyses sociologiques, enquêtes de terrain ?

 

Yann Barte : Un peu tout cela à la fois même si je dois inverser votre hiérarchie des sources. En effet, le journalisme de terrain privilégie l’enquête de terrain sans jamais renoncer à l’éclairage des études universitaires et scientifiques. En l’occurrence, j’ai pu profiter des travaux critiques de militants antiracistes qui diagnostiquent les dérives de leurs propres mouvements. Il est toujours douloureux lorsqu’on a participé à la création d’un groupe de le voir renoncer à ses principes fondateurs, notamment universalistes. Sans être exhaustif, je citerai Maurice Winnykamen, militant historique du Mrap, dans « Misère de l’antiracisme » et les écrits d’autres chercheurs qui, de Gwénaële Calvès à Jean-Luc Richard, ont dénoncé, à leur manière et chacun dans son domaine, « le retour de la race ». J’ai aussi utilisé des enquêtes antérieures que j’ai menées sur tous ces sujets et mon observation personnelle (depuis 15 ans) de l’évolution toujours plus « différentialiste » de la sphère associative antiraciste. Pour rappel, ce dossier n’avait pas d’autre objectif que de dresser un constat général. C’est à l’ensemble des associations de s’interroger sur l’efficacité même de leur combat antiraciste et la forme qu’il doit prendre. Aujourd’hui, ce combat tend à se retourner contre son objectif initial. Non parce qu’il adopte de plus en plus une forme plus virulente qui ne peut pas toujours se justifier par l’exaspération et la permanence des discriminations, mais parce qu’il devient « essentialiste », excluant, et que fidèle à ce phénomène de miroir que décrivait Pierre-André Taguieff, il a fini par répéter les travers mêmes du racisme.

 

Afrik.com : Vous avez délibérément choisi de ne pas interroger les associations que vous mettez en cause. Pourquoi ce choix ?

 

Yann Barte : C’est effectivement un choix journalistique. D’ailleurs, nombre d’associations citées ne font l’objet que de deux ou trois lignes. Dans d’autres articles, j’ai eu l’occasion de les solliciter. Auriez-vous d’autres informations délibérément judicieuses sur l’intimité de mes choix professionnels ?

 

Afrik.com : Discuter de l’évolution du mouvement antiraciste et de son efficacité, c’est un fait, l’accuser de dérives extrémistes, de favoriser le repli communautaire, pis de mettre en péril le modèle universaliste français, alors que c’est la base sur laquelle toutes ces associations militent, ne pensez-vous avoir été caricatural, trop loin, pour provoquer, créer un buzz ?

 

Yann Barte : Je vous remercie de faire les questions et les réponses... Mais permettez-moi de douter de la base universaliste – comme vous dites - de mouvements tels que les Indigènes de la république qui font sans vergogne la promotion du Hezbollah et mettent sur le même plan Guy Moquet et Hassan Nasrallah. De quel côté est la caricature ? Et si vous pensez sérieusement qu’il s’agit d’un buzz, je ne vous remercie pas d’y avoir participé...

 

Afrik.com : Le droit à la différence n’est-il pas également un principe républicain ?

 

Yann Barte : L’égalité est un droit naturel. Le droit à la différence, s’il doit mener à une différence de droits, est une négation de cette égalité. Je n’ai évidemment rien contre le droit à la différence. Par contre, sa mauvaise gestion peut poser de réels problèmes. Autant je peux être heureux de vivre dans une société multiculturelle (c’est de toute façon une réalité), autant je peux rejeter cette forme de gestion particulière qu’est le multiculturalisme. De même, je peux être favorable à ce concept un peu flou de droit à la différence et refuser le principe de la discrimination positive.

 

Afrik.com : Vous consacrez une double page à Rokhaya Diallo, vous n’êtes pas très tendre à son égard. Vous allez jusqu’à citer des extraits de son livre, mis bout à bout, en dehors de leur contexte, pour laisser entendre qu’au pire elle serait, antisémite, au mieux elle dédramatiserait l’horreur de la Shoah. Pourquoi ne pas l’avoir interviewé pour la mettre face à ses contradictions, puisque contradiction il y a selon vous ?

 

Yann Barte : Quelle est la question ? En vous faisant l’avocate de Madame Diallo, j’ai bien peur que vous n’aggraviez son cas. J’ignore ce que vous pensez réellement d’elle. Mais en ce qui me concerne, je pense qu’on ne peut l’accuser d’aucun racisme. Même si dans son livre, elle semble exprimer une approche différenciée face au racisme. Je vous laisse la responsabilité de dire qu’il est moins grave de dédramatiser la Shoah que de tenir des propos antisémites. De mon côté, j’ai tendance à lier les deux, plus qu’à hiérarchiser. _ Mais en aucun cas, je n’ai accusé Madame Diallo de l’une ou l’autre chose. Je vous renvoie au texte et vous invite même à le mettre en lien. J’ai expliqué plus haut ce choix. Madame Diallo s’exprime partout et sur tout. Elle a aussi consigné par écrit ses idées sur l’antiracisme dans son livre, j’estime que c’est suffisant pour me faire une idée. Après tout, on peut très bien décrypter le programme d’Europe Ecologie les verts ou du FN sans interroger nécessairement Eva Joly ou Marine Le Pen. Mais si je veux bien voir chez elle et son association quelques contradictions (à sa décharge, je dirais que l’association, jeune, se cherche encore), son positionnement différentialiste, lui, s’affirme dans le discours sans l’ombre d’une contradiction.

 

Afrik.com : Quand celle-ci, réagissant à votre article, indique ne jamais avoir été attaquée par un média, si ce n’est la presse d’extrême droite et qu’elle s’étonne que cela vienne d’un magazine communautaire, vous répondez quoi ?

 

Yann Barte : Je réponds trois choses. D’abord que c’est faux. Sinon Madame Diallo ne consacrerait pas sur son blog un article entier à Alain Léauthier, journaliste à Marianne. Et je ne parle pas non plus de ces sites de la gauche antiraciste qui épinglent le mouvement, et d’où j’ai repris l’expression « version bisounours des Indigènes de la République » à propos des Indivisibles. Ensuite, je vois en effet un intérêt certain pour elle à dénoncer, dans une posture victimaire outrancière et de mauvaise foi, toute critique à son égard comme émanant de l’extrême droite ou d’une droite « zemmourifiée ». Enfin, concernant l’étonnement dont vous parlez, il y a quelque chose de très choquant à penser qu’un mensuel aux thématique Maghreb comme le nôtre soit interdit d’exercer son esprit critique au nom d’une solidarité mécanique ou ethnique... Mais c’est un étonnement tout à fait cohérent avec sa façon de penser.

Afrik.com : N’y a-t-il pas justement là un paradoxe : vous reprochez à d’autres leur communautarisme alors que vous-même, magazine focalisé sur les MRE , l’êtes par définition ?

 

Yann Barte : Alors vous avez un sacré problème de définition. Une confusion d’autant plus inquiétante que vous travaillez également pour un site communautaire. Là encore, je vous laisse la responsabilité de dire qu’Afrik.com est un site communautariste. En ce qui me concerne, je fais encore la différence entre les deux mots. Non, tous les médias et associations communautaires ne versent pas nécessairement dans le communautarisme...

 

Afrik.com : Le thème de ce dossier, vous l’avez proposé ou c’est votre rédaction qui vous a demandé de le traiter ?

 

Yann Barte : Quelle différence ? J’assume la responsabilité totale de mes écrits.

 

Afrik.com : Quelles sont les financements du Courrier de l’Atlas ?

 

Yann Barte : Quel rapport avec le sujet ?

 

Afrik.com : D’aucuns voient dans ce dossier mais également dans des précédents traitant l’actualité marocaine, plus largement les révoltes arabes, l’influence du gouvernement marocain. Quelles sont les liens entre le Courrier et l’Etat marocain ?

 

Yann Barte : Je ne vois pas à quel dossier vous faîtes allusion concernant les révoltes arabes. Mais concernant mes reportages - notamment en Tunisie -, je n’ai demandé l’avis de personne pour les écrire. Pour cette partie de mon interrogatoire ou l’audit politique et financier du journal, je vous conseille de trouver un interlocuteur plus avisé.

 

Afrik.com : Quel est l’intérêt de publier un tel dossier à quelques mois de la présidentielle alors que ces mêmes associations que vous accusez, craignent qu’au cours de la campagne on assiste à de nouveaux « dérapages » racistes ?

 

Yann Barte : Là encore : quel rapport entre cette crainte des associations et notre dossier proprement dit ? Et qu’aurions-nous dû faire : un dossier sur les huiles essentielles sous prétexte que la Marianne est en campagne permanente ?

 

Afrik.com : Comment les lecteurs du Courrier ont réagi à ce dossier ?

