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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 19:09

Une étude présentée mercredi 8 juin 2011 analyse l’activité des plates-formes internet de 7 partis politique et suivra leur capacité de mobilisation des citoyens tout au long de la campagne présidentielle.

 

Les réseaux sociaux mis en place par les partis politiques en préparation des élections présidentielles feront-il école pour mener à bien cette fois des politiques de concertation sur les projets territoriaux ? En tous les cas, les élus auront l’occasion ces prochains mois de vérifier l’efficacité de ces outils en termes de mobilisation et de partage de l’intelligence collective.

Pour analyser cette tendance et sa capacité à être transposée à des actions locales, Useo , cabinet spécialiste des réseaux sociaux d’entreprises, vient de lancer le premier opus d’une enquête « Réseaux sociaux des mouvements politiques au cœur d’une acculturation de nos démocraties modernes » qui décrit les usages de 7 plateformes(1) web mises en place par des partis de gauche, du centre et de droite :

L’étude évalue les usages de ces réseaux sociaux autour de 3 familles :

  • les usages d’influence,
  • de collaboration
  • et de coordination.

C’est-à-dire toutes les notions nées du mode d’échange des médias sociaux comme Facebook, telles : la mise en perspective des conversations, la mise en relation des membres pour créer des synergies, la gestion des groupes d’intérêt, la gestion des évènements, etc.

Useo propose donc pour chaque parti un visuel qui situe d’un coup d’œil ses caractéristiques. Ainsi l’on constate que lacoopol, le réseau social du parti socialiste, est le plus complet en terme d’usages typiques des réseaux sociaux.

« L’ensemble des réseaux sociaux étudiés sont beaucoup plus matures dans leurs usages que les réseaux sociaux mis en place dans les grandes entreprises, indique Arnaud Rayrole, directeur général d’Useo. Ils entrent de plein pied dans le partage de l’intelligence collective, l’aspect sur lequel butent les entreprise à cause des fonctionnements en silo. C’est un outil qui s’adapte parfaitement à la géométrie variable des partis politiques qui doivent se mobiliser et organiser l’action sur le terrain quand arrivent les échéances électorales ». 

Géolocalisation des sympathisants –

Bien sûr l’exemple de la campagne d’Obama aux Etats-Unis sert de référence avec 4 ans de décalage, tandis que les démocrates et les républicains américains se lancent eux dans des modèles de mise en relation encore plus sophistiqués, comme la géolocalisation des sympathisants sur les smart-phones.

Dans les prochains mois, Useo veut affiner son étude en collectant cette fois des données quantitatives sur le nombre d’adhérents, la nature des actions engagées, les résultats de mobilisation, en somme la mise en œuvre et des exemples concrets des usages promis par ces outils.


Note 01:La plate-forme de l’UMP, « créateurs de Possibles » est absente de cette étude car elle a été fermée début 2011. -

Sophie Maréchal

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Published by Sophie Maréchal La Gazette des communes - dans Vie numérique
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 17:00
Les territoires pionniers ont appris à travailler avec les professionnels de la santé.  
Régions et départements devront prendre position sur le développement
de la télésanté.

 

Le feu vert est donné au développement de la télémédecine en France depuis le 19 octobre 2010. En effet, le décret n° 2010-1229 pris en application de la loi « hôpital, patients, santé et territoires » du 21 juillet 2009 autorise les consultations médicales à distance grâce aux technologies de l'information et de la communication. Même s'il concerne d'abord le milieu médical, ce texte crée un appel d'air pour les secteurs de l'e-santé, du social et de l'aide à la personne.

Les colloques auxquels s'associent les ministres de l'Industrie, de la Santé et de la Recherche s'enchaînent pour valoriser les initiatives menées par les territoires avec des industriels et des centres hospitaliers universitaires (CHU). La réglementation ouvre donc la perspective de déploiements à grande échelle de dispositifs jusqu'à présent expérimentaux, qui visent notamment à compenser le manque de professionnels de santé dans les zones enclavées.

Homologuer les actions.

Les autorités locales veulent profiter du numérique pour apporter des services à leur population vieillissante ou en perte d'autonomie en raison d'une maladie ou d'un handicap. « Les régions devront se coordonner avec les conseils généraux, qui financeront en partie ces nouveaux systèmes ou leurs bénéficiaires », explique Alain Bénéteau, président de l'Observatoire des territoires numériques (lire l'avis ci-contre). Selon l'Association des régions de France, les crédits déjà engagés dans des politiques de santé par les conseils régionaux représenteraient 149 millions d'euros par an, alors que ces actions ne font pas partie de leurs compétences. Les projets soutenus portent principalement sur l'égalité d'accès aux soins, la prévention, l'éducation à la santé et le traitement des pathologies liées à l'environnement et au vieillissement.

Certaines régions comme Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes se sont particulièrement investies dans un spectre très large de la télémédecine. Le conseil général des Alpes-Maritimes a créé, en 2004, une sous-direction de la santé, qui mène un programme « santé et technologies ». Celui-ci se décline sur des projets comme « medecin@pays », dont la vocation est de soutenir les généralistes qui exercent dans les hautes vallées, là où la présence médicale fait défaut. Un dispositif de téléconsultation et de téléenseignement en lien avec des spécialistes (gériatres, psychiatres) du CHU de Nice est accessible dans les maisons de la santé rurales installées à proximité des principaux bourgs. En 2009, ce dispositif a été complété par la distribution de treize « e-valises » à des médecins généralistes exerçant dans les vallées. Ce matériel connectable par ADSL, clé 3G et satellite contient un ensemble d'outils d'expertise en cardiologie et pneumologie, un mini-laboratoire permettant de mesurer la glycémie et le cholestérol, une caméra pour les diagnostics en dermatologie, etc.

Interopérabilité.

L'e-valise intéresse aujourd'hui d'autres régions, comme la Bretagne ou l'Auvergne. Afin de poursuivre son développement et de le reproduire ailleurs, le dispositif est aujourd'hui en cours de mise à niveau, avec la mise en service, attendue ce mois-ci, du dossier médical personnel pour, dans un premier temps, un partage entre professionnels de santé. « La plateforme de téléconsultation est opérationnelle depuis 2008 alors que le cadre législatif n'est posé que depuis fin 2010, souligne le docteur Fabien Josserand, sous-directeur de la santé au conseil général des Alpes-Maritimes. Depuis, nous avons demandé un agrément à l'agence régionale de santé afin d'assurer l'interopérabilité de notre système dans le cadre du plan stratégique régional de santé. »

Dans l'agglomération de Castres-Mazamet (Tarn), à la technopole « santé et numérique », on souligne l'importance de disposer d'infrastructures de communication de qualité. « Nous avons bénéficié du premier réseau métropolitain entièrement constitué de fibre optique dès 1998. Aujourd'hui, ce réseau à très haut-débit est un formidable appui pour interconnecter les entreprises présentes sur le site et pour l'installation de l'hôpital du futur qui vient d'être construit », explique Caroline Lapelerie, directrice de Castres-Mazamet Technopole.

Nouveaux usages.

En dix ans, la technopole a acquis une expertise dans la conduite de projets mêlant toutes les cultures de la chaîne de la santé et des soins « Nous avons appris à travailler avec les établissements, pour bâtir des projets utiles, dans une perspective de développement économique », poursuit la directrice. Parmi ceux-ci, le portail mis en place pour le suivi à domicile des patients atteints du cancer. « Tous ces sujets sont sensibles car plusieurs acteurs doivent adhérer à de nouveaux usages, l'e-santé n'est pas un marché comme les autres. » Aujourd'hui, la technopole est associée aux travaux du Centre national de référence santé à domicile et autonomie (auxquels participent les régions Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Paca et Limousin). « Bien sûr il faudra passer au stade de la généralisation en tirant le bon fil et en trouvant les synergies entre les logiques administratives et médicales. Sur le terrain, nous avons toujours travaillé pour rapprocher le local du national », commente Caroline Lapelerie.