 

Yann Barte : Si vous parlez de nos lecteurs, leurs réactions ont été très positives. Beaucoup ont loué la justesse et le courage du dossier. Les réactions extérieures quant à elles, notamment sur les réseaux sociaux et dans la presse communautaire, ont été plus contrastées et souvent virulentes. Sans que jamais je n’y puisse lire le moindre contre-argument. A l’instar de vos questions qui n’ont pas concerné le fond de notre dossier. Et croyez-moi, je le déplore sincèrement.

 

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 00:00

PORTRAIT FAçON "LIBE" :
GABRIELLE TULOUP. Cette jeune prof de français, 26 ans, représente la France à la Coupe du Monde de Slam 2011 qui a lieu à Paris fin mai début juin. Performance en perspective.

 

Gab-.jpgDu 31 mai au 4 juin prochain, sur plusieurs scènes improvisées* dans l’« East village » du XXème à Paris, Gabrielle Tuloup brandira le micro tricolore pour défendre les couleurs hexagonale d’un slam toujours bien vivant. 

Gabrielle se prépare depuis plusieurs semaines, pas vraiment comme une championne de la césure, plutôt comme elle peut, entre deux copies à corriger et un tour de chauffe au bar-cabaret bellevillois Culture Rapide. Les règles de cette Coupe du Monde dont l’emblème 2011 est une plume rouge sang dans un poing serré sont pourtant strictes, immuables depuis leur création il y a 30 ans à Chicago : 3 minutes maxi par compétiteur (individuel ou en équipe), un micro pour seul décor, ni musique ni paillettes, un jury issu de la salle, dire ses propres textes, différents à chaque round… On est loin de la Poète Academy ou de l’Eurovision. Gabrielle se mesurera aux 15 autres performeurs venus d’ailleurs, les David (Angleterre), Roberta (Brésil), Chris (Canada), Mathias (Danemark), Yukka (Finlande), Rudy (Etats-Unis)…  eux-mêmes champions de slam dans leur pays.

Gabrielle ne sort pas de la cuisse à Baudelaire, ni de la guitare de Johnny. Lauréate 2010 du Grand Slam National en individuel, l’équivalent du Championnat de France, elle a fait ses preuves sur le circuit depuis sept ans qu’elle pratique, à Rennes sa ville d’ado puis à Paname. Elle a ses chances. A chacune de ses prestations scéniques, comme au patinage artistique, les juges brandissent leur note, et c’est la moisson assurée de neuf et de dix pour Gab’.  

Un faux air de Camille, la chanteuse, en moins délurée, quoique… sous son allure de jeune femme sage, on sent couler une vraie intensité, derrière certains de ses textes comme Bleu Bleu. Extrait : « A l’ombre des boulevards d’autres font de la couture, On dessine au rasoir, sourire de l’ange pur, Les pupilles dans le noir savent le bleu azur, Am-stram-drames, l’aiguille et la brûlure, Pique et pique les grammes, Comm’ des points de suture, elle est toujours bleue bleue la veine sous la piqûre. »

Ou dans cette autre envolée, intitulée « Elle habite un lit, juste au dessus de la mer », où elle parle du handicap, de la dépendance, quand « chaque jour la paralysie coule, coule dans les artères, dedans ses articulations, ça fait comme des nœuds marins, des vrais de vrais, des pas bidon, qui gardent au port, ça c’est certain. » A la chute du dernier vers, on comprend qu’il s’agit de sa mère.

Son truc à Gabrielle c’est mêler des textes forts, parfois très personnels, toujours imagés et bien ciselés, à une façon de les dire, musicale, à la fois douce et énergique, avec des points de suspension et des coups d’accélération. Lyrique, la belle prend bien la lumière. Ses bras ponctuent ses vers telle une Shiva élégiaque. « Ce qui me plait justement avec le slam c’est que ce n’est pas juste de la poésie, il y a la performance aussi », confie-t-elle. En France, on a tendance à être un peu statique derrière notre micro, marqué sans doute par la grande poésie romantique du XIXème, à écouter le soir au coin du feu. Quand on regarde les autres Coupes dans le monde, les poètes sont beaucoup plus dans le mouvement, ils bougent, ils ont énormément de présence. J’essaye aujourd’hui d’être plus théatrale, ce que je ne faisais pas au début où j’étais concentrée sur le texte. C’est mon côté littéraire. » Promis, ses nouveaux textes pour la Coupe donneront plus dans la performance.

Pas farouche pour avoir le cran de monter sur la « scène » d’un bar de nuit, saisir le micro et lancer son flow, elle ne se la joue pas pour autant, reste accessible. C’est son côté double, petit chaperon au nom de tueur de démons. D’ailleurs un de ses slams gagnants en 2009 Disney remasterisé revisitait les contes pour enfants en version X, devant un public hilare. « Gabrielle est une poétesse romantico-réaliste de comptoir, lance Pilote Le Hot, slam-animateur de ce Mondial de la rime pour la FFDSP*, qui l’a connait depuis 7 ans. Elle est simple, humble, sympathique, authentique et gentille. C'est ça qui pourrait toucher le public et lui faire obtenir de bons scores. » Car dans ce type de tournoi, on ne triche pas avec le public.

Pour l’instant, elle évite les écueils médiatiques et les étiquettes qu’on s’apprête à lui coller. Elle n’a pas la notoriété d’un Grand Corps Malade ou d’un Abd al Malik. Sa page FaceBook est en accès limité. Juste quatre cinq vidéos filtrent sur le Net. Ni intello-chic, ni gouailleuse parisienne, pas plus poétesse de salon que chienne de garde, Gabrielle navigue libre, fidèle à elle-même et à sa bonne étoile.

Comme le slam ne nourrit pas sa femme, elle est devenue prof à la rentrée dernière, de français, dans un collège classé ZEP-Prévention Violence, dans le neuf quatre. Conforme à l’image du slam. Dans un collège de Passy, ça aurait eu plus de mal à passer. « Avec mes élèves, je suis sur scène tous les jours, et c’est un public super exigeant et en même temps formidable ». Elle anime avec eux un atelier, car le slam c’est fait pour partager, pour libérer l’oiseau-lyre de ses cages de papier. Certains de ses « gamins » vont même participer à la compétition catégorie Interscolaire. Une autre belle aventure. « Quand j’ai proposé du slam

comme atelier pédagogique, au début les filles n’avaient pas envie d’y participer, disant qu’elles n’avaient rien à dire, qu’elles n’étaient pas « en colère ». Les garçons étaient plus motivés. Si le slam est influencé par le hip hop, il a beaucoup perdu de son agressivité, par rapport au rap par exemple. Cela dit, les femmes qui font du slam ont du caractère! »

Justement, que dit-elle des récentes critiques de Hamé et Ekoué, rappeurs de La Rumeur, lors de la conférence de presse de leur téléfilm De l’encre (bientôt diffusé sur Canal+), disant que le slam aujourd’hui, c’est « le volet fréquentable de la musique urbaine », « ça ne dit rien, c’est de la musique d’ascenseur » ? « L’assimilation avec le rap est fausse. Le slam est par nature engagé, quand on se lève du public pour aller livrer ce qu’on a dans le cœur. Il est subversif dans l’acte plus que dans son contenu. » A ceux qui lui reprocheraient la joliesse de ses textes de jeunesse, elle leur balance son « bar PMU » et ses vers bien frappés au comptoir des désillusions bues.

Cette Coupe du Monde 2011 s’annonce comme un beau millésime. Gabrielle lui apporte sa fraicheur et son authenticité. Pas de textes publiés dans des revues littéraires, pas de recueil, pas de blog « ma vie, mon œuvre, mon art », pas plus de poses en prose... la poésie de Gabrielle se vit sur scène, dans le respect de l’esprit communautaire propre à la discipline. Comme un peintre qui préfère le street art aux galeries vernissées.

A l’heure où la chanson française à texte s’étiole, où quelques rares rappeurs osent encore bousculer la langue, belle endormie, les vrais slameurs et slameuses comme Gabrielle, adeptes du hors-pistes, rappellent à qui veut l’entendre que la poésie vivante se niche partout où elle peut. Sans renier pour autant les grandes filiations. « Quand j’étais petite, mon père, le soir, au lieu de me raconter des contes et des histoires, me chantait des chansons de Brel, Ferré, Brassens… Ca m’a sans doute nourri. Ensuite j’ai découvert Barbara. » Elle se sent aujourd’hui proche des univers de Mano Solo et Loick Lantoine, qu’elle admire.

Classieuse, jamais pleureuse la poésie de Gabrielle. Et surtout généreuse. Fin de l’interview, elle vous offre sa dernière bafouille écrite sur un genou dans le RER, inspiré de son vécu de prof de français. « Ya Molière dans la bouche du gitan, ya Hugo qui s’vénère pour sauver Jean Valjean, c’est le bagnard grand frère qui est en taule pour 20 ans… » (extrait). Alors, si vous voyez un joli minois en train de griffonner sur une copie double, souhaitez-lui bonne chance.

 

*liste des scènes sur www.ffdsp.com/grandslam2011/index.html

 

 

En 5 dates

1985  -  Naissance à Paris

2000-2005  -  Adolescence à St Malo puis à Rennes. Premières scènes

2009  -  Premiers tournois parisiens

2010  -  Gagne le Grand Slam National, à Bobigny

2011  -  Représente la France à la Coupe du Monde de Slam, et retente le Grand Slam National  

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 14:03

bakou.jpg

Cécile est partie avec la photographe Barbara Laborde en Azerbaïdjan pour une série de reportages sur ce pays en pleine évolution. Elle qui avait déjà passé un mois à Bakou en 2003, a pu rapidement constater le boulersement des pétrodollars : Bakou commence à ressembler à Dubaï. Enfin, en surface.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:59

« La lapidation a un but dissuasif », nous dit Hani Ramadan dans le quotidien suisse le Matin. Heureusement qu’on a encore des sages pour faire un peu de pédagogie. On ne va quand même pas aller contre la loi divine, s’insurge le directeur du Centre islamique de Genève, qui cite Malek Chebel dans le texte lors d’une émission surréaliste de la Télévision suisse romande.

Preuve que le problème n’est pas la « loi divine », Coran ou Sunna, mais bien la construction d’un islam ahistorique, décontextualisé, dans lequel l’un et l’autre, barbu et progressiste, piochent, comme dans un supermarché, ce qui sert leur business.

Comme Frère Tariq, qui prêchait encore en pleine repression sur une chaîne proche du régime iranien, Dieudonné faisait son numéro sur cette même Press-TV.

En avril, il mendiait encore des sous à Ahmadinejad, promettant pour les prochaines élections, de faire mieux que ses ridicules 1,3% obtenus en Ile de France.

Alors, pour donner encore des gages aux mollahs (d’une pierre deux coups), il vient de condamner à mort Sakineh. « Des preuves irréfutables l’accusent », affirme-t-il. L’ambassade de France l’avait empêché de « sauver » Clotilde Reiss, il aidera Sakineh à coups de pierres.

Une petite pensée aussi pour l’Arabie saoudite, qui semble moins gêner nos démocraties, et pour notre inamovible Woerth, qui dit subir une « lapidation médiatique » contre son auguste personne. Soyons rassurés, la peine de Sakineh pourrait être commuée en pendaison. C’est pas méchant une pendaison ! On en compte officiellement une par jour en moyenne en Iran.

C’est ce qui attend aussi le jeune gay iranien Ebrahim Hamidi, 18 ans. Et c’est pas le pape qui va broncher, lui qui s’était formellement opposé au texte de Rama Yade sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

Comme Ahmadinejad, Benoît XVI vient de flirter à nouveau avec le négationnisme. Le nazisme n’est rien de plus pour lui que le résultat d’un extrémisme athée. Pour écouter ce genre de c…, le contribuable anglais, malgré les shows désormais payants du Saint Père, devra débourser 12 millions d’euros. Ca les vaut peut-être…

 

Yann Barte, Le Courrier de l'Atlas, octobre 2010

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 22:15

Thème majeur de la campagne présidentielle, l'identité nationale revient. Laïcité, égalité républicaine, modèle social… En deux ans et demi, tout aura été remis en question au point que la majorité elle-même ne sache plus trop définir ces notions. Reste alors à exhiber des symboles et une menace venue de l'extérieur.

 

Courrier-de-l-Atlas---dec-2009.jpg« Identité cassoulet ». La banderole qui flottait en guise de comité d'accueil pour Eric Besson à Sciences-Po résume le débat confusionniste lancé par le ministre. Sous les huées et au chant de « la Marseillaise », le ministre de l'immigration et de l'identité nationale s'est vu opposer les contradictions d'un gouvernement qui démantèle jour après jour les principes mêmes qui fondent l'identité française et du vivre ensemble.

La même semaine et au mépris des principes humanistes de la France, des Afghans étaient renvoyés dans leur pays. Eric Besson, grand démolisseur de l'identité nationale ? « A force d'abandon, nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions » reconnaît Nicolas Sarkozy le 12 novembre, lors d'un discours à la Chapelle en Vercors.

 

Vigilance républicaine à gauche

 

Mais qui abandonne quoi ? Qui se détourne des principes républicains ? Pas les Français, qui, dans un récent sondage CSA/Le Parisien plaçait à 64% la République et à 61% la laïcité parmi les éléments constitutifs de l'identité française les plus importants.

 

La gauche, dit-on, aurait peur de ce débat. L'identité nationale serait un gros mot et elle crierait de façon pavlovienne au fascisme. Mais n'est-ce pas elle qui, la première, a initié ce débat face à l'entreprise de démolition méthodique du modèle français ? Car ces mouvements de réappropriation citoyenne de la politique, rassemblés autour d'associations, de collectifs d'intellectuels et chercheurs, comme l'Autre campagne en 2007, étaient une façon de lancer un débat, de tirer la sonnette d'alarme et d'interroger notre identité.

 

C'était aussi le sens de la pétition lancée en 2007 par des historiens dans Libération contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, celle de l'appel laïque lancé par la Ligue de l'enseignement ou encore l'appel « Vigilance républicaine », de l'hebdomadaire Marianne, auquel s'est même joint une droite exaspérée et soucieuse de réaffirmer son attachement aux principes républicains, à une laïcité vivante, à l'indépendance de la presse, de la politique étrangère… sans compter le foisonnement d'essais politiques sur les dangers de ce modèle post-républicain. Il existe encore une gauche, non rongée par le relativisme culturel, pour qui les valeurs communes, ne conduisent pas forcément à l'éradication des identités et au nationalisme.

 

Différentialisme anglo-saxon

 

Mais que propose Eric Besson en guise de débat participatif ? Un site-forum censuré (plus encore que le site clone du FN), des symboles (« Marseillaise » et drapeau en tête) plutôt que des valeurs. Pour finir, le ministère brandit une menace venue des étrangers qui résiderait plus dans les origines que dans les actes. On est loin du débat de fond serein…

C'est bien avec le modèle républicain que Nicolas Sarkozy est en « rupture », pour reprendre le leïtmotiv de sa campagne. Il se décrivait lui-mêem comme étranger dans son propre pays. Il se flattait aussi de son surnom de « Sarkozy l'Américain » qu'il ne devait pas seulement à son atlantisme en politique étrangère, mais aussi à la fascination qu'exerce sur lui l'approche essentialiste et différentialiste anglo-saxonne, en rupture avec le modèle français.

Faut-il pour autant voir dans ces penchants des convictions affirmées ? Sarkozy n'appartient à aucune école en particulier, si ce n'est, dirait-il, celle du pragmatisme. Ses détracteurs préfèrent parler d'absence de convictions réelles et d'opportunisme. C'est un fait que cette première partie du mandat a surtout été marquée par des atermoiements multiples, des reculades : « toilettage » ou non de la loi de 1905, mise en place ou abandon de la discrimination positive ou des tests ADN… Une politique d' apprenti sorcier dénoncent certains.

 

Les premières attaques ont concerné la laïcité. La référence au christianisme comme source fondamentale affirmée de l'identité française constitue un vrai virage. Jusque-là les responsables politiques avaient toujours eu le souci de distinguer l'identité politique et citoyenne de l'identité culturelle. La culture française elle-même, avec ses apports celtes, gréco-romains, ceux des Lumières et de la modernité, ne peut se réduire à la religion.

 

Nicolas Sarkozy n'hésite pas à opposer les valeurs religieuses aux valeurs républicaines : « La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain » écrit-il dans La religion, la République, l'espérance (Cerf, 2004). Il n'hésite pas non plus à affirmer que « l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». Il renoncera cependant à supprimer la loi de 1905, comme il se proposait de le faire derrière l'euphémisme de « toilettage ». Le message est enregistré. Les municipalités de gauche comme de droite passent outre le non-financement public des cultes au nom de l'égalité entre les religions. L'école publique essuie les plâtres au profit du privé, essentiellement catholique. Le mois dernier encore, le Conseil constitutionnel validait la loi Carle, obligeant les communes à subventionner les élèves inscrits en école privée.

 

La diversité contre l'égalité

 

L'égalité de droit pourrait bien peu à peu également passer à la trappe. Au lendemain même de la remise du rapport de Simone Veil sur la diversité, Nicolas Sarkozy en prenait le contre-pied. Avant même que l'on ait pris connaissance dudit rapport, véritable réquisitoire contre le multiculturalisme, la discrimination positive et les statistiques ethniques, le président annonçait ses mesures et nommait Yazid Sabeg au poste de commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances.