Clarifier les rôles 

De leur côté, les vingt-six ARS entrées en fonction depuis avril 2010 doivent, elles aussi, intégrer la dimension numérique dans les politiques d'aménagement sanitaire des territoires sous leur responsabilité, grâce à des espaces numériques régionaux de santé. « Attention, prévient Jean-Yves Robin, directeur de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip-Santé), tant que la doctrine n'est pas posée, le sujet est instable. » Des mesures d'accompagnement sont en préparation par un comité de pilotage interministériel qui associe la santé, le social, l'industrie, la recherche et l'aménagement du territoire. Et d'ajouter : « Nous sommes conscients que les collectivités locales ont la volonté de se saisir du sujet. Mais il est important de clarifier le rôle et les prérogatives de chacun afin d'éviter de se lancer dans des initiatives hasardeuses. Par exemple, dans le cadre de l'allocation personnalisée d'autonomie et du maintien à domicile, où se trouve la frontière entre le médical, le social et le sanitaire ? »

Parmi les projets fédérateurs, la domotique offre les perspectives les plus consensuelles. Le maintien à domicile des personnes âgées grâce à un « pack domotique » sur lequel travaille le département de la Creuse (*) illustre bien la ligne de partage entre le champ directement lié à la santé et celui lié au service à la personne. « C'est un domaine émergent où chacun a tendance à travailler dans son coin, remarque Xavier Daran, porteur du projet « maison intelligente » à l'IUT de Blagnac (Haute-Garonne). Financée à hauteur de 350 000 euros par la taxe professionnelle et 100 000 euros par la commune, la maison intelligente permet de tester toutes les technologies développées pour porter assistance aux personnes à leur domicile. Elle a été construite pour accompagner la formation « technologies-sciences humaines et sociales » ouverte à l'IUT en 2009. L'objectif est de trouver des standards pour les services à la personne et de définir les emplois de proximité de demain sur les territoires. Car, au final, ces technologies demanderont des compétences sur le terrain pour être maintenues !

Le bien-être grâce au numérique

 

Nombre d'appels à projets sont lancés régulièrement sur la thématique de l'e-santé par plusieurs ministères. Le commissariat aux Investissements d'avenir a choisi de couvrir l'axe de la santé et de l'autonomie sur le lieu de vie grâce au numérique, dans le volet consacré au développement de nouveaux usages, services et contenus innovants. Les solutions proposées dans ce cadre devront porter sur la prévention, la sécurité des personnes et/ou le suivi à distance sur leur lieu de vie, dans une perspective de santé et de bien-être. Ceci grâce au développement de capteurs pour la rééducation, le suivi et l'alerte, de solutions de domotique et d'objets communicants, de dispositifs médicaux communicants. 

 

Communauté de communes du massif du Vercors - Expérimentation d'un dossier de soin à domicile

 

«La plateforme Royans-Vercors-santé propose un service médicalisé aux habitants vivant seuls, en perte d'autonomie ou souhaitant bénéficier d'un suivi après une hospitalisation », résume Chantal Carlioz, vice-présidente de la communauté de communes du massif du Vercors (Isère). Depuis le lancement de l'expérimentation, fin 2009, cent personnes ont accepté d'y participer, dont trente à leur domicile. Le principe : coordonner dans un même système - le dossier de soin à domicile - toutes les données médicales et sociales de la personne suivie. « Pour que cela soit efficace, tous les acteurs de la chaîne de soins doivent partager des données, chacun en fonction de son rôle », ajoute l'élue. Ce dossier est accessible par téléphone mobile GPRS, il peut aussi être visualisé sur un écran de télévision. La télécommande du téléviseur, simplifiée, permet d'accéder aux informations par un menu déroulant. « C'est un objet familier pour les personnes de plus de 80 ans, commente Chantal Carlioz. Il est important que l'intéressé ou sa famille puissent accéder ou mettre à jour les données. » Une dizaine de volontaires, désignés « parrains ou marraines », accompagnent l'opération pour aider à la prise en main et détecter les problèmes et les blocages. « L'aspect technologique n'est pas le plus complexe à gérer, prévient l'élue. Nous avons encore beaucoup à faire pour convaincre tous les intervenants de contribuer à ce système. »

AVIS D'EXPERT - Alain Bénéteau, président de l'Observatoire des territoires numériques (Oten) - « Un champ stratégique à investir »

 

« Les régions vont devenir chefs de file de l'aménagement numérique de leur territoire. Cette gouvernance se traduira en termes de services et d'usages. L'e-santé sera l'un des champs stratégiques à investir, autant en ce qui concerne l'aménagement du territoire et le développement de l'innovation que la formation du personnel des secteurs sanitaire et social. Nous publions une étude Tic et santé?, réalisée avec les onze régions membres de l'Oten, dans laquelle nous dressons la carte d'un certain nombre d'actions que celles-ci ont engagées. Avec ce rapport, nous souhaitons aider les collectivités encore réticentes à percevoir l'intérêt de se saisir de l'e-santé, mais aussi les risques qu'elles font courir à leur population en négligeant ce champ. »

LES POINTS CLÉS

   

Télémédecine : Pratique médicale à distance, en présence du patient ou entre médecins, par transmission d'un indicateur clinique, biologique ou radiologique, ou pour porter assistance dans un contexte d'urgence.

Télésanté Technique : incluant la télémédecine, mais aussi tous les systèmes de transmission et de partage d'informations entre professionnels de la santé et des soins.

Dossier médical personnel : Partage de l'information médicale entre professionnels de santé avec l'accord du patient.

CONTACTS

  Communauté d'agglomération de Castres-Mazamet, Caroline Lapelerie, directrice de la technopole, tél. : 05.63.73.50.01.
Communauté de communes du massif du Vercors, Chantal Carlioz, vice-présidente, tél. : 04.76.94.50.00.
Oten, Alain Béneteau, président, tél. : 09.53.56.79.39.

(*) Lire « La Gazette » du 3 janvier, pp. 30-32.

Renseignements : www.industrie.gouv.fr/fsn/e-sante

Sophie Maréchal. La Gazette des communes. 11 avril 2011

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 01:00

Reussir le déploiement dans tous les foyers


 


Sortir de l'âge du cuivre.

Le FTTH et le FTTB (1) sont au très haut-débit ce que l'ADSL est au haut-débit. Ces acronymes symbolisent la nouvelle génération de réseaux en fibre optique capables de supporter la croissance des usages d'internet. Les réseaux en fil de cuivre du téléphone fixe et ceux de la télévision câblée atteignent leurs limites. Depuis quinze ans, de nouvelles infrastructures en fibre optique irriguent le territoire, traçant la colonne vertébrale d'une nouvelle génération de réseaux de communication. Il faut maintenant tirer les derniers mètres jusqu'au domicile des habitants, étape coûteuse et complexe. La France est cependant le premier Etat de l'Union européenne à avoir défini les règles de ce déploiement grâce au cadre réglementaire, pour les zones denses et peu denses, déterminé par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

Accélérer le processus.

Apporter le très haut-débit à 70 % des foyers avant 2020 et 100 % avant 2025, grâce à la technologie la plus adaptée au territoire, tel est l'objectif fixé, le 9 février 2010, par le Programme national « très haut-débit ». Le 14 juin suivant, le Premier ministre précisait un calendrier global de déploiement, coordonné par le biais des stratégies de cohérence régionale et des schémas directeurs territoriaux d'aménagement numérique. La France accuse un retard relatif au regard des pays asiatiques et scandinaves. Cependant, l'Idate (2) constate que les chantiers de rénovation du câble et de construction de réseaux FTTH sont déjà bien engagés même si le taux d'abonnés reste à la traîne. Fin 2010, 8 % des prises installées étaient connectées à une offre très haut-débit, pour un taux de pénétration moyen, tous pays européens confondus, de 17,5 %.

Définir un financement pérenne.

L'Etat affecte 2 milliards d'euros du grand emprunt au déploiement du très haut-débit. La moitié sera attribuée, sous forme de prêts, aux opérateurs privés souhaitant s'associer sur les zones peu denses. Sur l'autre, 750 millions subventionneront les réseaux d'initiative publique par le Fonds national pour la société numérique et 250 millions serviront à tester des technologies alternatives à la fibre optique. Un mécanisme de financement pérenne du Fonds d'aménagement numérique du territoire est attendu pour l'automne 2011. Au préalable, le gouvernement veut réévaluer le montant global nécessaire. L'estimation de 30 milliards d'euros pour couvrir 100 % de la population française en FTTH donnée par la délégation interministérielle à l'Aménagement du territoire et à l'attractivité numérique en janvier 2010 a en effet déjà été revue à la baisse par le président de l'Arcep, qui parle, lui, de 25 milliards. (3)

(1) Fiber to the Home et Fiber to the Building, fibre jusqu'à l'abonné et jusqu'au bâtiment. (2) Centre d'études et de conseil européen, étude « Status of FTTH in Europe », 11 février 2011. (3) Lire « La Gazette » du 11 octobre 2010, pp. 8-10.

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:07

Au regard de la stratégie des opérateurs privés, le cadre réglementaire posé pour l'ensemble du territoire demande à être affiné.

 

Fin 2006, le Groupe Iliad, propriétaire de Free, ouvrait le bal en annonçant sa volonté de construire ses propres infrastructures en fibre optique dans plusieurs villes de France. Depuis, le soufflé est retombé, laissant la place à un temps de latence. Quatre années employées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) à poser les règles du déploiement de la fibre optique jusqu'au domicile. D'abord, en décembre 2009, pour les 148 communes situées en zones très denses, où les opérateurs privés investiront sur leurs fonds propres, théoriquement pour 5,16 millions de foyers. Puis, en décembre 2010, pour les zones peu denses et le reste de la population. « Dans les zones très denses, nous avons amené les opérateurs à mutualiser leurs investissements dans les immeubles. Dans les autres, nous avons suscité le dialogue autour du co-investissement entre opérateurs privés, mais aussi avec les collectivités locales », résume Jérôme Coutant, membre de l'Arcep.

Déclarations d'intention.

Une fois les règles du jeu connues, le temps des annonces est revenu. En effet, le gouvernement a demandé aux opérateurs nationaux de communiquer, avant le 31 janvier 2011, leurs intentions d'investissements en fonds propres dans les zones peu denses, afin d'aider les régions et les départements à établir leurs schémas directeurs d'aménagement numérique. La cartographie des communes concernées sera précisée d'ici la fin du printemps. En attendant, chaque opérateur national avance ses pions.

France Télécom a lancé la première salve en février 2011, en prévoyant d'investir 2 milliards d'euros pour commencer à « fibrer » 3 600 communes d'ici 2015. « Nous élargissons notre programme initial, annoncé en février 2010, en passant de 10 à 15 millions de foyers couverts sur nos fonds propres, soit 60 % de foyers en France, précise Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales de France Télécom Orange. Quand nous commençons à équiper une ville, nous nous engageons à équiper tous les logements en cinq ans. »
De son côté, Free déclare une dépense de 1 milliard d'euros pour un plan de 4 millions de prises installées entre 2009 et 2012. SFR Collectivités a déjà investi 500 millions d'euros en zones très denses et pense dépasser les 150 millions annuels jusqu'en 2015. « Cette bataille de chiffres n'a pas de sens si l'on ne connaît pas les référentiels de chacun de nos concurrents, tranche Cyril Luneau, directeur de SFR Collectivités. Nous trouvons plus important de préciser sur quelles communes nous investirons nos fonds propres dans les zones peu denses. Nous nous engageons sur 327 communes, ce qui portera notre couverture totale à 10 millions de foyers. »
Bouygues Télécom, engagé tardivement sur ce marché, évoque 150 millions d'euros pour 2011, préférant souligner sa stratégie d'alliance avec SFR pour cofinancer des infrastructures FTTH en zones très denses et avec Numéricâble pour commercialiser des offres d'accès à très haut débit.

Contribution des collectivités.

De son côté, Numéricâble modernise avec ses fonds propres 8,5 millions de prises en très haut-débit FTTB et fera appel à l'argent public pour les 1,5 million de prises restantes. « Nous sollicitons cette contribution auprès des collectivités locales lorsque cet investissement n'est pas rentable pour nous », explique Jérôme Yomtov, secrétaire général de l'entreprise.

Les zones les moins rentables du territoire sont aussi les laissées-pour-compte de l'ambitieux programme de l'opérateur historique, qui laisse en suspend l'avenir de 40 % de foyers français. « Nous sommes prêts à envisager des solutions avec les collectivités à travers des réseaux d'initiative publique conçus en complémentarité », précise Bruno Janet. France Télécom Orange répondra donc aux appels d'offres, à condition que ceux-ci concernent des projets situés dans des zones où l'entreprise n'a pas l'intention de procéder à des déploiements sur fonds propres à court ou moyen terme.
La première délégation de service public répondant à ce modèle privilégié par l'opérateur a été signée en janvier 2011 avec la communauté d'agglomération de Laval (Mayenne). France Télécom compte financer sur ses fonds propres le réseau FTTH de la ville-centre, les autres communes de l'agglomération le seront sur fonds publics. Sa stratégie influencera aussi celle de ses concurrents. « Nous avons répondu favorablement à tous les appels de cofinancement des autres opérateurs pour les communes de zones très denses. Pour celles moins denses, nous adopterons le même principe : nous co-investirons là où ils iront », déclare Laurent Laganier, directeur de la réglementation et des relations avec les collectivités du groupe Illiad. Et d'ajouter : « Nous souhaitons être présents là où nous avons déjà des abonnés ADSL, y compris sur des réseaux d'initiative publique, mais pas à n'importe quelles conditions tarifaires. » SFR choisit également de ne pas « laisser France Télécom faire cavalier seul ».

Développement économique.

Le partage entre fonds privés et publics sur les zones les moins rentables sera au coeur des discussions durant les prochains mois. « Nous menons une étude pour simplifier les modalités de co-investissement et de mutualisation », indique Jérôme Coutant, de l'Arcep. Le fruit de ce travail sera publié d'ici la fin du premier semestre 2011. Le cadre réglementaire est donc un chantier continu. Et de poursuivre : « Il est important que l'offre à très haut-débit se développe sur tout le territoire. Pour cela, nous devons trouver les modèles économiques pertinents dans les zones les moins denses (lire l'encadré p. 26) et ne pas ralentir l'intervention publique car celle-ci correspond, le plus souvent, à un projet territorial de développement économique. »

Sept projets-pilotes en zones rurales

 

Le Commissariat général à l'investissement a sélectionné sept projets expérimentaux en zones peu denses, qui associent des collectivités rurales et des opérateurs nationaux. La communauté de communes coeur de Maurienne (Savoie) et les communes de Aumont-Aubrac (Lozère), Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne), Issoire (Puy-de-Dôme), Mareuil-sur-Lay-Dissais (Vendée), Saint-Lô (Manche) et Sallanches (Haute-Savoie) doivent installer au minimum 300 prises FTTH chacune d'ici juin. L'objectif est d'identifier les bonnes pratiques techniques, mais aussi de définir des processus de co-investissement et l'articulation entre investisseurs privés et réseaux d'initiative publique. Ces projets sont subventionnés par le Fonds national pour la société numérique, alimenté par 750 millions d'euros.


Lexique

 

Très haut-débit : accès à internet supérieur à 50 mégabits (Mbits) en entrée et 5 Mbits en sortie, selon l'Arcep.
FTTB : Fiber to the Building (fibre jusqu'au bâtiment). Le réseau TV câblé est modernisé en fibre optique jusqu'au pied de l'immeuble. Il reste en cuivre coaxial sur sa partie verticale. Le débit ne dépasse pas 100 Mbits en entrée et 5 en sortie.
FTTH : Fiber to the Home (fibre jusqu'à l'abonné). La fibre optique irrigue le réseau en horizontal et en vertical jusqu'au domicile. Les perspectives de débit sont illimitées en entrée et en sortie.


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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:05

L'appétence pour le très haut-débit par fibre optique est proportionnelle à la mauvaise couverture en ADSL des territoires ruraux.

 

«Depuis que 370 foyers de la commune ont été raccordés à la fibre optique, en juin 2010, il y a déjà 200 abonnés à une offre internet à très haut débit de 100 mégabits (Mbits) symétriques », se félicite Bruno Loustalet, maire de Thil (1 000 hab., Ain). En 2008, dans ce village, seuls 120 foyers bénéficiaient d'une offre ADSL à 512 kilobits.

Attente des habitants.

Entre investir dans l'installation d'un noeud de raccordement d'abonnés en zone d'ombre (NRA-ZO, 500 000 euros pour 2 Mbits) et dans le raccordement proposé par le syndicat intercommunal d'énergie et d'e-communication de l'Ain (300 000 euros pour 100 Mbits symétriques), le débat a été vite clos. Certes, Thil profite de conditions très favorables (lire page suivante). Mais l'attente des Thilois était comparable à celle des habitants de communes mal ou pas encore desservies par le haut-débit ADSL. A Sainte-Anne (23 457 hab., Guadeloupe), première commune d'outremer à avoir fait un choix 100 % FTTH pour toute sa population, le chiffrage des NRA-ZO était de 1,8 million d'euros pour apporter l'ADSL à 2 039 foyers. Celui de la fibre optique était de 4 millions pour les 10 500 foyers de la commune répartis sur un vaste territoire défini comme zone rurale. A Chevry-Cossigny (3 700 hab., Seine-et-Marne), le 2 février 2011, les habitants faisaient la queue en attendant l'ouverture du point d'information pour la fibre optique dans le cadre de l'expérimentation lancée dans le village (lire l'encadré p. 26).

Fort taux de pénétration.