 

Alors débattre sur quoi ? L'égalité républicaine est déjà ringardisée : « La nostalgie du creuset républicain n'est en aucun cas opérationnelle » et « le phénomène communautaire est inévitable dans une société globalisée » déclarait la ministre Roselyne Bachelot. C'est d'ailleurs aux mouvements les plus communautaristes que l'on confie des missions ministérielles. Ainsi Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), et son conseiller scientifique Michel Wieviorka, se voient confiés une mission de lutte contre le racisme et le communautarisme. Une attribution aussi cocasse que celle de Tariq Ramadan comme conseiller sur l'islamisme auprès de Tony Blair.

 

Réaffirmer le modèle social

 

Faudra-t-il alors changer la Constitution et son article premier, qui interdit les distinctions d'origine, de race, de sexe ou de religion ? Il faudra sans doute aussi y gommer les références à la Déclaration des droits de l'homme. Non pas seulement que la promesse faite à l'automne 2007 par Sarkozy, dans son discours aux ambassadeurs, de défense des droits de l'homme comme priorité de l'action diplomatique de la France, n'ait pas été tenue, mais parce que le gouvernement s'est résolument détourné de la philosophie de droit naturel issue des lumières.

Diplomatie du carnet de chèque, recul du droit d'asile, course au chiffre des expulsions, silence sur le Tibet, tapis rouge pour Kadhafi et félicitations de Poutine… Les Droits de l'homme semblent loin d'être prioritaires.

 

« Ce qui a le plus fragilisé l'identité nationale, c'est le discours des déclinologues depuis le début du siècle, affirmant qu'on avait tout faux, qu'il fallait que la France s'adapte et devienne un peu anglo-américaine. C'est ce que nous disait Sarkozy au début de sa campagne : il fallait rompre avec le modèle social français », disait récemment le politologue britannique Jacques Reland dans une interview à Libération. Et le chercheur de rappeler aussi un sondage proposant quatre piliers de l'identité française : sa langue, son héritage historique et culturel, la laïcité et… la Sécurité sociale. La crise aura réaffirmé la valeur du système social.

 

Ce débat, bien que mal parti, est peut être l'occasion de ne pas considérer les remises en cause comme définitives. L'identité française est à l'opposé de l'identité nationale du ministère du même nom, frileuse et fermée. Elle a cette particularité de se confondre avec l'idéal universaliste. Il est donc moins question pour l'immigré visé d'adopter la posture de victime à qui on impose de se fondre dans un moule que de rappeler aux dirigeants les fondements oubliés de la laïcité et de la République.

 

Yann Barte, Le Courrier de l'Atlas, décembre 2009

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 23:56

Sine-dans-Le-Courrier-de-l-Atlas-copie-1.JPGC’est la fin du feuilleton médiatique de l’été. Un mauvais Siné-ma qui a fini par lasser. Les deux procès successifs de Lyon et Paris autour du dessinateur n’auront en effet pas suscité la passion que l’affaire avait réveillée en juillet dernier.

 

Alors, antisémite Siné ? Après le show faurissonien de l’ex-comique Dieudonné, la tentative de réintégration par Benoît XVI, plus schismatique que jamais, d’un intégriste négationniste, les gesticulations de Kemi Séba et quelques dérapages des manifs pro-Gaza de janvier dernier, les paroles de Siné, c’est presque du pipi de chat ! Les faits : dans une chronique de Charlie Hebdo, Siné s’attaquait à la vie privée de Jean Sarkozy, reprenant le vieux poncif antisémite liant juif avec argent et réussite sociale (1). Il y avait assurément aussi matière à une plainte pour diffamation. C’est la seule plainte pour incitation à la haine raciale qui a été retenue.

 

Zéro partout

 

Premier round judiciaire : au tribunal correctionnel de Paris, le 20 janvier 2009. Siné avait porté plainte contre le journaliste Claude Askolovitch qui dénonçait sur RTL les écrits « antisémites » du dessinateur. La relaxe est demandée pour le journaliste.

Round 2 : au tribunal de Lyon, les 27 et 28 janvier, la plainte portée par la Licra contre Siné pour « incitation à la haine raciale ». La relaxe est demandée cette fois pour le caricaturiste. Le 24 février et le 3 mars, deux jugements contradictoires sont rendus par deux relaxes. Alors, un zéro partout ?

La plainte portée à l’encontre de Siné concernait curieusement une autre chronique touchant cette fois les femmes voilées : « Les musulmans m’insupportent et [que,] plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul ! J’ai toujours détesté les grenouilles de bénitier catholiques vêtues de noir, je ne vois donc pas pourquoi je supporterai mieux ces patates à la silhouette affligeante et véritables épouvantails contre la séduction! » écrivait Siné.

Mais quel rapport ? Soucieuse d’afficher un antiracisme tout terrain et percevant sans doute, derrière les soutiens de Siné, une certaine revanche de l’affaire des caricatures, la Licra avait cru bon de joindre ce second texte, ajoutant à la confusion générale. Les soutiens deviennent ainsi paradoxaux. Une association de Femmes musulmanes dénonce la manœuvre et soutient celui qu’elle considère pourtant comme « islamophobe », par détestation encore plus grande de Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, qui avait sommé Siné de s’expliquer ou de quitter la rédaction. Ce n’était pas une première pour Val. Le directeur du journal avait demandé quelques années plus tôt à Robert Misrahi de quitter l’hebdo, suite à son soutien à Oriana Fallaci qui écrivait entre autre : « Les fils d'Allah se multiplient comme des rats ». Etait-on vraiment si loin des propos de Siné qui avait dit un jour qu’il fallait “euthanasier les juifs” pour “les empêcher de se reproduire entre eux”?

Siné se dit volontiers anarchiste. Mais en quoi le serait-il ? Préférer une « musulmane en tchador » à une « femme juive rasée », est-ce encore de l’anticléricalisme, s’interroge Philippe Val dans Reviens Voltaire, ils sont devenus fous ? L’anticlérialisme de l’anarchisme politique a sans doute bien peu à voir avec cette bêtise antireligieuse qui flirte ici avec le racisme. Siné évoque l’anarchisme, un peu comme Dieudonné cite Aimé Césaire.

Comme beaucoup de gens qui sous l’effet ou non du gros rouge, et au nom de l’antisionisme peuvent lancer des propos toujours plus limites, Siné se pense probablement sincèrement antiraciste. Ses propos seraient-ils alors seulement ceux d’un vieux beauf ? En 1982, quelques jours après l’attentat de la rue des Rosiers, le dessinateur lançait sur les ondes de Carbone 14 : « Je suis antisémite depuis qu’Israël bombarde. Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées devant tous les murs (…). On en a plein le cul. Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro-palestinien. Qu’ils meurent ! » Siné avait alors obtenu le retrait de la plainte de la Licra.

 

L’histoire du camembert qui dit au munster…

 

Certes, Siné n’est pas Dieudonné. Même si, certains s’en souviennent, il l’avait rallié dans son soutien à la liste Euro-Palestine, une liste qui, même pour Leïla Shahid, alors représentante de l’Autorité palestinienne en France, faisait plus de mal que de bien à la cause. Accordons au moins au caricaturiste le droit à la complexité. De même que l’on était aussi en droit de douter encore de l’intention de Siné, s’il n’avait refusé de s’expliquer. Ses propos sur Dieudonné qu’il a traité d’ « ordure » et d’ « antisémite » lui ont d’ailleurs valu quelques inimitiés parmi ses nouveaux soutiens. C’est un peu l’histoire du camembert qui dit au munster qu’il pue, pensent certains protagonistes des deux camps.

L’écrivain Marc-Edouard Nabe, lui-même « solidaire à 100% » de Dieudonné et d’Alain Soral, tous deux passés à l’extrême droite, et soutien, affirme-t-il, de Tariq Ramadan, a également peu apprécié de se faire rembarrer par l’équipe de Siné lorsqu’il a voulu collaborer à Siné hebdo. « Siné joue les Askolovitch » écrit Nabe. Siné n’aime pas les Juifs, mais pas plus les harkis, les pédés. En 1997 à propos de la GayPride, il écrivait : « Loin d’être un empêcheur d’enculer en rond, je dois avouer que les gousses et les fiottes qui clament à tue-tête leur fierté d’en être me hérissent un peu les poils du cul… Libé nous révèle leurs chanteuses favorites : Madonna, Sheila et Dalila… On ne peut que tirer la chasse devant un tel goût de chiottes probablement dû au fait que c’est l’un de leur lieu de plaisir préféré ». Sur la communauté harkie, en 1997, il écrivait : « Traitres à leur patrie, ils ne méritent que le mépris ! Quant aux enfants de ces harkis, les pauvres, ils n’ont guère le choix ! Soit 1/ ils en sont fiers ou 2/ ils en ont honte. Dans le premier cas qu’ils crèvent ! Dans le second, qu’ils patientent jusqu’à ce qu’ils deviennent orphelins ! ».