Dans ces territoires, « le passage direct au FTTH bénéficiera d'un taux de pénétration bien meilleur que dans les zones très denses. Cette adoption sera d'autant plus forte si la zone souffre aussi d'une mauvaise couverture de la télévision numérique terrestre », remarque Stéphane Lelux, président du cabinet de conseil Tactis. « Le paradoxe c'est que les opérateurs réalisent des investissements importants pour construire une nouvelle infrastructure là où les performances de l'ADSL sont les meilleures et où le taux de pénétration du très haut-débit peine à décoller, reconnaît Jérôme Coutant, membre de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Mais, bonne nouvelle, l'investissement public-privé sur le très haut-débit dans les territoires les moins denses rencontrera immédiatement son marché car l'attente est forte et il serait dommage de l'ignorer. »

En effet, les territoires ruraux qui ne figurent pas dans les plans de desserte en fibre optique déjà programmés pour les dix ans à venir devront soit subventionner l'augmentation de la capacité du réseau téléphonique en cuivre existant, soit investir dans une nouvelle infrastructure en fibre optique. Ces décisions se prennent en lien avec le département dans le cadre du schéma directeur territorial d'aménagement numérique ou des stratégies de cohérence régionale, en cours de finalisation dans toute la France. « Il faut être prudent sur la montée en débit, c'est un choix technique et économique, explique Michel Lebon, consultant du cabinet Lebon Conseil. Chaque territoire peut justifier d'une étude de faisabilité avant de prendre sa décision. La montée en débit de l'ADSL peut être vue comme une solution immédiate qui correspond aux besoins actuels, mais cela pourra vite être un piège, car les opérateurs privés de FTTH risquent d'être moins enclins à venir sur ces zones dans les cinq ans à venir. »

Réglementation en préparation.

L'Autorité de la concurrence avait elle-même mis en garde l'Arcep sur le risque de moderniser le réseau en cuivre de téléphone sans offre concurrentielle pour les consommateurs, le déploiement d'une nouvelle boucle locale en fibre optique restant la meilleure solution sur les plans technologique et concurrentiel. « Nous finalisons le cadre réglementaire de la montée en débit pour aider les collectivités à bien arbitrer entre l'investissement immédiat dans une nouvelle infrastructure tout fibre et le remplacement progressif du cuivre par celle-ci », indique Jérôme Coutant.

De son côté, France Télécom conseille, pour les 40 % de foyers qui ne seront pas concernés par son programme de déploiement d'ici 2020, d'adopter une démarche intégrant à la fois le FTTH et la montée en débit sur le réseau de cuivre, selon les capacités financières. « Il convient néanmoins d'attendre que le cadre réglementaire soit stabilisé pour lancer de tels projets », précise Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales de France Télécom Orange. A moins qu'une nouvelle régulation du secteur des communications électroniques ne vienne redistribuer les cartes. En effet, le 8 mars, l'Autorité de la concurrence invitait l'Arcep à étudier une éventuelle séparation fonctionnelle entre les activités de France Télécom, qui resteront en monopole, et celles qui relèvent du champ concurrentiel. Comme cela a été le cas dans d'autres industries de réseaux régulés - électricité ou chemins de fer. Une décision qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de péréquation pour les territoires ruraux.

Les alternatives « sans fil »

 

Qu'elles soient hertziennes terrestres ou satellitaires, aucune des technologies sans fil qui couvriront les zones blanches du FTTH n'égalera les performances de débit de la fibre optique. Certaines d'entre elles pourraient être financées par une enveloppe de 250 millions d'euros du grand emprunt. Parmi les candidats, Eutelsat propose l'envoi d'un satellite de nouvelle génération capable d'offrir un débit de 50 mégabits, à condition de limiter sa portée à 250 000 personnes. Sont attendus aussi les réseaux mobiles de quatrième génération dont les fréquences seront attribuées par l'Arcep au printemps 2011 avec des obligations en matière d'aménagement du territoire. Parmi les solutions sans fil évolutives citons le Wifibre, qui relie des sites déjà équipés en FTTH avec des émetteurs Wifi en attendant la construction d'une boucle de collecte en fibre optique.

Ce qu'ils en pensent -
René Souchon, président de la région Auvergne et de la commission « aménagement du territoire » de l'Association des régions de France -
« Pas de modèle économique rentable »

 

« L'Auvergne est la seule région à avoir pris la maîtrise d'ouvrage régionale du haut-débit, en 2007, en fédérant ses quatre départements et ses six agglomérations. Pour le FTTH, nous sommes conscients qu'il n'existe pas de modèle économique rentable sur les zones rurales. Nous nous sommes portés volontaires pour tester l'installation de 700 prises FTTH dans un quartier d'Issoire (Puy-de-Dôme), avec les quatre opérateurs nationaux. Ceux-ci définiront ensemble le coût moyen de déploiement et les modèles de mutualisation. Nous serons alors en mesure, en octobre, de lancer un partenariat public-privé pour mener un déploiement du FTTH à grande échelle. En attendant, d'ici 2025, l'installation d'une prise dans chaque foyer auvergnat, nous utiliserons la montée en débit du réseau en cuivre de l'ADSL en le remplaçant progressivement par de la fibre optique. Nous compléterons, pour les zones inaccessibles, par la connexion à très haut-débit par satellite. »

Patrick Chaize, directeur du syndicat intercommunal d'énergie et d'e-communication de l'Ain, maire de Vonnas (Ain)
« Priorité aux zones qui n'ont pas l'ADSL"

 

« Les 419 communes du département nous ont transféré leur compétence d'aménageur numérique. Il y a de grandes similitudes entre l'électrification du pays et le déploiement d'un réseau en fibre optique. Celui que nous avons engagé est 100 % FTTH, afin d'équiper nos 250 000 foyers d'ici 2020. Nous desservons en priorité les zones sans connexion ADSL. Dans ces communes, le taux d'abonnement monte en flèche dès la commercialisation des offres FTTH alors que seuls des opérateurs locaux sont présents. Notre territoire est en zone peu dense et, si l'opérateur historique a des intentions de fibrage à Bourg-en-Bresse, nous savons très bien que son seuil de rentabilité se calcule à court terme, sur des prises dont le coût ne dépasse pas 250 euros l'unité. Notre retour sur investissement, lui, est sur douze à quinze ans. De plus, nous mutualisons et optimisons les coûts grâce à notre maîtrise des infrastructures électriques et de gaz. »

Patrick Mostefaoui, directeur de l'établissement public pour les autoroutes rhodaniennes de l'information (Epari) -
« Moderniser notre réseau avec le FTTH »

 

« Dans les années 90, le conseil général du Rhône a installé le câble, avec l'Epari, pour répondre au problème des zones d'ombre de la télévision, en particulier dans les zones rurales. A l'époque, nous avions déjà conçu cette infrastructure pour internet, en installant 2 000 km de fibre optique au plus près des utilisateurs. Ce choix technologique permet aujourd'hui de proposer du très haut-débit (100 megabits en réception et 5 en émission) sur 100 % du réseau du Rhône. Fin 2009, nous avons pris un avenant à notre délégataire, Numéricâble, pour traiter les zones blanches et installer de nouvelles prises. La prochaine étape sera de moderniser le réseau en stimulant la concurrence et en substituant la terminaison coaxiale par la fibre soit en FTTB soit en FTTH. C'est actuellement à l'étude au sein d'un schéma directeur départemental, en cohérence avec l'ensemble des initiatives publiques et privées. »

Sophie Maréchal;21 mars 2011

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:04

Entretien avec Patrick Vuitton, délégué général de l'Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel (Avicca)

Le président de l'Avicca, Yves Rome, a exprimé ses inquiétudes à la suite des annonces des opérateurs en matière de déploiement de la fibre optique (*). Il craint une grave fracture numérique du très haut-débit. Les déclarations d'intention des opérateurs n'ont-elles pas donné aux collectivités davantage de visibilité sur les schémas d'aménagement numérique du territoire en préparation ?

 

Nous regrettons que trois ou quatre mois soient nécessaires pour compiler sur une carte les déclarations d'intention des opérateurs déposées le 31 janvier ! Certes, certains d'entre eux informent directement les collectivités des zones qu'ils veulent couvrir - ou, en tout cas, celles où ils ne souhaitent pas que les collectivités prennent l'initiative ! Et les opérateurs indiquent toujours quand ils envisagent de commencer à équiper une commune, mais jamais quand ils finiront. Il ne faut pas prendre les déclarations pour argent comptant, car aucun investissement supplémentaire n'a été annoncé, et aucune sanction ne sera appliquée à une fausse déclaration. A ce jour, nous avons surtout une visibilité sur ce qui ne sera pas fait, ce qui créera une énorme zone blanche pour les dix prochaines années, bien plus large que celle du haut-débit.

Un déploiement concomitant entre zones denses et zones rurales ne vous paraît pas envisageable ?

En 2011, il y aura 1 million de prises construites en zones très denses et 60 000 à 80 000 en zones rurales ! Bien sûr, les deux chantiers sont lancés de front, mais à la manière du pâté mi-cheval, mi-alouette ! Pour mener à bien ces deux déploiements en parallèle, il faudrait au moins que soient précisées les règles d'emploi du Fonds national pour la société numérique. Les collectivités locales ne savent toujours pas si les projets déjà lancés ou en cours de lancement seront ou non éligibles à ces aides, ce qui retarde la mise en oeuvre des procédures d'appel d'offres.

Vous évoquez les risques d'écrémage dans les zones très denses, n'est-ce pas un procès d'intention ?

On constate sur le terrain que des zones d'activité économique, des services publics et des quartiers pavillonnaires sont ignorés des déploiements entrepris depuis deux ans. Se pose aussi le problème des coûts de raccordement pour les usagers : seront-ils raisonnables ? Les opérateurs envisagent d'arrêter la couverture horizontale à 150 mètres des maisons individuelles, il faudrait débourser de 400 à 500 euros à chaque fois pour achever le raccordement. A tel point que certains opérateurs suggèrent aux élus de financer les habitants pour qu'ils se raccordent... dans les zones dites « rentables » !

(*) A lire sur :www.avicca.org/Fibre-optique-moins-de.htmlL'Avicca organise, le 5 avril 2011 à Paris, le colloque « Etablir son projet très haut-débit » ouvert à tous les acteurs de l'aménagement numérique, sous condition d'inscription (sur le site internet).

Sophie Maréchal. La Gazette des communes. 21 mars 2011



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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:34

Armor Mobile Security adopte un SAP à sa mesure

Le fabricant de véhicules blindés, AMS, passe du stade d'artisan à celui de carossier industriel grâce un nouveau système d'information de gestion digne des grands groupes indutriels. Pour réussir son projet il a suivi à lettre les processus pré-définis proposés par son intégrateur.

Informatisation : Le spécialiste breton du blindage de véhicules met en place un système d'information de gestion unique, en neuf mois, en adoptant des processus pré-définis.

En novembre dernier, le retour à l'atelier du 4x4 Toyota Land Cruiser criblé de balles de Kalachnikov a marqué les esprits : les quatre fonctionnaires anglais qui voyageaient à son bord, au cours d'une mission en Irak, en sont sortis indemmes grâce au blindage fabriqué sur le site de Lamballe (Côtes d'Armor) d'Armor Mobile Security (AMS). A la fierté légitime de contribuer à préserver la vie, s'ajoute pour les salariés de l'entreprise spécialisée dans le blindage de véhicules, celle d'appartenir à une PMI dont le savoir-faire en terme s'exporte dans 80 pays pour la protection de chefs d'états, de diplomates ou de responsables d'organisation humanitaires.
Devenue filiale de l'américain O'Gara Hess et Eisenhardt en 1998, l'ancien artisan carossier Labbé a franchi, en janvier dernier, un nouveau cap dans l'industrialisation de son activité avec la mise en oeuvre d'un système d'information de gestion capable d'accompagner la montée en charge d'une production en plus grandes séries sur un marché en croissance en raison des conflits au Moyen-Orient. .
Il lui aura suffi de neuf mois pour installer un SAP, un progiciel de gestion intégré digne des plus grands groupes industriels. Mais la culture PMI est restée bien encrée chez le carossier breton ! Pour concrétiser son objectif dans un délai aussi sérré, il a préféré se conformer à la lettre aux méthodologies proposées et aux préparamétrages conçus par la société IDS-Sheer, éditeur allemand de solutions de managements des processus. .
« Il nous a fallu quatre mois pour obtenir l'accord de notre actionnaire qui souhaitait nous faire adopter une autre solution ! Les responsables du siège avaient une mauvaise image de SAP qu'ils jugeaient trop lourd à installer et trop puissant, confie Frédéric Louis, directeur administratif et financier d'AMS France. Nous les avons convaincus grâce à l'apport des fonctions préparamétrées qui évitaient justement d'alourdir le projet. Ces fonctionnalités avaient été testées chez des industriels qui produisaient comme nous des biens d'équipements complexes. Comme nous ne fabriquons pas de produits standards, nous avons besoin de consolider nos résultats à l'affaire, c'est à dire véhicule par véhicule ». La préparation sur le terrain a été particulièrement cadrée. AMS passait en effet d'une informatique de gestion rudimentaire à un progiciel intégré bénéficiant des dernières avancées technologiques. .
« Nous ne souhaitions pas faire fonctionner deux informatiques en parallèle. Nous devions nous lancer rapidement dans la logique du nouveau système » explique Solène Lajoux, contrôleur de gestion d'AMS et chef du projet SAP. .

Une grande disponibilité pour les utilisateurs clés du projet

Lancé en mai 2004, le projet démarre simultanément sur les quatre grandes fonctions à informatiser : gestion commerciale, achats- logistique, production et finance. Pour chaque domaine est associé le responsable du domaine et des utilisateurs-clé (chef d'équipe, magasinier, etc). .
« Nous avons embauché des intérimaires pour libérer 50 à 80% de leur temps, selon la fonction couverte,précise Solène Lajoux. Un fabricant de machines de chantier qui venait de terminer un projet similiaire, nous avait conseillé de donner le maximum de disponibilité aux les utilisateurs directement associés à l'implémentation du projet ». .
Quelle que soit la fonction couverte, les utilisateurs clés découvrent la solution en même temps. puis sont impliqués à toutes les étapes du projet, analyse, paramétrage, tests de lancement, avec des délais à respecter pour avancer simultanément. « Chacun se cantonnant à son rôle nous avions des comités réduits, très impliqués, afin de prendre des décisions rapidement, poursuit Solène Lajoux. Nos utilisateurs-clés n'avaient pas l'habitude de l'outil informatique, il ne fallait pas trop de bureaucratie et d'administratif, les procédures sont donc assez simples : saisie d'heures, état de stock, réceptions de commandes etc… ». En trois mois, de juillet à septembre, l'ensemble des flux pré-paramétrés étaient testés et les écarts analysés, l'intégration et la formation, occupant le trimestre suivant. Les utilisateurs-clés ont ainsi contribué à former quarante-cinq de leurs collègues qui utilisent maintenant au quotidien le progiciel.

Des créations de nouvelles fonctions

Opérationnel, depuis janvier 2005, le progiciel a permis de revoir les processus existants et d'en créér de nouveaux. Par exemple, AMS a du créé un poste d'administration des ventes qui n'existait pas auparavant. Cette fonction couvre le processus qui va de commande client en passant par le suivi de production, la livraison, la facturation jusqu'au recouvrement. « Nous avons aussi rataché le pôle logistique à la fonction achats, nous avions déjà l'idée de le faire, l'installation du nouveau système était donc l'occasion de concrétiser cette idée » ajoute-t-elle. AMS s'est conformé avec une certaine humilité et sans grandes difficultés aux propositions proposées par la solution d'IDS-Sheer, cependant la partie qui a demandé le plus gros effort est la création des monenclatures des véhicules blindés fabriqués en série.
« Le premier MRP (manufacturing ressources plannification) que nous avons lancé avec le système n'était pas cohérent, nous avons du vérifié près de 3000 pièces, code à code. C'était un sujet complètement nouveau pour notre société, avoue Solène Lajoux. Désormais le dossier de fabrication sort du bureau d'étude automatiquement pour engager les investissements nécessaire au blindage d'un modèle ».
Une organisation ajustée
Ces nomenclatures seront constituées pour les modèles produits en série, comme par exemple les 4x4 Toyota ou Land Rover ou les véhicules de transport de fonds. Petit à petit, des ajustements s'opèrent, « Nous avons encore des progrès à faire pour que l'entreprise s'adapte complètement au logiciel. Nous nous sommes concentrés sur l'essentiel, nous ne pouvions pas tout unifier en une seule fois, reconnaît Solène Lajoux. Par exemple nous pensons impliquer le sous-traitant qui gère notre stock de tôles en lui donnant un accès dans notre système SAP ».En disposant maintenant d'un seul système qui permet d'élaborer toutes les combinaisons possibles entre les différentes données des grandes fonctions de l'entreprise, AMS a réussi son pari : devenir un véritable carossier industriel.


Produire des véhicules blindés en séries
Les enjeux :

- Réaliser des blindages en plus grande série grâce à des accords pris avec des constructeurs de 4x4, de berlines et de véhicules de transport de fonds.

- Répondre à la croissance de l'activité en raison des conflits au Moyen-orient.

- Satisfaire aux exigences de reporting de la holding américaine

Les solutions :

- Mise en place d'un système d'information unique pour une gestion d'activité par affaire, basé sur le progiciel de gestion intégré : SAP R3

- Pré-paramétrage avecAris-Smartpath, outil management de processus de la société IDS-Sheer (intervenant aussi comme intégrateur)

Le projet

- Neuf mois de travail (mai 2004 à janvier 2005)

- Coût total : 1 million d'euros

- Périmètre : gestion commerciale, achats et logistique, production, finance

- Un chef de projet et quatre consultants IDS-Sheer (intégrateur)

- Dix personnes AMS (des responsables de domaines et des utilisateurs clés)

- Un chef de projet AMS (le contrôleur de gestion)

Les améliorations qui restent à apporter :

- Consolider les résultats par type de véhicule produit.