Alors antisémite, homophobe, raciste… Un peu tout cela sans doute, mais beauf avant tout, ce qui rend sans doute inutile de s’attarder sur tous les qualificatifs que l’on peut lui coller.

 

On ne pourrait plus plaisanter sur les Juifs, entend-t-on souvent. On peut assurément aller même beaucoup plus loin : plaisanter par exemple sur la Shoah sans être suspecté le moindrement d’antisémitisme. Encore faut-il s’appeler Pierre Desproges. Desproges avait l’humour noir plus vachard encore, mais il avait du talent et aimait les gens. Son sketch « on me dit que des Juifs sont dans la salle » est une désopilante réponse aux obsédés du « deux poids deux mesures ».

 

(1) Siné avait écrit à propos de Jean Sarkozy : "Il vient de déclarer vouloir se convertir au juadaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

 

Yann Barte, Le Courrier de l’Atlas, avril 2009

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1 septembre 2003 1 01 /09 /septembre /2003 02:47

Un retour en force des larmes ! C'est ce qu'annonce pour les années à venir Patrick Lemoine, psychiatre et Chef de service de l'Unité clinique de psychiatrie biologique à Lyon et auteur du livre « Le sexe des larmes » (1) .

 

Depuis la nuit des temps, la femme communique, parle, écrit, pleure tandis que l'homme dissimule son chagrin, construit, frappe, picole, s'enfuit. Mais aujourd'hui les hommes cachent de moins en moins leurs larmes pour leur plus grand bien, et sans doute pour celui de l'humanité…

La télé réalité nous inonde de larmes, les politiques ne cachent plus les leurs. « Les choses changent, elles changent même à toute allure… » affirme le psychiatre.

 

INTERVIEW

Changer Tout : L'homme pleure moins que la femme. Peut-on l'expliquer par des différences physiologiques ?

 

Patrick Lemoine : Certainement. La femme est deux fois plus sujette à la dépression que l'homme. Soumise aux pressions de son milieu intérieur (température, hormones), elle souffre d'une indéniable vulnérabilité physiologique, biologique. Il existe des formes de dépressions exclusivement féminines, comme le syndrome prémenstruel, la ménopause ou les dépressions d'automne qui touchent quatre à cinq fois plus de femmes que d'hommes. Il faut donc absolument distinguer les larmes pathologiques, physiologiques des autres larmes.

 

Les femmes n'auraient-elles pas aussi simplement plus de raisons de pleurer ?

 

Oui, sans doute. Nous sommes d'ailleurs obligés de faire appel à des facteurs socio-culturels pour expliquer ces différences entre les sexes face aux larmes. Comme les larmes, l'oppression féminine coule de source. La femme a été de tous temps plus opprimée que l'homme. Machisme, sexisme, islamisme et bien d'autres mots en « isme » ont bien sûr joué un rôle essentiel dans cette oppression. Mais c'est sans doute cette force, cette capacité naturelle de la femme à communiquer (entre autre par les larmes) qui est la raison première de cette inégalité entre hommes et femmes.

 

Hommes et femmes pleurent-ils de la même manière, pour les mêmes raisons ?

 

Pour aller un peu vite, je dirais que la femme pleure de façon compassionnelle et l'homme de manière officielle. C'est ce qui apparaît dans les films, les livres et dans la petite enquête que j'ai menée dans mon entourage pour la rédaction de mon livre. La femme pleure souvent en groupe, quand elle voit une autre pleurer, pour soutenir. L'homme aura la larme à l'œil devant la beauté d'une fanfare lors d'un défilé militaire ou devant les exploits sportifs d'un Français qui monte sur le podium… Ce sont des larmes autorisées, non déshonorantes, viriles. On a coutume de dire que l'homme pleure comme il éjacule.

 

Il n'a pas toujours été honteux de pleurer dans l'histoire. Pouvez-vous nous rappeler les passages où les pleurs masculins étaient mieux compris qu'aujourd'hui ?

 

On sait que dans la Grèce pré-homérique, l'homme en guerre pleurait. Dans l'Iliade, Achille alterne, dans une sorte de rythmique, les chants de pleurs et de combat. Tous les grand héros de l'Antiquité pleuraient abondamment sur les champs de bataille. Dans les périodes de paix, en revanche, l'homme n'a plus le droit de pleurer. Les larmes se sont finalement asséchées à Sparte, à Athènes… et il faudra attendre le Moyen Age pour que les larmes des hommes soient à nouveau considérées comme très viriles. C'est l'époque de l'amour courtois et des amitiés viriles. Roland pleure Olivier, Charlemagne pleure en découvrant le champ de bataille… Puis il y a le 18ème et l'époque romantique avec Musset, Chopin, Chateaubriand… qui se mirent à larmoyer sans discrétion, quelquefois moqués par leurs contemporains et aujourd'hui enfin… les hommes pleurent à nouveau. C'est passionnant à observer. C'est sans doute une des premières périodes avec la Grèce où l'homme assume enfin sa partie féminine. On voit alors des hommes considérés comme virils verser des larmes, comme Tapie ou Bush…

 

Avec quelquefois aussi une manipulation politique…

 

C'est bien que la larme est devenue un outil de communication comme un autre ! Si les conseillers de Bush qui suivent évidemment l'ère du temps conseillent par exemple au Président de pleurer le soir du 11 septembre ou lors de l'accident d'une navette spatiale, c'est bien qu'ils ont compris l'impact de ce moyen de communication.

 

La femme est parvenue aujourd'hui à réconcilier les valeurs féminines et masculines, d'où vient ce retard de l'homme à parvenir à cet équilibre ?

 

Les femmes ont en effet compris bien des choses avant les hommes. Georges Sand est sans doute une des pionnières. Très féminine, elle portait le pantalon, fumait la pipe, draguait comme un homme. Elle est un peu la fondatrice du féminisme occidental. Les femmes ont une intelligence de la communication nettement supérieure à celle de l'homme qui reste un chasseur, un guerrier. Les hommes ont ainsi mis beaucoup plus longtemps à accepter l'autre partie d'eux-mêmes (leur partie féminine). C'est en observant les femmes qu'ils ont finalement compris, il y a 10 ou 15 ans peut-être.

 

Vous affirmez que « la bisexualité est l'avenir de l'humanité ». Les bis et homos auraient-ils donc une longueur d'avance sur cette masculinité nouvelle en construction ?

 

Le terme de « bisexualité » n'est peut être pas le terme approprié. Il s'agit en fait d'assumer sa partie féminine et masculine, sans référence au choix sexuel, même s'il est probable que les bis et homos acceptent mieux ces deux parties d'eux mêmes. Si l'homosexualité est aujourd'hui admise, voire encensée, c'est certainement symptomatique de ce phénomène récent de reconnaissance chez l'homme et la femme de ces deux parties, masculine et féminine, de ce nivellement récent des genres masculin et féminin.

 

Qu'est-ce que l'homme, cet "impuissant lacrymal", peut gagner à retrouver sa capacité à pleurer ? Les larmes ont-elles une valeur thérapeutique, cathartique ?

 

Le fait d'avoir accès à une part interdite, censurée de soi-même est déjà un enrichissement. Les pleurs permettent de communiquer et de soigner. Pleurer fait du bien. Malheureusement la psychiatrie ne supportent pas les pleurs et les combat à grands coups d'antidépresseurs. Pleurer, c'est intelligent, c'est exprimer, prendre son temps, réfléchir.

 

On a toujours valorisé les manifestations physiques et agressives des émotions masculines. Si les hommes pleurent à nouveau, c'est plutôt prometteur pour l'avenir de l'humanité, non ?

 

Certainement. Tout ce qui encourage la communication non violente est un progrès incontestable. Et ne vaut-il pas mieux voir les gens pleurer que se cogner ? L'Homme bien portant est celui capable d'utiliser l'outil de communication adapté : le sourire, la parole, le clin d'œil, l'écriture, la musique… ou les larmes.

 

(1) "Le Sexe des larmes. Pourquoi les femmes pleurent-elles plus et mieux que les hommes ?" de Patrick Lemoine, 16,60 €uros, Laffont, sept. 2002.

 

Yann Barte, Changer Tout, septembre 2003

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1 avril 2002 1 01 /04 /avril /2002 23:40

Il enchaîne les plateaux TV, les podiums de défilés, les salles de concert, les cours de danse... A peine 30 ans et déjà un joli palmarès. Chorégraphe international d'origine kabyle, Kamel Ouali est sollicité partout et par tous, de Mariah Carey à Tom Jones, du jazz au hip hop, de Tokyo à Las Vegas, de Tom Ford à Cacharel et de Manu Diabango à... TF1 ! Oui, c'est Star Academy qui révèle au Maroc aux yeux du grand public (TPS oblige) cet artiste qui n'en était pourtant pas à son coup d'essai.

 

 

FDM : Vous avez fait énormément de choses et pourtant on vous connaît surtout pour être le prof de Star Academy. Ca ne commence pas à vous peser un peu ?