- Gerer l'inventaire en temps réel.

- Mesurer la productivité des ateliers, l'encourt de production…

- Fiabiliser les informations


Facteurs clés de succès
Dégager de la disponibilité à l'équipe projet en recrutant des intérimaires
Respecter les délais définis par chaque comité en charge d'une fonction
Rester au plus près des standards proposés
Intégrité des données de base


L'entreprise
Filiale du groupe américain Armor Mobile Security division de O'Gara Hess & Eisenhardt Company ( leader mondial de la protection de véhicules)
Activité : blindage de 4x4, berlines de luxe, véhicules militaires et transport de fonds Effectifs : 180 salariés.
Siège : Lamballe (22-Côtes d'Armor)
Chiffre d'affaires : 27 Millions d'Euros en 2004

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 11:09

 

 

Après avoir approuvé le principe d’ouvrir ses données publiques en juin, le conseil de Paris a posé le cadre de leur diffusion dans une délibération adoptée le 14 décembre.

 

Les geeks à l’affut de données geolocalisées attendent avec impatience la promesse d’un nouveau « lâcher de données publiques »…. D’ici un mois, en effet, la ville de Paris ouvrira un site dédié pour mettre en ligne ses données publiques non nominatives.

Ainsi la capitale emboite le pas à la ville de Rennes en ouvrant gratuitement l’accès aux données produites par ses services. Après avoir acté sa volonté politique sur la diffusion des données publiques les 6 et 7 juin 2010, le conseil de Paris procédait donc le 14 décembre au vote d’une délibération adoptant le principe d’une licence globale libre inspirée largement de l’Open Database Licence (ODbL) utilisée notamment par la ville de San-Franscisco.

Une licence « open data » adaptée au droit français

« Nous l’avons traduite en français puis adapté au droit français avec la direction juridique de la mairie de Paris et les juristes de la communauté du logiciel libre » explique-t-on au cabinet de Jean-Louis Misika, porteur du dossier, adjoint au maire de Paris pour la recherche, l’innovation et les universités.

Cette licence a été choisie après consultation des collectifs, Veni, Vidi, Libri, Regards Citoyens et Chapitre Creative Common France. Elle s’appuie sur deux principes fondamentaux :

  1. les données sont réutilisables à des fins commerciales à condition de citer la source, soit la ville de Paris,
  2. si les données sont transformées, la nouvelle base doit être republiée sous la même licence. Des principes de « partage à l’identique » suivis par exemple par le site Wikipedia..

Une entreprise qui ne souhaiterait pas se soumettre à cette condition de partage pourra souscrire auprès de la ville une licence payante non exclusive.

Champs ouvert à la co-conception citoyenne

« Nous sommes encore en phase expérimentale, nous mettons en ligne la donnée brute car nous souhaitons avoir un modèle d’innovation ouverte pour de pas brider la créativité, ni des start-up, ni des citoyens que nous souhaitons encourager dans la co-conception de services nouveaux dans la ville», ajoute-t-on.

Le site web « open data » sera lancé avec une vingtaine de base données geolocalisées plus détaillées que celles disponibles par exemple sur Google Maps.

« Nous discutons avec nos partenaires délégataires et syndicat mixtes pour qu’ils libèrent eux aussi les données en leur possession », poursuit-on. Pour l’instant, les champs des applications est volontairement indéfini. Seul mot d’ordre : « nous souhaitons être surpris ». Services de proximité pour mobinautes ou études scientifiques, aucune restriction à l’horizon.

Un week-end de février 2011 sera réservé, à La Cantine à Paris, pour organiser un « barcamp ». Ainsi, les services de la mairie concernés rencontreront les geeks du Web.3.0 pour une « non-conférence » dans la pure tradition de la communauté de « l’open data » c’est-à-dire avec ordre du jour… blanc.

 

Sophie Maréchal,La Gazette des communes,17 décembre 2010.

 

Références

Délibération de la ville de Paris, 14 décembre 2010

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:20

 

 

La prochaine commercialisation des mobiles sans contact ouvre des possibilités de nouveaux services.
Les villes réfléchissent à des alternatives pour servir toutes les catégories de population.

«Les services conçus pour le téléphone mobile sans contact renforceront l'attractivité des territoires », déclarait Christian Estrosi, ministre chargé de l'Industrie, à un parterre de représentants de collectivités locales et d'opérateurs de transports, de télécommunications et de services bancaires, réunis le 6 juillet dans le cadre d'un colloque sur le thème « devenir un territoire leader du sans contact mobile ».

Fleuron de l'industrie française, la technologie de la puce sans contact NFC (1) dans les téléphones offre des perspectives de développement économiques avec, à la clé, des créations d'emplois. Ainsi, le ministre encourage les villes, à l'instar de Nice (Alpes-Maritimes), dont il est maire, à devenir les vitrines de nouveaux usages (lire l'encadré, p. 25) pour le marché international.
Aujourd'hui, les technologies de la carte sans contact sont matures pour être intégrées dans le téléphone portable. Les acteurs économiques des filières du transport, de la banque et des télécommunications se sont entendus pour faire converger leurs standards techniques propres vers celui du NFC. « Grâce à cela, les opérateurs de télécommunications peuvent ouvrir la puce sim à des tiers par le biais d'une plateforme commune appelée Citysi, explique Laurent Jullien, administrateur et secrétaire général de l'Association française du sans contact mobile (2). Les spécifications techniques sont mises en ligne gratuitement afin de favoriser le développement de nouveaux services dans les villes. »
L'expérience de Nice Côte d'Azur teste non seulement cette plateforme commune, mais valide aussi les perspectives d'un écosystème encore en gestation. Le téléphone NFC apportera des services comme l'achat de tickets, la réservation de places de spectacle ou la consultation des horaires de bus en temps réel. Cependant, l'un des prérequis de la réussite de ces nouveaux services est l'existence d'une infrastructure capable de communiquer avec la puce du téléphone. Celle-ci repose d'abord sur le déploiement de la carte sans contact.

Les transports en avance.

Une première étape que seul le secteur du transport a véritablement franchi, en remplaçant progressivement sa billettique papier ou magnétique par des cartes à puce sans contact. Le secteur bancaire commence à peine, de son côté, la distribution des cartes sans contact (Mastercard, Visa et Paypass) ainsi que le renouvellement des terminaux de paiement équipant les commerçants. Les usages sont observés avec prudence dans ce secteur, car l'échec du porte-monnaie électronique Moneo est encore vif dans les esprits. A cela s'ajoutent des cartes (type Vigik) pour accéder à des bâtiments privés.

Les infrastructures sans contact ont aussi la particularité d'être ouvertes à d'autres supports. Ainsi la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée a distribué à 200 étudiants une clé USB, le Neopass, qui réunit leur titre de transport et un bouquet de services liés à leur vie universitaire. Celle-ci se recharge par internet de manière sécurisée. « Nous travaillons d'abord sur les usages dans le cadre du living lab de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, indique Pascal Peuchot, responsable du service territoire numérique. Cette expérimentation nous donnera les moyens de mieux exprimer nos besoins pour une diffusion plus large. »
Différentes déclinaisons du sans contact ont aussi été testées, depuis 2005, via une quinzaine de projets-pilotes, par des villes telles que Caen, Rennes, Bordeaux ou Strasbourg, chacune valorisant les innovations développées par les entreprises de son territoire. La pré-commercialisation du téléphone NFC à Nice symbolise, en quelque sorte, l'aboutissement de ces nombreux tests.

Un nouvel audioguide.

En outre, le téléphone mobile lui-même, indépendamment de la technologie du sans contact, donne accès à de nouveaux services. Les Blackberry, détrônés depuis par l'iPhone, et tous les téléphones dits « intelligents » qui se connectent à internet ont fourni l'occasion de plusieurs essais, en particulier dans le secteur du tourisme. Le téléphone devient alors un audioguide de nouvelle génération. Grâce, par exemple, à l'étiquette 2D (dite aussi « flashcode ») : des codes-barres imprimés sont photographiés avec le téléphone pour accéder à un commentaire multimédia sur le portail internet de la ville.