 

kamel-ouali---femmes-du-maroc.gifKamel Ouali : Non. Si les gens dans la rue ont pu mettre un visage sur un nom déjà entendu, c'est plutot positif. C'est vrai qu'on m'associe souvent à Star Academy. Mais généralement, on m'interroge aussi sur ce que j'ai fait avant, mes projets... Ceci dit, lorsque j'ai choisi de faire l'émission, je me suis posé plein de questions : est-ce bon pour mon image ? Est-ce que je ne vais pas me griller auprès des gens de la pub, du ciné... ? Le résultat a été en fait très bénéfique.

Qu'est-ce qui vous a fait hésiter ? L'image que vous aviez de la real TV ?

Quand on innove dans un projet, on s'interroge toujours. Mais nous avons peu d'images en France de ce type d'émission. On a eu le "Loft" mais le concept était différent. Dans Star Academy, il ya une vraie démarche artistique. C'est bien aussi d'être au commencement à l'origine d'un projet. On peut ainsi donner sa touche, son identité. Je pense l'avoir fait. Beaucoup de choses ont été dirigées enfonction de ma personnalité, ma façon de travailler.

 

En septembre, vous repartez donc pour une deuxième ?

Oui, car j'ai commencé à diriger l'quipe autour de moi, donné ma touche. En revanche, je ne suis pas sûr que j'aurais accepté si cela avait été une reprise de rôle.

 

Quel est le point commun entre les 10 commandements, les Folies Bergères, Star Academy, un défilé de Raph Lauren ou un clip de Tom Jones ?

 

Je pense être le même chaque fois. Ma démarche est toujours artistique quoi qu'en pensent certains. On m'a en effet accuser de vouloir faire du fric avec Star Academy. Pour moi c'est avant tout un challenge : former des gens en un minimum de temps ! Et les progrès ont été réellement énormes. J'en étais le premier surpris. Pourtant, lors du premier cours, je me suis dit "Au secours, faut que je me sauve de là !" Certains candidats n'avaient jamais dansé ! en fait, le point commund e tout cela, c'est le travail. On arrive toujours alors à quelque chose.

 

Je voudrais quand même votre avis d'expert : peut-on vraiment transformer un thon en star ?

 

Je ne prendrai pas le terme de star. Pour moi, ce n'en sont pas. Il y en a d'ailleurs très peu dans le monde : Madonna, Tina Turner... A Star Academy, ce ne sont pour moi que des apprentis stars. Mais si on travaille, on arrive toujours à des résultats.

 

Ce que montre votre parcours, et peut-être finalement une émission comme Star Academy, c'est les apports mutuels des disciplines entre elles. La danse aujourd'hui nécessite-t- elle cette pluridisciplinarité ?

 

Bien sûr. On demande aux chanteurs de savoir danser, jouer la comédie ; aux danseurs de savoir jouer la comédie, et même parfois faire le chorus... Nous arrivons à une nouvelle ère. De nombreuses écoles naissent. J'ai été plusieurs fois contacté pour ouvrir des structures calquées sur le modèle de Star Academy.

 

Est-ce un besoin, une mode ? Nous avons vu par exemple en France le succès, il y a deux trois ans, de la capoeira, mêlant la danse, le chant, l'art martial, la musique, l'acrobatie ?

Ce n'est pas un phénomène nouveau. Le danseur a toujours pris des cours de théâtre, de chant, de même que le chanteur. Ce qui est nouveau, c'est cet engouement pour les comédies musicales. C'est d'ailleurs étonnant que ça ne prenne que maintenant en France. On sait qu'en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, des villes forment à la comédie musicale. Restait Paris... Et quoi de mieux que Paris pour la comédie musicale ?

 

Au Maroc, un type de comédies musicales a toujours beaucoup de succès auprès d'un public populaire : les comédies indiennes. Qu'en pensez-vous ?

 

J'ignorais leur impact, mais je trouve ça génial. Je trouve ces comédies fabuleuses, "kitschissimes" à mourir et en même temps pleines de magie. Il y a un côté irréel, une générosité qui sort de ces comédies indiennes, extraordinaires. J'adore. Mais je ne suis pas sûr qu'en France nous soyons prêts pour cette culture. ...

 

... Avez-vous travaillé aussi avec Yves Saint Laurent ? Quelle était cette collaboration ? La mode vous inspirerait donc aussi ?

 

J'ai travaillé en fait avec Tom Ford sur le lancement du parfum "Nu ". Nous avons organisé une soirée événementielle à la Bourse pour la sortie du parfum. Avec quarante danseurs nus dans un cylindre en plexi glace. Les gens évoluaient autour. Une performance qui a duré quatre heures. C'était très beau. Le design, les lumières somptueuses, plein de magie. Nous avions voulu quelque chose de végétal, d'animal. Nous avons été assez bien récompensés : les images sont passées dans le monde entier. Yves Saint-Laurent est un génie. C'est bien aussi qu'il y ait une relève. Tom Ford fait des choses fantastiques avec magie et simplicité. Il n'y a pas de mystère, il est au goût du jour. La mode m'inspire. Pour moi, le vêtement fait partie intégrante du show. C'est même quelquefois le costume qui va me diriger sur la gestuelle, la chorégraphie.

 

La danse est-elle accessible à tous ?

 

Oui. Mais tout dépend de ce qu'on veut en faire, bien sûr. La danse peut exiger un travail aussi dur que celui d'un sportif de haut niveau. Et nous ne voyons jamais un sportif de haut niveau obèse. Il y a donc des limites.Il faut un corps approprié.

 

Vous enseignez toujours à l'Académie de danse internationale de Paris et au Conservatoire de Saint-Denis et de la Courneuve. Vous devez avoir un public très différent ?

 

Non, aujourd'hui je n'ai plus le temps. Je ne donne que des sessions de stages. Je vais donner un stage à la Réunion, au Japon, maximum une semaine, 10 jours. Mais c'est effectivement là que j'ai commencé. J'ai affaire à des publics très différents, c'est ce qui me motive aussi. Ce que j'apprends avec des jeunes de la Courneuve, je m'en sers avec les jeunes du 16ème.

 

Un des candidats de Star Academy disait que la danse était -je cite "un truc de pédale". Ça ne vous insupporte pas de donner des cours à des Mickeys pareils ? Sans les caméras et le contrat qui vous lie à la chaîne, vous l'auriez viré ? Vous aviez sans doute déjà entendu ce genre de propos ?

 

Non. En fait, j'ai discuté avec lui. Il a 22 ans et il va évoluer. Il s'est d'ailleurs déjà ramassé quelques petites claques. C'est un fils unique d'une famille qui a beaucoup d'argent... Mais je ne veux pas faire de généralités. Je suis né à Saint-Denis. J'ai commencé la danse très tôt. Pas une seule fois je n'avais entendu ces propos auparavant.

 

La danse, et peut-être plus particulièrement la danse classique, reste encore largement associée à la féminité. Est-ce qu'elle n'a pas encore du mal à s'affirmer auprès d'un public masculin, notamment dans les pays du Maghreb ?

 

Je crois que les choses sont vraiment en train de changer. Au Maghreb comme dans les banlieues. C'est l'arrivée du hip hop qui a fait évoluer les choses. Les danseurs hip hop vont tous prendre des cours de classique, de jazz, de danse contemporaine.

 

Avez-vous des préférences pour un style de danse ?

 

J'aime vraiment mélanger différents genres, différents univers. Je n'ai pas de préférence. Dans un spectacle, j'aime aussi mélanger des danseurs hip hop avec des danseurs "classique " ou "contemporain". C'est très enrichissant. Musicalement, c'est pareil.

 

Qu'est-ce que le style "0uali" des "chorés dynamiques et sexys" comme on a dit ?

 

Tout dépend. Lorsque j'ai par exemple travaillé avec Tom Jones pour le clip de "Sex Bomb",c'était effectivement très sexy. C'était aussi à sa demande. Mais ce n'est quelquefois pas du tout sexy, comme pour le parfum "Nu ". J'aime changer d'univers, me bousculer. Je n'aime pas rentrer dans la facilité.

 

Quand avez-vous eu le déclic pour la danse ?

 

Lors de mon premier cours de danse, à 12 ans. C'était du jazz. Ma soeur faisait de la danse dans une MJC à la Courneuve. Sa prof voulait un garçon pour le spectacle de fin d'année. Elle a demandé à toutes ses élèves d'auditionner leurs frères. Je suis issu d'une famille nombreuse : j'ai 12 frères et soeurs. Nous sommes trois à avoir été testés. J'ai été pris. A la fin du cours j'ai annoncé que ce serait mon métier. Je voulais déjà apprendre aux autres. Je ne connaissais pas le terme de "chorégraphe" mais pour moi, c'était déjà ce que je voulais faire.