Sarlat-la-Canéda (Dordogne), Leucate (Aude) et le pays de Bourg-en-Bresse (Ain) se sont engagées aux côtés d'Orange pour mettre en pratique cette technologie. Soit en posant ces codes sur les monuments et sites remarquables de la ville, soit, comme le pays de Bourg-en-Bresse, en les imprimant sur une bande dessinée renvoyant vers des informations sur le site de la ville.
Nice teste ces mêmes étiquettes auxquelles s'ajoute un tag RFID (un capteur qui communique avec la puce NFC). Elles sont placées près des œuvres du musée d'art moderne et d'art contemporain de la ville, le Mamac. Cette expérience est menée aux côtés de GFI, société de services informatiques qui a installé un laboratoire de veille du sans-contact dans la région. « Il suffit juste d'approcher le téléphone de l'étiquette pour accéder à l'information sur le site. C'est plus rapide que de passer par l'étape de la photographie », observe Florence Barale, conseillère municipale à Nice. La ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), en pointe dans les usages d'informations géolocalisées par téléphone portable, est aussi labellisée par le portail internet national Proxima mobile (3) pour la mise à disposition d'un guide téléchargeable sur le téléphone permettant de localiser l'un des 1 530 organismes rennais.
Bordeaux (Gironde) a été sélectionné par ce même portail pour le téléchargement de l'agenda des événements culturels et de loisirs. « Le mobile donne accès à l'information d'une manière naturelle, mais attention à ne pas laisser se creuser la fracture numérique », prévient Pascale Avarguès, directrice de l'organisation et de l'informatique à la mairie (lire le témoignage, p. 2).

Le téléphone pour téléphoner.

En effet, à l'intérieur de cet écosystème, se pose la question d'accompagner la population et de fournir un service accessible au plus grand nombre. C'est pourquoi Metz (Moselle) a décidé, de son côté, d'explorer la dématérialisation de la carte ville sur tous types de téléphones, même les plus anciens. « Nous avons commencé par le service le plus complexe à mettre en œuvre, le stationnement payant dans la ville, précise Francis Hector, directeur de la prospective numérique. Nous nous adressons à un public le plus large possible avec un service sans surcoût pour l'usager. »

Cette application, Mobile city, est déjà utilisée dans plusieurs communes allemandes. Elle est lancée, cet été, par Urbis park, le délégataire des parcs de stationnement messins. Pour en bénéficier, les automobilistes inscrivent sur un site internet leurs numéros de téléphone mobile et de plaque d'immatriculation, puis approvisionnent un porte-monnaie électronique en ligne. Pour activer le ticket de stationnement, il leur suffit d'appeler un numéro de téléphone gratuit, un sms de confirmation leur est envoyé. Ils appellent à nouveau pour mettre un terme au stationnement, qui leur est alors facturé en temps réel. Plusieurs de ces projets-pilotes seront bientôt des réalisations opérationnelles. Les communes devront alors réfléchir à inclure dans leur stratégie de communication ce lien avec l'objet nomade fétiche de leurs habitants ou des visiteurs qui s'arrêtent sur leur territoire.

Appel à déclarations d'intention

Le ministère de l'Industrie lance un appel à déclarations d'intention aux villes qui souhaitent suivre l'exemple de Nice. Les candidatures seront étudiées jusqu'au 30 septembre. A cette date, trois à cinq territoires seront labellisés pour déployer, courant 2011, de nouveaux services sur des téléphones portables équipés de la technologie NFC. L'objectif est de tenir l'engagement du plan France numérique 2012 qui prévoit la création d'un bouquet de services sans contact dans la ville. Ces déploiements seront suivis par le Forum des services mobiles sans contact, initié par le gouvernement fin 2008. Celui-ci fédère les principaux acteurs de la filière économique du sans contact mobile et vise à valoriser l'innovation des entreprises françaises dans ce domaine.

Caen - Proposer aussi des alternatives

«Nous sommes, certes, à l'aube d'une nouvelle ère, mais le téléphone mobile NFC arrive sans faire table rase du passé. » Tel est le sentiment de Jérôme Dussert, directeur adjoint aux affaires économiques de Caen (Calvados). Première ville au monde à tester, en 2005, le paiement par téléphone mobile, forte de l'expertise de son pôle de compétitivité sur les transactions électroniques et de sa participation au projet européen Smart Urban Spaces, la ville estime avoir, aujourd'hui, le recul nécessaire pour passer du projet-pilote à la phase de réalisation grandeur réelle. « Le renouvellement du parc de téléphones prendra au minimum trois ans. Quoi qu'il en soit, la ville ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier et nous préparons un schéma directeur pour organiser les différentes alternatives que nous proposerons aux habitants », poursuit le directeur adjoint. Afin de servir une population la plus large possible, Caen insiste sur les capacités à communiquer entre eux des différents systèmes mis en œuvre. « Nous ne voulons pas nous laisser enfermer dans un modèle, les services doivent pouvoir se décliner non seulement sur les mobiles, mais aussi les ordinateurs, les cartes ou autres supports », ajoute Jérôme Dussert. L'arrivée du titre unique de transport sans contact, lancé conjointement par l'agglomération et la région, devrait être le moteur de cette « interopérabilité ». Selon lui, il s'agit d'un « défi à relever car chaque collectivité pourra ensuite y greffer ses services culturels, de loisirs ou même administratifs ».

TÉMOIGNAGE - Pascale Avargues, directrice de l'organisation et de l'informatique à la mairie de Bordeaux (Gironde) - « Nos infrastructures sont prêtes »

« La mobilité dans la ville est l'un des cinq axes de développement du projet Bordeaux, cité digitale initié par le maire. Nous avons l'expérience d'une carte ville multiservice dont 35 000 bordelais et 65 000 étudiants aquitains sont détenteurs. Cette infrastructure est bi-mode, carte à puce et sans contact (NFC). Nous sommes prêts pour l'arrivée du mobile NFC et nous testons aussi les clés USB, car chaque support a son public. Nos bases d'informations sur le portail internet sont riches et nous les rendons accessibles aux smartphones qui s'y connectent en photographiant les étiquettes 2D disséminées dans Bordeaux. Nous avons aussi mis à disposition l'agenda de la ville, ce qui nous a valu d'être retenus par le portail Proxima mobile. »

LES chiffres CLÉS

61,5 millions de cartes SIM en France fin 2009.
7,3 millions de téléphones mobiles sont des smartphones, le parc a doublé en 2009.
5 millions de cartes de transports publics sans contact NFC ont été distribuées par 70 régies.
250 000 cartes multiservices Moneo sans contact en fonction.
500 000 téléphones mobiles NFC ont été commandés par Orange pour 2011.
1 téléphone sur 6 devrait être sans contact d'ici 2014.

Source : Forum des services mobiles sans contact

(1) Near Field Communication (communication en champ proche) : le téléphone est reconnu comme une carte sans contact ou lit lui-même des puces sans contact.

(2) www.cityzi.fr,  www.afscm.org

 (3) www.proximamobile.fr

Sophie Maréchal, la Gazette des communes, 9 août 2010 

www.lagazettedescommunes.com 

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 15:02

 La mise en conformité, pour 2012, se fait lors de la refonte du site.
Des villes de ce changement pour apporter des services au-delà des standards.

«Nous sommes des citoyens à part entière et nous ne voulons pas quémander l'accès aux services en ligne de notre ville », assène Fernando Pinto da Silva, président de la commission NTIC [nouvelles technologies de l'information et de la communication], du comité national pour la promotion sociale des aveugles et des amblyopes. Et d'ajouter : « Ce n'est pas une revendication égoïste. Respecter les règles en amont, dès la conception d'un site, apporte du confort à tout le monde et simplifie l'accès à des populations qui ne sont pas encore connectées. » Habitant de Montreuil (Seine-Saint-Denis), il a participé à des ateliers de test, à titre bénévole : « Grâce à lui, j'ai appris le fonctionnement d'une page braille, reconnaît Julien Boutet, chef de projet web de la ville. J'ai compris aussi qu'un site web était plus accessible pour un aveugle que la bibliothèque. »

Conforme et attrayant.

Les sites web territoriaux doivent donc, aujourd'hui, relever le défi de l'e-administration et l'e-citoyenneté, en tenant compte des conditions de lecture de l'information à l'écran de 10 % de la population. Ces personnes utilisent des aides techniques comme la synthèse vocale, les lecteurs brailles ou les flèches du clavier pour se déplacer sur une page web. Au-delà du caractère obligatoire et l'échéance de 2012 (en application de la loi « Handicap » du 11 février 2005), le référentiel général d'accessibilité des administrations (RGAA) a vocation à conserver à internet son universalité chère à Tim Berners-Lee, l'inventeur du World Wide Web.

Mais, au fil de son évolution, la « toile » est passée d'un mode textuel, simple d'accès à ces aides techniques, à un foisonnement d'images et d'animations qui viennent parasiter cette lecture des personnes handicapées visuelle ou moteur.
« Un site complexe au goût du jour peut être accessible, assure Philippe Balin, expert en accessibilité des handicaps aux technologies de l'information et de la communication numérique. Il suffit de figer les choses grâce au respect des standards et de structurer l'information pour être lisible par les aides techniques. » Pour résoudre ces contraintes de navigation, il est indispensable, dans la phase technique de conception du site, de séparer la forme du fond en utilisant les feuilles de style.
A Nantes (Loire-Atlantique), le respect des standards était à l'œuvre avant même l'obligation nationale. « Nous visons le niveau AAA, c'est-à-dire l'accessibilité maximum, confie Stéphan Ménoret, responsable technique du site de la ville. Ce travail a l'avantage de faciliter la consultation du contenu du site sur un téléphone portable, une console de jeu, une télévision ou une tablette interactive. »
La refonte du site internet est la meilleure opportunité pour intégrer les standards. Cette prise en compte représente 2 % du coût du projet. Mais, pour un site déjà accessible depuis 2007, comme celui de Nantes, l'adoption d'un nouveau gestionnaire de contenus fin 2009 (pour faciliter la mise en ligne des informations) a momentanément perturbé la lecture des pages. « Dans ce cas, nous signalons aux internautes les points que nous sommes en train de corriger. Nous préférons cette solution plutôt que de devoir traiter des plaintes qui arriveraient par mail ou par téléphone », ajoute-t-il.

Décrire les images.

Les fondations techniques construites, vient ensuite le maintien au quotidien. La question se pose particulièrement sur la mise en ligne des images et des vidéos. Quand les contributeurs disposent d'un gestionnaire de contenus conçu pour le respect des règles d'accessibilité, il donne l'alerte quand l'information n'est pas lisible par les aides techniques.

« J'ai suivi un stage d'une demi-journée durant lequel j'ai appris en particulier la notion de glossaire pour renseigner correctement toutes les photos que je mets en ligne », explique Marie-Pierre Fournier, responsable communication, chargée du site web de Bois-Guillaume (Seine-Maritime). Cependant, tout se complique pour le sous-titrage des vidéos, le RGAA étant très exigeant en la matière. « Il sera difficile d'atteindre l'accessibilité maximum dans ce domaine, sauf pour les animations scénarisées pour lesquelles il serait souhaitable de prévoir, dès la conception, une audio-description et sous-titrage synchronisé », reconnaît François Tanniou, chargé de mission « accessibilité aux nouveaux médias » au secrétariat d'Etat à la solidarité. La solution de contournement majoritairement adoptée est de diriger l'internaute vers une plateforme spécialisée (type Dailymotion ou une plateforme du prestataire), avec un descriptif succinct du thème de la vidéo.

A l'écoute des remarques.

L'application rigoureuse des normes d'accessibilité peut parfois se faire au détriment du désir de communication. Reste à trouver le juste milieu. « Nous avons préféré une démarche d'amélioration continue. Nous sommes à l'écoute des remarques et des suggestions. Si nous avions recherché l'excellence, nous serions encore en train de construire le site », explique Pascale Luciani-Boyer, maire adjointe, chargée des TIC à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

« Avec les outils et les méthodes que nous utilisons, nous avons vocation à être le plus accessible possible », renchérit Willy Dupont, responsable TIC de Blanquefort (Gironde). En revanche, le guichet de services pour les prestations municipales n'a pas encore pu être adapté. « Nous ne pouvions pas priver la majorité de la population d'un service en ligne, parce qu'il n'est pas encore accessible à un petit nombre n'entre deux », convient-il.
Certains sites vont au-delà du RGAA, qui traite surtout le handicap visuel, et s'adressent à la population des sourds. Toulouse ou Montpellier décrivent les démarches administratives par des vidéos en langage des signes ; Saint-Maur-des-Fossés propose un service de traductions en direct via une webcam (lire l'encadré, p. 43).

Niveau de technicité.

« La mise en conformité demande un niveau de technicité que les petites communes n'ont pas. Il serait judicieux, de créer une bibliothèque de petits programmes réutilisables », suggère Philippe Balin. Pour l'heure, quelques solutions « clés en main » sont proposées par les prestataires pour faciliter la mise en ligne rapide de contenus accessibles.

Les villes de Béthune (Pas-de-Calais) ou de Villeneuve-d'Ascq (Nord), par exemple, ont acquis un logiciel (e-citiz) pour créer des téléservices conformes aux normes d'accessibilité. « Nous avons mis en ligne l'état civil et bientôt la réservation des salles communales, mais il faut d'abord s'organiser dans les services pour ouvrir de nouveaux services », reconnaît Damien Filbien, webmaster de Béthune.
La vocalisation des pages, directement sur le site (avec Read speaker ou Voxreader), aide une population qui a des difficultés de lecture à l'écran sans pour autant être équipé de matériels adaptés.
De son côté, la délégation aux usages internet (DUI) mettra en ligne, cet été, une plateforme de téléchargement pour ouvrir la blogosphère aux personnes handicapées. Un dispositif qui pourra être utilisé par les sites des collectivités locales. Enfin, le non-respect des normes pourrait être sanctionné à partir de 2012, par la présence sur une liste « noire » des sites non conformes. Mais François Tanniou tempère : « Il serait peut-être plus pertinent de dresser le palmarès des sites engagés dans un effort d'accessibilité avec les objectifs à atteindre, selon les niveaux identifiés. Un dispositif à compléter d'une ligne de réclamations pour signaler les sites non accessibles. »

 

Prendre en compte l'accessibilité

La mission « accessibilité aux nouveaux médias » du secrétariat d'Etat à la Solidarité veille à ce que tous les appels d'offres, lancés pour la refonte de sites web des collectivités locales, prennent en compte l'accessibilité. Elle sensibilise les services achat à l'ajout de conditions pour soumettre le prestataire aux points de contrôles prévus par le référentiel général d'accessibilité de l'administration (RGAA). Cette attestation d'accessibilité deviendrait donc un livrable inscrit dans le marché et une condition contractuelle parmi d'autres. Par ailleurs, il est conseillé d'ajouter une clause de prise en main du site par les contributeurs.

Toulouse - Ne pas traiter seulement le handicap visuel

Quand l'internaute arrive sur le portail web de Toulouse, six grands icones sur fond rose remplissent l'écran : accessibilité, culture, génération Web.2.0, e-services, actualité et moments de vie. Le ton est donné, la simplification de la navigation et l'interaction avec les visiteurs ont été les deux fils conducteurs des travaux de refonte du site. « Une fois les standards appliqués, il reste encore des milliers de cas à traiter, hormis le handicap visuel, les catégorisations sont encore floues, les seniors, par exemple, ont des particularités non prises en compte », souligne Franck Ménigou, chargé de mission médias numériques à la direction de la communication.

La ville a donc organisé des ateliers avec différents types de public pour répondre à des besoins spécifiques et écouter toutes les suggestions.
Par exemple, le magazine municipal est proposé sous plusieurs formats (Flipbook, PDF, RTF, etc.) ainsi qu'une version audio (MP3).
Par ailleurs, la ville a confié à la société toulousaine Websourd, la traduction en langage des signes de formulaires mis en ligne. En cliquant sur la ligne de texte, une vidéo apparaît avec une personne qui effectue la gestuelle compréhensible par les sourds.
« Nous nous limitons aux démarches administratives, car la production de ces traductions représente un coût important, confie-il. La création d'un portail d'e-administration national pour le public des mal-entendants serait une bonne chose pour accompagner les municipalités. »

TÉMOIGNAGE - Aude Meritza-Bozon, chargée de projets TIC à Meyzieu (Rhône) - « Suivre les standards à la lettre »

« Nous avons demandé à notre prestataire d'obtenir le label AccessiWeb, niveau argent, pour développer notre nouveau site. Nous sommes la deuxième ville en France à obtenir ce niveau d'accessibilité, c'est-à-dire à appliquer 76 critères qui assurent aux handicapés visuels et moteurs une navigation confortable. Nous voulions suivre les standards à la lettre tout en créant un site attractif. Comme l'audio-description des vidéos est trop complexe à traiter, nous dirigeons les internautes vers un autre site. Au-delà des standards, nous avons travaillé à rendre accessible le tchat [*] du maire organisé une fois par mois, ainsi qu'un fil d'actualité et les démarches en ligne. Ce label est attribué pour une durée de deux ans avec un audit à mi-parcours. »

LES POINTS CLÉS

1 700 000 personnes souffrent d'une déficience visuelle, soit 10 % de la population française.
Octobre 2009 : publication du référentiel général d'accessibilité de l'administration, traduit du guide des standards internationaux du Web Accessibility Initiative du World Wide Web Consortium.
Fin 2012 : échéance pour la conformité les sites internet des collectivités locales, arrêté du 21 octobre 2009, en application de l'article 47 de la loi « Handicap » du 11 février 2005.

En savoir plus
(*) Feuilles de style : un langage qui sert à décrire les pages mises en ligne sous le format internet html.
Sophie Maréchal, La Gazette des communes, 21 juin 2010
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Published by Sophie Maréchal dans LA GAZETTE DES COMMUNES - dans Vie numérique
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