 

Qu'est-ce que vous préférez le plus dans la danse ?

 

La création. Le moment où on cherche, où on s'enferme dans un studio à plusieurs et où on cherche durant six, huit heures... à être juste.

Pina Bausch, grande chorégraphe de la danse contemporaine, disait que la danse commence avec la marche...

J'adorerais la voir. A chaque fois que j'ai voulu voir son spectacle, c'était complet. C'est sans doute vrai. Je me suis quelquefois inspiré pour des spectacles de la façon de marcher des gens. Il y a plein de démarches différentes et, très bizarrement, elles varient selon les quartiers. Les gens se tiennent beaucoup plus droit à Saint Germain. Ces mêmes personnes se tiendront différemment aux Halles ou à Strasbourg Saint-Denis. C'est assez étrange.

 

Vous avez des contacts avec le Maghreb ?

 

Je reçois énormément de courrier du Maroc, de l'Algérie... des messages personnels, des invitations à donner des stages. Et j'espère bien trouver le temps de le faire. Ces messages me touchent beaucoup. Je suis aussi contacté par de nombreuses mères de famille, dans la rue aussi. Elles viennent m'embrasser. Elles sont contentes de voir que des petits jeunes de banlieues, comme elles disent, réussissent. J'ai aussi été contacté par le Palais royal pour deux soirées événementielles en mai. Je suis en pourparlers. Je connais un peu le Maroc pour avoir été à Marrakech et Essaouira. J'ai adoré. J'aimerais faire le tour du pays, un mois, un mois et demi...

 

Quels sont vos projets ?

 

Star Academy continue. Je fais toujours la chorégraphie des spectacles. Bientôt, je prendrai un assistant pour me seconder. Je prépare aussi une nouvelle comédie musicale dont je ne peux encore parler et Les 10 commandements que nous allons monter à Los Angeles, New York et Las Vegas. Trois équipes aux Etats-Unis ! Ce sera dans chaque ville un spectacle un peu différent. A Las Vegas, par exemple, le spectacle aura lieu au-dessus d'un hôtel, en extérieur, dans un "jardin de Babylone ". A New York, ce sera sous un chapiteau. A Los Angeles, on étudie encore la question. Au Canada, nous montons deux équipes : francophone et anglo-saxonne. En fait, je suis pris sûr jusqu'en janvier 2003 !

 

Propos recueillis par Yann Barte, Femmes du Maroc, avril 2002

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31 janvier 2002 4 31 /01 /janvier /2002 23:32

Une manif en Inde contre les OGM, une soirée-débat avec des étudiants américains, une rencontre avec les Zapatistes... Infatigable, il court partout. De la Palestine au Burkina, de la « Kanakie » au Qatar, José Bové est sur tous les fronts. Celui que l’on nomme déjà « Super José » a accepté pourtant de se poser quelques minutes pour répondre à La Vie économique. En août 1999, cet éleveur de brebis attirait l’attention des médias du monde entier. Incarcéré suite au démontage symbolique d’un Mac Do, il sera quelques jours plus tard libéré à l’issue d’une incroyable campagne de mobilisation internationale. Le plus déterminé des militants antiglobalisation nous propose ici une alternative face au « tout économique ». Il nous fait aussi partager sa réflexion sur les rapports entre les pays, le grand mouvement naissant de la société civile... Il signe en ce début d’année son quatrième livre : « Paysan du monde » (1). • La mondialisation. C’est une fois de plus le thème central de votre dernier livre « Paysan du monde ». Pourriez-vous m’en donner une définition ? Vous employez aussi le terme de globalisation... Y aurait-il un problème de terminologie ?


 

 

 

 

 

Si j’insistais sur la terminologie c’est qu’il me semblait qu’elle entretenait une ambiguïté, une confusion avec les partisans du repli sur soi, les souverainistes.

 

Effectivement, il y a une ambiguïté, quelquefois entretenue par certains journalistes, mêlant les opposants antiglobalisation et les partisans du repli sur soi. C’est pourquoi j’ai commencé par insister sur la question d’élargissement des droits. Des droits qui ne connaissent pas de frontières. L’établissement de droits reconnus pour tous est un préalable à la construction de relations dans une société et entre pays. Ces relations doivent être établies sur un modèle équitable et non sur un modèle de domination. Le repli sur soi est une réponse archaïque au problème. Les plus souverainistes sont bien ceux qui maintiennent cette logique du libre marché, préservant les pays les plus riches de la concurrence des plus pauvres.

 

Quels sont les risques de la globalisation pour l’agriculture des pays en voie de développement comme le Maroc ?

 

L’agriculture n’a pas toujours été dans cette logique. Elle ne l’était pas jusqu’à l’« Uruguay round » en 1986. Le GATT (2) a fait inscrire l’agriculture au programme de cette libéralisation et plus tard l’OMC avec les accords de Marrakech en 1995(3). Dès lors, les pays sont obligés d’ouvrir leurs frontières aux produits venant de l’extérieur. La logique de « dumping » - la vente à bas prix en dessous du coût de production - a fini par remplacer et détruire les agricultures vivrières traditionnelles. Il n’y a pas de souveraineté d’un pays sans soutien de son agriculture interne. L’alimentation reste la base. De plus en plus de pays, en Afrique et ailleurs, sont aujourd’hui victimes de cette logique de dumping et de domination. Les paysans ne peuvent plus produire. Ils sont chassés de la campagne, concurrencés par des produits meilleur marché venus de l’extérieur. On assiste - c’est un peu le cas du Maroc - à l’installation de firmes privées, coopératives, multinationales, produisant avec une main-d’œuvre bon marché des produits qui vont revenir concurrencer dans l’autre sens. Ces produits d’exportation des pays du Sud rapportent souvent très peu aux populations qui les produisent. La tomate en est un exemple. Nous sommes très loin d’un système équitable favorisant les échanges ! Je ne pense pas que le Maroc puisse être autosuffisant. Il a sans doute besoin d’acheter une partie de sa production à l’extérieur. Là n’est pas le problème. En revanche, le Maroc doit avoir une souveraineté sur sa propre production, celle-là même qui permet de faire vivre ses paysans. La question de la souveraineté alimentaire est au centre de notre combat concernant l’agriculture.

 

Les pays du Sud ne peuvent-ils pas, malgré tout, trouver un intérêt dans la globalisation ? Vous rappeliez les accords de Marrakech. Ce n’est effectivement peut être pas un hasard si c’est au Maroc qu’ont été jetées les bases de l’OMC... Peut-être qu’ici, comme dans d’autres pays, on s’interroge encore sur les effets positifs ou négatifs de ce phénomène.

 

Concernant le commerce, rien n’est plus catastrophique que l’absence de règles. L’OMC en a fixé effectivement, mais ces règles permettent en fait la continuation d’une forme nouvelle de domination. Nous passons ainsi pour certains pays d’un colonialisme politique à un colonialisme économique. Le Sud se trouve asservi. Des rééquilibrages sont nécessaires dans les règles commerciales mais aussi dans le cadre des procédures juridiques. Que se passe-t-il, en effet, dans le cadre de l’OMC, lorsqu’un petit pays souhaite attaquer un pays comme les Etats-Unis ou le Canada n’ayant pas respecté une règle commerciale ? Il va d’abord payer, au minimum 500.000 dollars. S’il gagne le procès, il lui sera ensuite impossible d’imposer la loi parce que les mesures de rétorsions qu’il pourra appliquer face au grand pays seront nulles. Les règles du jeu ne sont favorables que dans un sens. Si nous souhaitons vraiment créer du multilatéralisme - et c’est fondamental - il faut commencer par modifier les règles du jeu en permettant aux petits pays de pouvoir se défendre, de faire valoir leurs droits. Au sommet de Doha, réuni au mois de novembre dernier, les Etats-Unis, l’Europe, le Canada et le Japon ont fait des pressions énormes sur les pays du Sud pour leur faire accepter la déclaration finale. Il y a là quelque chose de tout à fait choquant.

 

Vous écrivez que « le mouvement anti-globalisation, avec ce qu’il construit de société civile, apporte une autre façon d’aborder le problème israélo-palestinien ». De quelle manière ?

 

C’est une chose dont j’ai pris conscience en discutant avec des économistes et en me déplaçant sur le terrain. C’est à Beyrouth, lors d’un sommet que nous avons organisé contre la globalisation dans le monde arabe, en novembre dernier, que nous avons réfléchi à cette question. Il était en effet important de montrer que le monde arabe n’échappe pas au phénomène de globalisation. Israël représente aujourd’hui la tête de pont de ce modèle économique imposé. Les accords d’Oslo ne sont ni plus ni moins que des traités de libre-échange économiques. L’objet même du traité n’est pas de construire une situation de paix durable, permettant aux populations de se construire un avenir commun mais bien plutôt de créer une situation de développement déséquilibré où les territoires palestiniens deviennent des « bantoustans », des zones de main d’œuvre bon marché, à trois dollars par jour où les Palestiniens travaillent dans les mêmes conditions que les « maquiladores » du Mexique face à l’industrie nord américaine. Il n’y a donc pas de solution uniquement locale, régionale. La réflexion du monde arabe doit s’intégrer dans cette problématique d’ensemble. La mise en place de l’OMC avec cette tête de pont des Etats-Unis qu’est Israël doit amener à une réflexion de l’ensemble des pays arabes, notamment les pays producteurs de pétrole qui ne sont pas forcément non plus dans une situation de répartition équitable, complètement liés également au processus de globalisation. Tout cela, ce n’est pas l’ONU qui le résoudra. En outre, Les résolutions votées à l’ONU n’ont jamais été appliquées : la naissance d’un Etat palestinien, le retour des exilés des camps de Jordanie ou du Liban, la situation de Jérusalem... Les Etats ont failli. Nous assistons aujourd’hui à l’élimination des Palestiniens et à la destruction de leur avenir en tant que peuple. En tant que citoyens, nous nous sommes engagés à envoyer tous les mois des équipes qui iront s’interposer pour protéger les habitants des villages, des camps, face à l’armée israélienne. C’est un geste dérisoire mais qui permettra d’attirer l’attention de nos Etats, incapables de faire appliquer ces résolutions. Nous serons présents tant que des forces d’interposition officielles ne seront pas mises en place. On en voit en ex-Yougoslavie, en Afghanistan... et nous serions incapables d’en envoyer pour protéger le peuple palestinien C’est une chose parfaitement inacceptable !

 

Cette incapacité de l’ONU à appliquer ses résolutions m’amène à poser la question de la représentativité. Suite à la formidable mobilisation antiglobalisation, certains ont imaginé une représentation possible de la société civile au sein même de l’ONU. Qu’en pensez-vous ?

 

L’important était dans un premier temps de savoir que ce mouvement existait. Il est très décentralisé, hétéroclite, composite. Il a acquis sa légitimité de manière symbolique à Seattle, il y a deux ans, lorsque les questions posées par les mouvements citoyens dans la rue ont fait imploser le sommet de l’OMC et qu’une partie des pays du Sud ont refusé de signer les accords qu’on voulait leur imposer. Nous avons eu une légitimité de résultat face à des Etats qui possèdent une légitimité, pour la plupart, sortie des urnes mais qui ont perdu leur légitimité par rapport à la représentation des citoyens. La question est de savoir s’il faut une représentation des mouvements dans le cadre des institutions internationales telles qu’elles existent ou s’il n’est pas plus important aujourd’hui de continuer à construire ces contre-pouvoirs qui posent des problèmes non de manière nationale, mais transversale, à l’ensemble des sociétés et des continents. Nous sommes dans cette construction là. Nous n’avons pas pour but de nous substituer à quelque institution que ce soit ni de prendre le pouvoir. Notre légitimité nous la construisons au fur et à mesure. C’est pour cela que nous avons mis en place le Forum social mondial de Porto Alegre l’an passé. Le deuxième forum va se passer cette année avec la participation de plus de pays encore ! 122 étaient présents l’an passé, cette année les délégations devraient représenter la quasi-totalité des pays de la planète !

 

En vous lisant, on s’interroge sur votre culture politique. Vous citez Bakounine, Makhno, Louise Michel, vous prônez l’action directe... On vous sent finalement très proche du mouvement libertaire, de l’anarcho-syndicalisme. Comment vous situez-vous ?

 

D’abord comme syndicaliste. Le syndicalisme est une réflexion partie de l’économie et du social. Il s’agit de faire valoir ses droits. Il y a ensuite deux manières d’y parvenir, l’une autoritaire, l’autre non autoritaire. Je me situe effectivement dans la lignée non autoritaire de ceux qui ont refusé la construction du système étatique comme seule façon d’aller vers cette société et de conquérir des droits. Tous les exemples du groupe de l’Est et de l’Union soviétique ont montré que cela a été un échec. C’était un système qui se détruisait lui-même. Je suis effectivement dans cette tradition non autoritaire mais je me suis aussi enrichi de l’apport d’économistes ou de personnes comme Jacques Ellul (4), professeur de droit constitutionnel à Bordeaux qui a beaucoup travaillé sur l’Etat, sur la logique productiviste dans l’ensemble des activités humaines et sur ses risques pour la planète entière. Sur le plan de l’action, vous vous sentez dans la tradition des luttes menées par Thoreau (5), Luther King, Gandhi... Oui, c’est effectivement une philosophie de l’action construite sur l’action non violente...

 

Qu’est-ce qui vous distingue ou vous éloigne des partis écologistes ?

 

Je partage avec eux beaucoup de points de réflexion concernant l’avenir de la planète. Je ne partage pas en revanche - et c’est lié au mouvement même que nous construisons - cette idée d’enfermer la réflexion et l’action dans une logique de parti. La conquête, la participation à un gouvernement dans le cadre d’une logique politique aujourd’hui ne correspond pas à notre combat. Il doit rester, à côté des partis politiques, d’autres forces, des contre-pouvoirs.

 

Où en êtes-vous de vos procès et mises en examen ?

 

J’ai été condamné le 20 décembre dernier à six mois de prison ferme pour avoir détruit du riz transgénique à Montpellier. Cette condamnation ferme a fait sauter les huit mois de sursis que j’avais eu pour avoir mélangé des semences de maïs transgénique avec des semences ordinaires. Le 23 janvier, la Cour de Cassation s’est réunie à Paris et l’Avocat général a rejeté le pourvoi en cassation relatif à l’affaire du démontage du Mac Donald’s pour lequel j’avais été condamné à trois mois de prison ferme. Cette Cour prononcera son jugement le 6 février prochain. Il est plus que probable que je serais emprisonné.

 

Vous dites dans votre livre que « contrairement aux idées reçues, le peuple américain se soucie du reste du monde ». L’affirmation peut surprendre. Ce n’est pas toujours en effet l’image que donne ce peuple...

 

Ce n’est en tout cas pas ce qu’on a pu voir à partir de ce qui s’est passé le 11 septembre. Les Etats-Unis, c’est un Etat, un gouvernement, une politique. A l’intérieur de cet Etat se trouvent des citoyens qui bougent. Seattle, avec ses syndicalistes ouvriers, ses paysans, ses écologistes, ses consommateurs, ses mouvements de solidarité Nord/Sud... c’était bien aux Etats-Unis ! Ces gens-là ont aujourd’hui beaucoup de mal à défendre leurs idées parce qu’il y a une énorme pression de l’Etat américain qui fait un amalgame insupportable entre le mouvement antiglobalisation et le terrorisme de style Ben Laden. Aujourd’hui, nos « copains » américains sont dans une situation difficile et ont besoin d’être soutenus face à la chape de plomb que leur impose l’Etat américain.

 

Qu’est-ce qui vous scandalise le plus aujourd’hui ?

 

Nous ne traversons pas seulement aujourd’hui une crise sociale, une crise d’injustice de domination. Ce sont les biens communs de la planète qui sont en danger. Nous le voyons avec l’air, l’eau et la terre à travers les déréglementations de l’agriculture et du marché mondial. On pollue, on détruit le sol, on surproduit des aliments « dégueulasses ». Les terres sont de plus en plus stériles, le désert avance, la biodiversité est menacée, entre autre par la pollution génétique liée aux manipulations, des espèces disparaissent. Tous ces faits constituent un véritable danger.

 

En février 2000, la région d’El Ejido, en Andalousie, connaît ce que vous appelez un véritable « pogrom » à l’encontre de sa population immigrée à majorité marocaine. Vous citez cet exemple comme un effet de la globalisation. Pouvez-vous développer ?

 

Le mirage de l’Europe traverse Gibraltar. Ces Marocains qui passent clandestinement de l’autre côté de la Méditerranée se retrouvent salariés en semi- esclavage, dans des situations de travail, de logement insupportables, parqués et exploités dans des logiques d’agriculture industrielles... Ces gens servent de boucs émissaires à toutes les frustrations économiques et sociales vécues dans cette zone par les Espagnols qui se voient aussi « bouffés » petit à petit. Il y a toujours en effet quelqu’un au Sud qui fera moins cher qu’eux. Ce qui s’est passé a été affreux. Le fait que nous ayons créé et participé à des missions pour dénoncer cela a été très mal perçu en Espagne. Mais nous ne pouvons pas plus nous taire sur les sans papiers en France que sur ces crimes racistes en Espagne.

 

Au Maroc, les problèmes alimentaires sont légion : intoxications, abattages clandestins... Dans ce contexte, la question des OGM ne semble pas être la priorité. Quel est le véritable danger des OGM ?

 

 

 

 

 

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Published by Yann Barte, dans LA VIE ECO, 31 janvier 2002 - dans Buzz
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